[Illustration:]
PLANCHE I.
(_Pl 2, 3, t. VI de l'Édition royale._)
FIG. I. Nous suivons un ordre naturel en commençant la suite des figures
entières par les Divinités. Jupiter, le souverain des Dieux, doit
paraître le premier; on le reconnaît facilement à ce caractère donné de
grandeur et de majesté, à sa chevelure touffue, à sa barbe épaisse et
profonde, et au foudre dont il reste un fragment dans sa main droite.
Tout le nu du bras gauche est une restauration moderne. L'artiste, par
imitation de quelques statues antiques, n'a mis dans la main du Dieu
qu'une portion du sceptre. Le sceptre est donné avec raison à Jupiter,
comme l'un de ses principaux attributs. Quelques fois ce n'est qu'un
long bâton (_hasta_) marque d'honneur des premiers rois: souvent il
est surmonté d'un aigle, d'un petit globe ou d'un fleuron. Ovide
peint Jupiter appuyé sur un sceptre d'ivoire (_Mét._ I. 180.). Les
Pythagoriciens croyaient ce sceptre, de bois de cyprès, arbre consacré
à la mort qui sert de passage à l'immortalité. Le sceptre seul était
quelquefois l'emblème de Jupiter, et c'est dans ce sens redoutable qu'on
l'employait dans les alliances et les traités de paix (_Serv._ 12. _n._
206.)
On s'est dispensé de donner ici quatre autres petites figures de Jupiter
qui suivent celle-ci dans l'édition royale.
FIG. II. Cette idole, de style étrusque, ayant sur la tête un voile
et une couronne radiée, paraîtrait, avec assez de vraisemblance,
représenter Junon. Elle tient une pomme ou plutôt une grenade, fruit
mystérieux consacré à Junon _Argive_. Sous ce nom, Junon avait un temple
fameux fondé par Jason, chez les Toscans, dans le Picentin. La grenade
que Philostrate croit révérée comme un symbole de fécondité, était aussi
un attribut de Vénus _Genitrix_. On sait que, sous ce titre, Vénus,
était souvent confondue avec Junon.
FIG. I.--Hauteur, 7 p°.
FIG. II.--1 P. 5 lig.
[Illustration:]
PLANCHE II
(_P. 4, 5, t. VI de l'Edition royale._)
FIG. I. On retrouve encore dans ce bronze le style étrusque. Cette
dénomination de style étrusque ou toscan, peut, comme nous l'avons
observé ailleurs, se rapporter au style grec antérieur Phidias. Les
Etrusques n'ont fait que copier ce style primitif; de là on a donné à
ce style le nom de _tuscanicus_. A remarquer seulement la couronne
surmontée de petites pommes, et la corne d'abondance, on serait porté
à reconnaître ici une figure de Pomone; mais la réunion de tous les
attributs paraît peu lui convenir. Ce n'est pas non plus une Junon; les
rapports qu'on a essayé de trouver entre cette Déesse et la figure, ne
sont pas exacts. Une Déesse avec la corne d'abondance et avec la patère,
est constamment désignée sur les médailles par le nom de _Concordia_,
en grec _Homonoia_. La patère signifie les libations et les rites sacrés
qui avaient lieu dans les alliances; la corne d'abondance signifie les
biens qui sont l'effet de la concorde et de la paix. Les globules de la
couronne paraissent représenter des gemmes; l'un des bracelets en est
orné, l'autre est un _ophis_; les pendans d'oreilles sont d'une forme
particulière. L'habillement se termine vers le cou par une espèce de
collet, ornement qui en paraît détaché. Tous ces détails ramènent encore
l'idée des richesses produites par la concorde.
FIG. II. _Pallas_ tenant une patère, et dans l'attitude de s'appuyer sur
une lance qui manque. Ce bronze, d'un excellent travail, reçoit encore
un nouveau prix de l'argent, habilement employé former les écailles de
l'égide, les ornemens du cimier, les boutons de l'habit, l'anneau, les
yeux, et les ongles des pieds et des mains. Les draperies, dont les
plis sont de la plus grande élégance, se rapportent à la description que
Pausanias fait de la statue de Pallas à Athènes. Cette Déesse prenait
le nom de _Pallas_ de ce qu'elle était sortie toute armée du cerveau
de Jupiter: sous le nom de _Minerve_, c'était la fille de la Mémoire,
l'intelligence suprême ou la sagesse, cette force secrète avec laquelle
la nature agit d'elle-même et produit tout, suivant l'explication
d'Athénagore (_in Apolog. p. 209_); c'est ce que signifiait cette
inscription posée dans le temple de Saïs en Égypte, où elle était
adorée: «Je suis tout ce qui fut, ce qui est, ce qui sera, et nul mortel
n'a encore soulevé mon voile». (PLUT, _De Is. et Os._).
FIG. I.--Hauteur, 9 p°.
FIG. II.--Hauteur, 7 p°. 6 lig.
[Illustration]
PLANCHE III.
(_P. 6, t. VI de l'Edition royale._)
La finesse du travail, la grâce et la vérité de la pose, nous ont engagé
a présenter cette petite statue de _Pallas_ sous un double aspect.
La main gauche élevée devait tenir la pique. On avait cherché, dans
l'isolement de l'index, une intention, une expression religieuse qu'on a
remarquée, avec plus de justesse, dans quelques autres statues antiques.
Si ce mouvement était ici l'effet d'un geste déterminé, il ne serait pas
donné à la main gauche. La naissance de Minerve est le plus bel emblême
que la Mythologie nous offre de la sagesse ou de la Providence divine;
c'est par excellence «la seule fille d'un seul père». (_Arist. Hym. in
Min._). »L'auteur, le souverain de l'univers, n'avait point d'égale en
dignité avec qui il pût la créer; il se recueillit en lui-même et de
soi-même, l'engendra et l'enfanta». La Déesse porte sur une patère la
chouette, l'un de ses attributs distinctifs. La patère, dans la main
d'une Divinité, annonce qu'elle est favorable, et l'oiseau symbolique
semble désigner particulièrement que ses faveurs se répandent sur
son peuple d'Athènes. Phidias, pour flatter le peuple, n'avait point
dédaigné d'exposer la chouette à la vénération publique avec là statue
de Minerve.
Hauteur, 5 p°. 5 lig.
[Illustration]
PLANCHE IV.
(_P. 7, 8, t. VI de l'Edition royale._)
FIG. I. _Minerve_ tenant une chouette dans la main. C'est ainsi qu'on
représentait la Déesse sous le nom d'_Archegetis_ (conductrice ou plutôt
auteur de l'origine). La chouette, emblême de la vigilance et de la
prudence, d'attribut de la divinité protectrice d'Athènes, était devenue
en quelque sorte le symbole du peuple même. La figure de cet oiseau
était frappée sur les monnaies; elle servait de marque et de sceau
public, et, dans la main de Minerve, signifiait la ville protégée par
elle.
FIG. II. _Pallas_ tenant sa lance d'une manière offensive. On peut la
considérer ici comme vengeresse.
FIG. III. Autre _Pallas_ d'un très-bon travail. Il manque la main
droite, et probablement la lance.
FIG. IV. Autre _Minerve_, curieuse par le cimier aîlé qu'elle porte sur
la tête. On trouve sur quelques gemmes des figures de Minerve avec
des aîles au cimier, emblême de la vélocité et d'une irrésistible
impétuosité. L'égide de côté se rapporte au même sens; la Déesse la
porte toujours ainsi lorsqu'elle est aîlée. Le casque de Minerve est
aîlé sur presque toutes les médailles d'argent de la République Romaine.
Les Etrusques donnaient aussi des aîles leurs Minerves, quelques fois
sur le cimier, quelques fois aux épaules; ici le cimier a la forme du
bonnet phrygien. On le voit de même dans un vase étrusque publié par
Demster (_tome I, pl. 30 et 32_).
Hauteur de chaque Figure, 3 p°. 4 lig.
[Illustration]
PLANCHE V.
(_P. 9, 10, t. VI de l'Edition royale._)
FIG. I. On peut, avec beaucoup de vraisemblance, reconnaître un Neptune
dans cette petite statue d'un très-bon travail, et dont la base est
enrichie d'ornemens en argent. C'est dans cet aspect féroce, dans ces
cheveux hérissés, dans cette barbe touffue, dans cette large poitrine,
dans cette complexion ferme et robuste, qu'il faut chercher les traits
qui caractérisent le Dieu souverain des mers. Les poètes appelaient les
hommes farouches et cruels, les fils de Neptune, comme ils disaient fils
de Jupiter, les hommes magnanimes et généreux; la mer était l'image de
la violence et de la fureur. Neptune, au-lieu du trident, son attribut
distinctif, porte ici une longue lance pointue, dans laquelle on peut
reconnaître cet instrument nautique désigné sous le nom de _contus_, qui
servait à sonder les rivages et à dégager les vaisseaux. Pausanias (_VI,
25_) en parlant d'une statue de Neptune jeune, en Elide, dit que le
Dieu était appuyé de ses deux mains sur une lance; on voyait encore
à Athènes, au rapport du même auteur (_I, 2_) la statue de Neptune
combattant à cheval une lance à la main. On a déduit de ce témoignage
et de quelques passages pris dans les poètes, que l'antiquité honorait
_Neptune équestre_, en reconnaissance de l'art de dompter les chevaux,
art inventé par ce Dieu. Mais, sans avoir recours à des applications
forcées, il nous suffira de faire remarquer ici que la figure parle
d'elle-même, et que d'ailleurs on trouve dans le bronze l'indication
d'une pièce transversale qui formait probablement le trident endommagé
par le temps.
FIG. II. Victoire portant un trophée, monument étrusque, comme le
démontrent le style et les ornemens de la figure. Les Toscans décoraient
leur Victoire de colliers, différant en cela des Grecs et des Romains
qui leur donnaient la palme pour attribut. Les bracelets à gemmes,
les colliers et les couronnes radiées étaient la parure des divinités
étrusques; celle-ci porte en écharpe une tresse où paraissent des
feuilles et des croissans: nous avons déjà remarqué ces croissans comme
servant d'ornemens aux harnais des chevaux (_Peint, tom. II, pl. 44_).
La chaussure fermée est encore du costume. La Victoire est ici sans
aîles, comme on la représentait à Athènes et dans l'Élide.
FIG. I.--Hauteur, 8 p°.
FIG. II.--Hauteur, 7 p°. 9 lig.
[Illustration]
PLANCHE VI.
(_P. 11, 12, t. VI de l'Édition royale._)
Ce bronze d'une grande beauté, que nous donnons sous deux aspects
différens, représente une Diane chasseresse avec ses attributs les
plus distincts. Ses cheveux soigneusement relevés, sont retenus par de
longues tresses qui se terminent sur le sommet de la tête en forme de
croissant. Son vêtement est l'habit succinct; relevé dans la ceinture,
il la recouvre, et, retombant à double étage, il s'arrête au-dessus
du genou: on croit reconnaître, dans le bronze, ces rayures qui font
appeler par Callimaque la robe de Diane, _robe rayée_; la peau d'une
bête fauve lui ceint la taille et prête aussi un ornement à ses
brodequins; cette chaussure est étroitement lacée et garnie de boutons,
c'est l'_endromide_ des chasseurs. La Déesse est dans l'attitude de
décocher une flèche.
Cette figure de Diane est suivie, dans l'édition royale, de quatre
autres petites qui offrent peu d'intérêt, et que nous nous dispensons de
rapporter ici.
Hauteur, I P. 5 lig.
[Illustration 21]
PLANCHE VII.
(_P. 14, t. VI de l'Édition royale._)
On peut dire ce petit bronze d'un fini précieux et d'une délicatesse
exquise; il représente une Vénus appuyée du bras gauche sur un tronc
autour duquel s'enlace un Dauphin, tandis que de la main droite la
Déesse s'apprête à ôter ou à remettre sa sandale. Elle porte au bras
un large bracelet, et au bas des jambes l'ornement dit _periscélis_.
La grâce et la beauté de cette figure rappelle les plus beaux modèles;
l'action annonce Vénus au bain; c'est le motif que saisit Praxitèle pour
excuser l'innovation hardie de représenter sans voile la plus belle des
Divinités: un exemple si favorable pour faire briller les ressources de
l'art, fut suivi par tous les grands maîtres et par leurs imitateurs.
Le Dauphin placé près de Vénus rappelle le mythe de sa naissance. Cette
allégorie n'est nulle part mieux exprimée que dans la belle statue
dite la _Vénus de Médicis_, où l'on voit sur le Dauphin les deux Amours
présens sa naissance, Himeros et Eros. Le Dauphin désigne donc par-tout
Vénus _aphrodite_ ou marine. On peut encore étendre plus loin l'emblème
de ce poisson, de tous le plus sensible à la volupté; comme le ramier,
il connaît les douceurs de l'union conjugale (_Pline. IX_, 8.); il
quitte les grottes profondes pour venir à la surface des eaux entendre
une voix mélodieuse, et suivre les humains; c'est enfin dans l'empire de
Neptune, le messager des affaires amoureuses, et sa figure brille parmi
les constellations célestes, par la reconnaissance d'Amphitrite (_Igin.
Astr. poet. II._ 17.)
Hauteur, 5 p°.
[Illustration 24]