Il y a seulement quelque quinze ans, vétérinaires et médecins pensaient
que la tuberculose était très rare chez le chien. On savait bien qu'il
est facile de déterminer chez lui la tuberculose expérimentale, mais on
considérait la maladie spontanée comme tout à fait exceptionnelle.
Or, il résulte des documents réunis par les vétérinaires de l'école
d'Alfort que la tuberculose canine est au contraire très fréquente et
qu'elle va progressant. En cinq ans, la proportion des chiens
tuberculeux autopsiés à Alfort se serait élevée de 4,5 à 9%.
Le plus fréquemment, ces chiens tuberculeux viennent de chez les
marchands de vin, cafetiers ou traiteurs de Paris ou de la banlieue,
ayant vécu, ainsi que l'a remarqué M. Cadiot au récent Congrès de la
tuberculose, «dans des milieux où les crachats infectants sont communs,
et où le fréquent balayage des salles répand dans l'air les poussières
virulentes». D'ailleurs, ainsi que le fait observer M. Landouzy, ce
n'est pas seulement par les voies respiratoires que les chiens prennent
les germes de la tuberculose, c'est encore par les voies digestives,
alors qu'avides et voraces ils lèchent et avalent les matières
virulentes jetées à la voirie ou versées sur les tas d'ordures.
Et voici comment, bavant sur les tapis, couché sur le lit des bébés,
jouant avec les enfants qui se laissent lécher et embrasser, le chien
peut entrer dans l'infection de certains foyers qu'on affirmerait, par
ailleurs, se trouver à l'abri de toute contamination.
Le chien tue certainement, par la tuberculose, mille fois plus que par
la rage.