II

Ce Dauman n'était pas du pays, et même on ne savait trop d'où il venait,

ni quels étaient ses antécédents.

Il prétendait avoir été huissier autrefois, à Barbezieux, ce qui était

possible après tout; personne n'y était allé voir.

Ce qui est sûr, c'est qu'il avait dû vivre longtemps à Paris, car il en

parlait en homme qui en connaît les détours et qui en a exploité les

ressources.

C'était un petit homme de plus de cinquante ans, à visage, il faudrait

dire à museau de fouine. Tout d'abord, on était frappé de son long nez

pointu, de ses yeux mobiles et fuyants, de ses lèvres plates et minces.

Son seul aspect eût dû éveiller la défiance.

Il y avait une quinzaine d'années qu'il était arrivé à Bivron, chaussé,

comme on dit dans le Poitou, d'une botte et d'un sabot, portant au bout

d'un bâton, dans un mouchoir noué, tout son saint-frusquin.

Mais il avait une envie endiablée de gagner de l'argent; il était prêt à

tout.

Il avait donc prospéré et possédait des champs et des vignes, et même

une maison à la Croix-du-Pâtre, qui est le point de jonction du chemin

communal de Bivron et de la grande route. On lui supposait des économies

assez rondes.

Sa profession était surtout de n'en pas avoir, de se mêler de tout, de

se faufiler partout.

Sans lui, point de vente ni d'expertise. Il se livrait surtout au

courtage rural. Il achetait les récoltes sur pied aux besogneux et se

donnait pour bon géomètre arpenteur. Ceux qui avaient besoin d'argent ou

de grains pour les semailles l'allaient trouver, et s'ils présentaient

des garanties solides, ma foi! il les obligeait volontiers, à raisons de

cinquante pour cent.

Enfin, il était le conseil juré de tous les gens véreux et l'inspirateur

de tous les mauvais gars, à cinq lieues à la ronde.

Il passait pour excessivement adroit, capable de tirer n'importe qui

d'un mauvais pas. Était-il «ferré sur la loi», comme on le disait? Le

fait est qu'il ne pouvait parler une minute sans citer quelque article

du Code.

Améliorer le sort des gens de la campagne était sa marotte, à ce qu'il

assurait: c'est pourquoi, tout en exigeant d'eux des intérêts

affreusement usuraires, il les excitait contre les nobles, les bourgeois

et les prêtres.

Sa facilité d'élocution, sa science de juriste et la longue redingote

noire qu'il portait habituellement lui avaient valu les surnoms de

«l'homme de loi» et de «président».

S'il en voulait cruellement à M. de Champdoce, c'est que le duc s'était

ouvertement déclaré contre lui, lors de certaine aventure qui l'avait

conduit jusqu'au seuil de la cour d'assises, et dont il ne s'était tiré

qu'en subornant quatre ou cinq témoins.

Il avait juré qu'il se vengerait, et depuis cinq ans il guettait une

occasion favorable.

Tel est, au moral et au physique, l'homme que le lendemain des

confidences de son père, Norbert rencontra à la minoterie de Bivron.

Se conformant aux ordres reçus, il venait d'y amener vingt pochées de

blé, et seul il les avait déchargées et montées au grenier.

Il remettait sa veste et faisait ses dispositions pour reprendre avec sa

lourde charrette, attelée de deux chevaux vigoureux, la route du

château, lorsque maître Dauman s'avança vers lui, saluant jusqu'à terre,

le priant de lui accorder une petite place jusqu'à sa maison.

--J'espère, disait-il, que monsieur le marquis excusera mon

indiscrétion; j'ai des coquins de rhumatismes qui m'empêchent de

marcher, je me fais vieux, je n'ai plus l'âge heureux de monsieur le

marquis.

Il savait ce Dauman, donner à chacun un titre congruant. Il avait lu

quelque part que l'aîné d'un duc est marquis.

C'était la première fois que Norbert s'entendait nommer ainsi. Quelques

jours plus tôt, son bon sens l'eût mis en garde contre cette flatterie

et il eût haussé les épaules. Mais, maintenant, sa vanité affamée

cherchait pâture.

--A vos désirs, président, répondit-il; j'attends pour partir qu'on

m'ait descendu un sac vide oublié à la dernière livraison.

Dauman s'inclina en grimaçant un sourire bas.

Mais tout en se confondant en remerciements, il guignait Norbert du coin

de l'oeil, trouvant à sa physionomie une expression qui ne lui était

pas habituelle.

--Évidemment, se disait le «président,» il s'est passé au château de

Champdoce quelque chose d'extraordinaire.

Était-ce enfin l'occasion tant et si ardemment attendue d'assouvir sa

haine, qui se présentait? Il en eut le pressentiment.

Il y avait bien longtemps que pour la première fois il s'était dit que

l'héritier de ce vieux noble serait entre ses mains un terrible

instrument de rancune, et qu'il serait beau et digne de lui de frapper

le père par le fils.

Cependant, un ouvrier venait de rapporter le sac. Maître Dauman avait

escaladé la charrette et s'y était installé sur un peu de paille.

Norbert s'assit lestement sur un des limons, les jambes pendantes, et

mit ses chevaux au marche.

Le «président» gardait le silence. Il cherchait pour entrer on

conversation, quelque phrase banale qui n'éveillai pas la prudence du

jeune Champdoce.

--Il faut que vous vous soyez levé bien matin, monsieur le marquis,

commença-t-il enfin, pour avoir fini à cette heure.

Le jeune homme ne répondit pas.

Monsieur le duc votre père, continua Dauman, a une fière chance d'avoir

un fils comme vous. Ah! j'en sais qui voudraient être aussi heureux que

lui. J'en connais plus d'un dans Bivron, qui souvent ont dit à leurs

enfants: «Prenez donc exemple sur monsieur le marquis. Regardez s'il

boude le travail et s'il a peur de se durcir les mains. Et pourtant il

est noble, lui, il a de bonnes rentes, il ne tiendrait qu'à lui de se

croiser les bras.»

Un cahot de la charrette coupa la parole à «l'homme de loi», mais il ne

tarda pas à reprendre:

--C'est qu'il n'y a pas à dire, il n'en est point qui vous vaillent.

Tout à l'heure, je vous regardais monter vos poches de blé, elles

n'avaient pas l'air de peser sur votre dos plus qu'une plume. A part

moi, je me disais: «Quelles épaules! quelle poigne!...»

A une autre époque, Norbert eût été très sensible à cet éloge d'une

vigueur dont il aimait à faire montre. En ce moment elle lui déplut et

l'irrita autant qu'une insulte.

Le brutal et inutile coup de fouet dont il sangla son limonier trahit sa

colère.

--Allons, monsieur le marquis, poursuivit Dauman, le proverbe a bien

raison: «Bonne vie fait bonne santé et bourse pleine.» C'est ce que je

réponds à ceux qui essayent de vous railler, parce que vous êtes sage

comme une demoiselle. Cela vaut un peu mieux que d'imiter un tas de

godelureaux et de jolis coeurs de ma connaissance, amis du billard, de

la ribote et du reste, qui jouent, qui ont des maîtresses, qui font la

vie, quoi! qui s'amusent!

Tout ce verbiage, débité d'une voix fade, exaspérait Norbert.

--Eh!... je ferais comme eux, si je pouvais, s'écria-t-il.

--Plaît-il?... interrogea le président, qui avait parfaitement entendu.

--Je dis qu'on vit comme on peut et non pas comme on veut, et que si

j'étais libre, si j'étais mon maître, si j'avais de l'argent...

Il n'acheva pas, mais il en avait dit précisément assez pour éclairer

Dauman.

Un éclair de joie brilla dans son oeil terne.

--Je sais à présent, pensa-t-il, où le bât le blesse. Je puis le mener

loin, ce joli garçon, et faire maudire et pleurer au duc de Champdoce

l'idée qu'il a eue de se mêler de ma vie privée. Mais voyons si je ne

m'égare pas.

Et, entre haut et bas, d'un ton de commisération hypocrite, il murmura:

--Ah! il y a des parents qui sont aussi par trop sévères.

Un geste brusque de Norbert lui apprit qu'il n'avait pas fait fausse

route; aussi est-ce avec plus d'assurance qu'il poursuivit:

--C'est comme cela dans ce bas monde. Quand le diable devient vieux, il

se fait ermite. Le crâne se pèle, le sang se refroidit dans les veines,

et on ne se souvient plus du temps ou on avait des cheveux et du feu à

revendre. On oublie qu'il faut que jeunesse se passe et qu'il est bon

pour la santé des gars de s'amuser, de se dissiper, de jeter leur

gourme. Votre père, à vingt-cinq ans, n'était pas ce qu'il est

aujourd'hui.

--Mon père!...

--Lui-même. On ne s'en douterait guère... Eh bien! interrogez ses amis,

ils vous en conteront de drôles.

La charrette atteignait la grande route.

--Nous voici arrivés, monsieur le marquis, dit Dauman; comment vous

remercier? Ah! si vous vouliez me permettre de vous offrir un verre de

vrai cognac, quel honneur pour moi!...

Norbert hésita un moment. Une voix secrète lui disait qu'il faisait mal,

qu'il devait refuser, il ne l'écouta pas. Il arrêta ses chevaux et

suivit le «président.»

La maison de maître Dauman annonçait l'aisance.

Il y était servi par une vieille femme, étrangère comme lui au pays,

dont le rôle près de lui n'était pas nettement défini, et qui jouissait

d'une exécrable réputation, malgré ses apparences.

Son cabinet, car il disait: «mon cabinet,» ni plus ni moins qu'un avocat

ou un notaire, avait quelque chose de l'ambiguïté du maître.

Si d'un côté on voyait un bureau chargé de cartons verts, de l'autre on

apercevait, rangés le long du mur, des sacs de blé, de seigle et de

légumes secs.

Il s'y trouvait une bibliothèque bondée de livres de jurisprudence, aux

solives du plafond pendaient à des ficelles des paquets de fleurs sèches

conservées pour la graine.

C'est, d'ailleurs, avec les démonstrations du respect le plus servile

que le Président accueillait le fils du duc de Champdoce.

C'est dans son propre fauteuil, garni de cuir, qu'il le fit asseoir, et

après avoir échangé son chapeau contre un bonnet grec, il descendit de

sa personne à la cave pour chercher derrière les fagots «ce qu'il avait

de mieux».

--Goûtez-moi ça, monsieur le marquis, disait-il après avoir empli deux

verres, c'est un propriétaire d'Archiac qui m'a donné cette eau-de-vie

lorsque j'étais dans les affaires, pour me remercier d'un grand service

que je venais de lui rendre. Car j'en ai rendu, allez, des services,

sans me vanter, quand j'étais huissier, et aussi depuis.

Il gardait son verre à la main, y trempait ses lèvres, faisait claquer

sa langue, et répétait:

--Est-ce bon, hein? Quel bouquet! On n'en trouve pas à acheter de

pareille.

Tant d'obséquiosités, de prévenances ne devaient pas être perdues.

Une demi-heure ne s'était pas écoulée que déjà le maître hypocrite avait

confessé Norbert.

[Illustration: Mlle Diane de Sauvebourg.]

Jusqu'à un certain point, le malheureux garçon était excusable.

Il traversait de ces crises où se confier à quelqu'un est un besoin, un

ineffable soulagement. De plus, il ignorait de quelle déconsidération

était frappé le Président.

Il dit donc tout, sans restriction.

Et pendant qu'il livrait ainsi ses plus secrètes pensées, les pires,

Dauman, en dedans, jubilait, mais il gardait la tristesse grave du

médecin qui, appelé en consultation, reconnaît une maladie dangereuse.

--Tout cela est affreux, répétait-il, terrible. Jeune homme infortuné!

N'était le respect que je dois à M. le duc de Champdoce,--il porta la

main à son bonnet grec,--je dirais qu'il ne jouit pas de la plénitude de

ses facultés intellectuelles...

Un enfant tel que Norbert pouvait-il se défier de preuves si manifestes

de la plus sincère commisération?

--Et voilà où j'en suis, disait-il avec des larmes de rage dans les

yeux. Ma destinée est écrite; mes efforts n'y changeraient rien. Je dois

me résigner à mon sort, à moins...

Il s'interrompit un instant, et d'une voix sourde, les dents serrées, il

ajouta:

--A moins que je n'en finisse avec la vie! Ne vaut-il pas mieux pourrir

dans la terre que de végéter ainsi? Ne vaut-il pas...

De nouveau il s'arrêta, profondément étonné du bon sourire qui,

épanouissant les lèvres minces du sieur Dauman, découvrit ses dents

noires.

--Ah! s'écria-t-il, vous pensez que ce sont là des propos d'enfant?

--Dieu m'en préserve! monsieur le marquis. Vous avez trop souffert pour

ne pas songer aux partis les plus désespérés. Seulement on ne doit pas

parler ainsi quand on a dix-huit ans, quand a devant soi le plus

magnifique avenir!

--L'avenir! interrompit Norbert que ce seul mot mettait hors de lui, que

me parlez-vous d'avenir, quand mon supplice peut durer dix ans, vingt

ans...

--Monsieur le marquis exagère.

--En quoi? Mon père est jeune...

--D'accord, vous ne vivrez pas près de lui, voilà tout. Ne serez-vous

pas majeur dans trois ans? N'aurez-vous pas alors le droit de réclamer

l'héritage de votre mère?

A l'air stupéfait de Norbert, le Président vit bien que le jeune homme

était plus «innocent» encore qu'il ne l'avait supposé, et qu'il venait

de lui apprendre une chose dont il n'avait pas même l'idée.

Il regretta d'avoir été si prompt, mais il s'était trop avancé pour ne

pas continuer.

--Un homme, à sa majorité, monsieur le marquis, peut disposer de sa

personne et de sa légitime. C'est la loi. Or, il vous reviendra de feu

madame la duchesse--il salua--assez de bien pour mener une belle vie.

Norbert semblait n'entendre plus.

--Jamais je n'oserai rien réclamer à mon père, murmura-t-il.

--Cela je le conçois. Monsieur le duc, quand il est en colère, ne se

connaît plus. Mais on ne fait pas ces commissions-là soi-même. On donne

des pouvoirs à un notaire qui se charge des démarches et reçoit, s'il y

a lieu, les coups du bâton fourchu. Les coups se comptent à part; c'est

prévu par le Code, livre III, article 222, un mois à deux ans. C'est

donc au plus trois ans que vous avez à patienter.

--Jamais je n'attendrai jusque-là, répondit Norbert, et j'en finirai si

je ne trouve un moyen de me soustraire à cette tyrannie.

--Heureusement, il y a des moyens...

--Vous croyez, Président?

--J'en suis sûr, monsieur le marquis, et je me permettrai de vous les

indiquer. Que n'êtes-vous majeur! ce serait simple comme bonjour. Vous

iriez trouver un avoué qui vous rédigerait une requête en interdiction;

coût... selon le succès.

--Oh!...

--Pardon, monsieur le marquis, mais cela se fait tous les jours. On a un

papa qui ne peut se décider à laisser jouir ses enfants de ce qu'il a,

alors, dame! on tâche de l'y contraindre légalement. Rien de si commun

dans les grandes familles.

Il avala une gorgée d'eau-de-vie, et ajouta:

--Mais dans l'espèce, il faut songer à autre chose, nous ne sommes pas

majeur.

Maître Dauman embrassait toujours avec une telle chaleur la cause de ses

clients, que confondant leur personnalité et la sienne, il disait: Nous.

--Nous avons dix-huit ans, et nous voulons échapper à un père dont la

folie nous opprime. D'abord, nous pouvons nous engager comme soldat.

--C'est toujours une ressource.

--Pitoyable, monsieur le marquis, croyez-moi. En second lieu, nous

pouvons adresser une plainte à monsieur le procureur du roi--il souleva

son bonnet grec.

--Une plainte!

--Certainement. Pensez-vous que le législateur n'a pas prévu le cas où

un père abuserait de son autorité? Détrompez-vous.

Après un moment de silence calculé, Dauman reprit:

--Nous pourrions dans une plainte que je rédigerais et que vous

recopieriez, exposer au juge que nous ne sommes pas élevé selon notre

condition, qu'on nous a privé des bienfaits de l'instruction, qu'on nous

utilise comme domestique. Votre père vous a-t-il frappé quelquefois?

--Jamais.

--N'importe, nous le mettrons tout de même. Ah! nos conclusions seraient

écrasantes pour les défendeurs. «Desquels faits, dirions-nous, patents

et notoires, toute la contrée déposera, car, bien que notre père y

possède pour plus de deux millions de propriétés, nous y étions l'objet

de la pitié de tous, à ce point que, dans la commune de Bivron, on ne

nous désigne guère que sous la dénomination du «petit sauvage de

Champdoce...»

Norbert, à ces mots, bondit comme un poulain sous un coup de cravache.

--Qui a osé m'appeler ainsi, s'écria-t-il d'une voix terrible, qui?....

nommez!...

Cette explosion qu'il avait provoquée à dessein ne surprit pas le

Président.

--Vos ennemis, répondit-il, ou du moins les ennemis de votre père, et il

en a beaucoup. Ce n'est pas à vous seulement que pèse son despotisme...

--Cependant, moi...

--Oh! vous, monsieur le marquis, vous n'avez que des amis, et plus que

vous ne croyez, même surtout parmi les personnes du sexe. Tenez, pas

plus tard que jeudi dernier, on parlait de vous devant Mlle Diane de

Sauvebourg, et rien qu'en entendant votre nom elle est devenue plus

rouge que la crête de mon coq. Vous la connaissez, Mlle Diane.

Le jeune homme sentant ses joues s'empourprer, baissa la tête et ne

répondit pas.

--_Sufficit!_ fit le sieur Dauman, nous serons libre quelque jour, et

nous ferons nos farces. Revenons donc à cette plainte...

Mais Norbert, dont les yeux venaient de s'arrêter sur le coucou qui

décorait le cabinet du Président, se dressa brusquement.

--Midi! s'écria-t-il, on va se mettre à table chez nous! Que dira mon

père!...

--Quoi! vous le craignez tant que cela!...

Mais Norbert n'entendit pas cette raillerie, il avait rejoint son

attelage, et déjà s'éloignait au grand trot. Du seuil de sa maison, le

Président le suivait du regard.

--Cours, disait-il, cours, mon garçon. Tu ne m'as pas dit au revoir,

mais tu me reviendras. J'ai un troisième moyen à t'offrir, le bon, et tu

l'adopteras parce que je le veux. Cours, j'ai déposé dans ta cervelle

une graine qui germera et portera fruit. Ah! monsieur le duc de

Champdoce, pour une pécadille amoureuse vous voulez envoyer les gens aux

galères!... Nous verrons où j'enverrai votre héritier.

Les esclaves de Paris · 第 83 / 143 题