Marat alité.--Le docteur Charles.--Députation du club des Jacobins.--
Mort de l'Ami du peuple.--Emotion des patriotes.--Les funérailles.--Le
tableau de David. Les honneurs posthumes rendus à Marat.--Son entrée
triomphale au Panthéon.
Depuis quelques jours, Marat était malade et sa maladie faisait
événement dans les clubs.
Dès le 17 avril 93, il écrivait à la Convention: «Accablé d'affaires,
chargé de la défense d'une foule d'opprimés, et détenu chez moi par une
indisposition très-grave, je ne puis quitter mon lit pour me rendre à
l'Assemblée.»
Après le 2 juin, le mal fit des progrès. La fièvre du patriotisme,
l'excès de travail, les inquiétudes morales le dévoraient; la rage du
bien public était la robe de Déjanire collée sur sa chair: elle le
consumait à petit feu.
Marat n'était d'ailleurs plus Marat. Depuis le 2 juin, comme nous
l'avons dit, l'époque des grandes agitations révolutionnaires s'était
fermée. Son rôle dès lors se trouvait amoindri, son influence
s'évanouissait de jour en jour. Il avait même été obligé de combattre
Jacques Roux, chef des enragés. Camille Desmoulins disait: «Au delà de
Marat, dans l'océan de la Révolution, on n'aperçoit plus que l'infini,
l'inconnu, terra incognita.» Cet infini était dépassé. Marat descendu
au second rang des exaltés, Marat conservateur, Marat borne, Marat
défendant la société contre les utopistes, n'avait plus de raison
d'être: c'est surtout de cela qu'il se mourait.
Sans quitter le lit, il continuait d'écrire son journal, le _Publiciste
de la République_, d'adresser lettre sur lettre à la Convention, de lui
tracer une ligne de conduite, de correspondre avec les clubs, de suivre
la marche des événements, et de recevoir la visite de quelques amis.
L'un d'eux lui ayant apporté une dénonciation en règle contre un savant
nommé Charles, le visage du malade s'enflamma. Ce M. Charles,
professeur de physique, avec lequel Marat s'était battu en duel dans sa
jeunesse, n'avait cessé toute sa vie de se montrer l'ennemi acharné de
l'auteur des _Recherches sur la lumière et sur l'électricité_; il le
persifflait autrefois dans ses cours publics, le tournait en ridicule
dans ses écrits, lui faisait fermer la porte des journaux et des
académies, le piquait en un mot de mille coups d'épingle à cet endroit
de l'amour-propre que les savants, comme les écrivains, ont tous si
sensible et si irritable. Le moment était venu de lui faire payer cher
ces vexations. Marat avait sa vengeance sous la main.--«Pour qui me
prenez-vous donc? dit-il en éclatant. Me croyez-vous l'âme assez basse
pour me laisser conduire dans une accusation capitale par le
ressentiment d'une injure faite à ma personne. Vous comprenez bien mal
l'épreuve d'_épuration_ que conseille l'Ami du peuple. Ce Charles est
un misérable qui m'a lâchement maltraité dans ma jeunesse. Je méprise
les méchants, mais je les plains encore plus que je ne les méprise;
tant qu'ils restent hommes privés, tant que leurs menées n'entraînent
pas la ruine des autres, je gémis tout bas sur leur corruption; mais je
serais au désespoir de faire tomber un cheveu de leur tête. Je vais
écrire au ministre pour qu'on mette cet homme en liberté, s'il est
détenu; pour qu'on évite de le poursuivre, s'il est libre.»
Le 23 juin, le bruit courut que les volontaires des départements
marchaient sur Paris. «Qu'ils viennent! écrivit-il dans son journal;
ils verront Danton, Robespierre, Panis, etc., etc., si souvent
calomniés; ils trouveront en eux d'intrépides défenseurs du peuple.
Peut-être viendront-ils voir le dictateur Marat; ils trouveront dans
son lit un pauvre diable qui donnerait toutes les dignités de la terre
pour quelques jours de santé, mais toujours cent fois plus occupé du
malheur du peuple que de sa maladie.»
La femme de grand coeur qui remplissait auprès de l'Ami du peuple les
devoirs d'épouse et de garde-malade lui ayant apporté du lait dans une
modeste tasse de faïence, il se tourna vers quelques visiteurs et leur
dit en souriant:
--Vous voyez si ceux qui me représentent comme un ambitieux se
trompent! J'ai, au contraire, des goûts simples et sévères qui
s'allient mal avec les grandeurs; en bonne santé, je sais être heureux
avec un potage au riz, quelques tasses de café, ma plume et des
instruments de physique. D'autres m'ont prêté des vues d'intérêt; mais
ceux qui me connaissent savent que je ne pourrais voir souffrir un
malheureux sans partager avec lui le nécessaire. J'aime, d'ailleurs, la
pauvreté par goût et parce qu'elle conseille les vertus plébéiennes.
J'arrivai à la Révolution avec des idées faites. Les moeurs que notre
gouvernement s'efforce d'établir étaient depuis longtemps dans mon
caractère, et je ne voudrais par pour tout au monde les changer.
Cependant la maladie de Marat répandait l'inquiétude parmi les sociétés
populaires.
Le 12 juillet, après midi, la Société des Jacobins, dont il était
président honoraire, décida que deux délégués, Maure et David, iraient
recueillir des nouvelles certaines de sa santé. Marat, quoique
très-dangereusement malade, était entouré dans ce moment-là de papiers
et de journaux. Sa main _échappée_ tenait une plume, écrivait ses
dernières pensées:
--Vous voyez, mes amis, leur dit-il, je travaille au salut public.
Il demeurait presque toute la journée et toute la nuit dans le bain; la
fraîcheur de l'eau calmait un peu les douleurs cuisantes qui
s'étendaient sur tous ses membres. L'activité indomptable de Marat, son
énergie de caractère défiaient vaillamment la souffrance. Ce petit
homme, hâve et amaigri jusqu'aux os, semblait le spectre du peuple
travaillant jusque dans la mort.
--L'homme, dit-il aux deux députés qui étaient ses amis, n'est pas fait
pour le calme. La nature nous montre, tout au contraire, qu'elle l'a
formé pour le travail et le mouvement, puisque, au terme de cette vie
bien courte, elle lui a préparé un lit où il doit si longtemps reposer;
le cercueil nous avertit de nous hâter et de nous agiter le plus
possible vers le bien public, avant que le sommeil ne vienne nous
surprendre.
Les deux députés se retirèrent sous le coup de l'admiration et de la
douleur.
--Nous venons de voir notre frère Marat, dit Maure en rentrant à la
séance; la maladie qui le mine ne prendra jamais les membres du côté
droit: c'est beaucoup de patriotisme pressé, resserré dans un petit
corps. Voilà ce qui le tue.
Le lendemain 13 juillet, Marat se réveilla de belle humeur: il se
trouvait mieux et le dit à Simonne Évrard. Dans la matinée, vers onze
heures, il reçut d'une main inconnue le billet suivant: «Citoyen,
j'arrive de Caen. Votre amour pour la patrie me fait présumer que vous
connaîtrez avec plaisir les malheureux événements de cette partie de la
République. Je me présenterai chez vous vers une heure. Ayez la bonté
de me recevoir et de m'accorder un moment d'entretien; je vous mettrai
à même de rendre un grand service à la France.» Pas de réponse; on
insiste: «Je vous ai écrit ce matin, Marat; avez-vous reçu ma lettre?
Je ne puis le croire, puisqu'on m'a refusé votre porte. J'espère que ce
soir vous m'accorderez une entrevue. Je vous le répète, j'arrive de
Caen; j'ai à vous révéler les secrets les plus importants pour le salut
de la République. D'ailleurs je suis persécutée pour la cause de la
liberté; je suis malheureuse; il suffit que je le sois pour avoir droit
à votre protection.»
Il était sept heures du soir. Un grand cri sortit tout à coup du
cabinet où était Marat: «A moi, ma chère amie, à moi!» Simonne Évrard,
Albertine, la soeur de Marat, et quelques femmes de la maison, se
précipitent vers la baignoire. Marat était dans un bain, perdant le
sang à gros bouillons. Les yeux ouverts, il remuait la langue et ne
pouvait tirer aucune parole. Il tourna la tête de côté et expira. Un
couteau était sur le plancher. Le commissionnaire Laurent Basse, qui
était occupé dans la maison à plier les numéros du journal de Marat,
accourt aux cris que poussent les femmes. Il aperçoit alors dans
l'ombre une jeune et belle fille qui tournait le dos à la baignoire.
Pour l'empêcher de sortir, il lui barre le passage avec des chaises et
lui en porte même un coup à la tête. Elle chancelle et fait un pas vers
la fenêtre: les femmes se précipitent sur elle et lui tiennent les
mains. Un chirurgien-dentiste qui logeait un étage au-dessus dans la
maison, le citoyen Lafondée, était descendu en toute hâte. Il
s'approcha de la baignoire teinte de sang. Marat avait la tête
enveloppée dans un mouchoir blanc, un drap vert le couvrait jusqu'à
mi-corps. L'Ami du peuple avait les yeux fixes et une large blessure
s'ouvrait entre le sein gauche et la naissance du cou. Le bras droit
traînait à terre. Le chirurgien chercha quelque signe de vie et n'en
trouva aucun. Plus de pouls, plus de mouvement. On tira Marat hors de
la baignoire; les gouttes qui tombaient une à une de son corps mouillé
marquèrent du cabinet à la chambre à coucher une longue traînée d'eau
mêlée de sang. On posa le cadavre sur un lit.
Un autre chirurgien, Jean Pelletan, était attendu; il vint et déclara
que le couteau avait pénétré sous la clavicule du côté droit; le tronc
des carotides avait été ouvert. Nul espoir, tout secours était inutile.
Le commissaire de la section du Théâtre-Français, ayant été instruit
par la clameur publique qu'un assassinat avait été commis rue des
Cordeliers, 33, arriva sur-le-champ. Il trouva au premier étage, dans
l'antichambre, plusieurs hommes armés et une femme dont on étreignait
fortement les poignets. Il entra ensuite dans un cabinet où était une
baignoire dont l'eau, rougie et agitée au moment où l'on avait levé le
corps, commençait à se calmer. Il vit une mare de sang sur le carreau;
un homme venait d'être tué là.
Et cet homme était un représentant du peuple.
Le commandant du poste voisin était monté avec ses hommes de garde; sur
l'ordre du commissaire, il fit passer la prévenue dans le salon pour
procéder à l'interrogatoire. Elle déclara se nommer
Marie-Anne-Charlotte de Corday, native de la paroisse
Saint-Saturnin-des-Ligneries, diocèse de Séez, âgée de vingt-cinq ans
moins quinze jours et demeurant à Caen.
Cependant Maure, Legendre, Drouet, Chabot et quelques autres députés de
la Convention étaient accourus au bruit de la mort de Marat. Le moment
était venu de faire subir à l'accusée la confrontation avec le cadavre.
Elle passa accompagnée des hommes de justice dans la chambre à coucher.
Chabot éclaira, un chandelier à la main, le lit où était étendu Marat.
Cette chose nue et morte se détachait dans l'ombre, sous une lumière
blafarde qui la rendait encore plus horrible. A cette vue, la femme se
troubla. La plaie ouverte à la gorge du mort avait cessé de jeter du
sang; elle était là béante et morne, sous les yeux de Charlotte Corday,
comme une bouche qui l'accusait. «Eh bien! oui, dit-elle, avec une voix
émue et pressée d'en finir, c'est moi qui l'ai tué!» A ces mots, elle
tourna le dos au cadavre et traversa le salon d'un pas résolu.
Dans la rue des Cordeliers, un rassemblement formidable grossissait de
moment en moment. Des cris menaçants retentissaient sous les fenêtres
de l'Ami du peuple, et demandaient la tête de l'assassin. Les visages
se montraient, à la clarté des réverbères, sombres, bouleversés par la
colère et l'indignation. Il était minuit, l'interrogatoire était
terminé. On avait envoyé prévenir le Comité de salut public et le
conseil de la Commune. Enfin la prévenue devait être transférée de la
maison de Marat à la prison de l'Abbaye; mais ne serait-elle point
massacrée en route?
Voici le récit de Drouet:
«J'ai conduit l'assassin à l'Abbaye. Lorsque nous sommes sortis, on la
fit monter dans une voiture où nous entrâmes avec elle, et tout le
peuple se mit à faire éclater les sentiments de sa colère et de sa
douleur. On nous suivit. Craignant que l'indignation dont on était
animé ne portât le peuple à quelques excès, nous prîmes la parole et
nous lui ordonnâmes de se retirer; à l'instant, on nous laissa passer.
Ce beau mouvement opéra un effet singulier sur cette femme; elle tomba
d'abord en faiblesse, puis, étant revenue à elle, elle témoigna son
étonnement de ce qu'elle était encore en vie.»
Quoique l'heure fut très-avancée dans la nuit, tous les citoyens zélés
du quartier Saint-André-dés-Arts commençaient à s'émouvoir; la nouvelle
de l'assassinat parvint bientôt aux Cordeliers. Une pièce de vers, où
Marat était égalé aux demi-dieux et à tous les grands bienfaiteurs de
l'humanité, fut affichée à la porte et couverte pendant la nuit de cent
vingt signatures.
Le lendemain, au point du jour, on voyait ces mots placardés sur tous
les murs: «Peuple, Marat est mort, tu n'as plus d'ami.» Ces paroles se
répétaient sur un ton lugubre de la ville aux faubourgs: «Marat est
mort!» Les hommes du peuple avaient une figure désolée; les enfants
versèrent des pleurs; les femmes de la halle poussèrent des cris de
désespoir; les sans-culottes frémirent; ce fut une tristesse amère et
terrible, la tristesse d'une armée qui a perdu son chef. Marat était
aimé. Il lui ne manquait plus qu'une chose pour accomplir jusqu'au bout
sa mission de sauveur du peuple, c'était d'être tué. Qu'on s'étonne de
la grande popularité de cet homme, soit; mais le pauvre aime qui le
défend, qui a souffert pour lui, qui lui ressemble par sa manière de
vivre. La superstition fit un dieu de Marat, une sorte de culte
s'établit autour de sa mémoire. On attachait son buste et son portrait
jusque sur le devant des maisons; des images, représentant un coeur
percé, coururent entre les mains des patriotes avec cette inscription:
«Coeur de Jésus, coeur de Marat, ayez pitié de nous!»
La valeur du divin Marat était rehaussée aux yeux de la multitude par
le don de seconde vue et de prophétie qu'on lui attribuait. Qui serait
à présent l'oeil du peuple?
Le lendemain 14 juillet, la Convention s'était réunie dès le matin. Le
président, Jean-Bon-Saint-André, dit d'une voix basse et fortement
émue: «Citoyens, un grand crime a été commis sur la personne d'un
représentant du peuple: Marat a été assassiné chez lui.»
Ces douloureuses paroles tombèrent une à une dans le silence lugubre de
la salle des séances. Tous les membres de la Montagne étaient
consternés.
A cet instant, plusieurs délégués des sections de Paris vinrent
témoigner à l'Assemblée leur poignante douleur. Celle du Panthéon
réclamait pour Marat les honneurs dus aux grands hommes. L'orateur
parlant au nom de la section du Contrat-Social s'écria: «Où es-tu,
David? Tu a transmis à la postérité l'image de Lepelletier mourant; il
te reste un tableau à faire.»
David, de sa place.--Aussi le ferai-je!
Le 15, sur la proposition de Chabot, la Convention décide qu'elle
assistera tout entière aux funérailles de Marat.
Le peintre David fut chargé de tracer le plan de la cérémonie funèbre.
«Sa sépulture, dit-il à la Convention, aura la simplicité convenable à
un républicain incorruptible, mort dans une honorable indigence. C'est
du fond d'un souterrain qu'il désignait au peuple ses amis et ses
ennemis; que mort il y retourne et que sa vie nous serve d'exemple.
Caton, Aristide, Socrate, Timoléon, Fabricius et Phocion, dont j'admire
la respectable vie, je n'ai pas vécu avec vous, mais j'ai connu Marat,
je l'ai admiré comme vous; la postérité lui rendra justice.»
On n'a point assez remarqué la sagesse des hommes de 93 en appelant les
arts aux secours des grandes scènes de deuil ou de réjouissance
publique. Un peuple accoutumé à croire par les yeux ne renonce point en
un jour à ses habitudes traditionnelles. Si l'on veut rompre avec les
anciens cultes, il faut du moins les remplacer par des fêtes
nationales. L'élément dramatique est dans la nature humaine; il touche
et passionne les masses. Prétendre qu'une nation franchisse tout à coup
l'intervalle qui sépare les anciennes croyances, de la philosophie nue
et insensible est une pure chimère. Les idées ont besoin de s'incarner
dans certaines formes matérielles pour parler à l'imagination et au
coeur des multitudes. On ne saurait surtout environner la mort de trop
de pompes et de solennité. La Société des Cordeliers, dont Marat avait
été l'oracle, réclama énergiquement l'honneur de posséder ses restes,
en attendant qu'il fût admis au Panthéon. Le 16, après cinq heures du
soir, commença la cérémonie funèbre. Au moment où l'on descendit le
cercueil dans la cour de la maison pour le conduire à l'église des
Cordeliers, la soeur de Marat, dans le délire de la douleur, apparut à
l'une des fenêtres, tendant ses deux bras vers le ciel. De jeunes
filles vêtues du blanc et de jeunes garçons, portant des branches de
cyprès, environnaient la bière portée par douze hommes. La Convention
suivait dans un silence religieux, puis venaient les autorités
municipales, puis les sections, puis les sociétés populaires, puis la
foule. Le cortége chantait des airs patriotiques: de cinq minutes en
cinq minutes, la sombre voix du canon grondait et se mêlait à la
douleur publique. La marche funèbre dura depuis six heures du soir
jusqu'à minuit.
Le corps embaumé de Marat fut exposé dans l'église. On voyait aussi la
baignoire où l'Ami du peuple avait reçu le coup mortel, et à côté de la
baignoire le drap et la chemise tout rouges de sang. Quelques femmes
fondaient en larmes. De rares flambeaux éclairaient l'église. Marat,
étendu dans sa bière comme sur un lit de repos, avait gardé dans les
traits altérés de sa figure ce cri de douleur dans lequel il avait
laissé sa vie. La Convention vint en masse jeter des fleurs sur le
cadavre. On entendit un grand nombre de discours. «Hommes faibles et
égarés, s'écria Drouet, vous qui n'osiez élever vos regards jusqu'à
lui, approchez et contemplez les restes sanglants d'un citoyen que vous
n'avez cessé d'outrager pendant sa vie!»
Il était une heure du matin; une belle lune d'été éclairait la voûte
obscure du ciel quand le moment vint de procéder à l'inhumation. Il fut
enterré dans le jardin des Cordeliers. Sur la pierre du caveau, on
lisait cette épitaphe: _Ici repose Marat, l'Ami du peuple, assassiné
par les ennemis du peuple, le 13 juin 1793._
Le lendemain, son coeur, enfermé dans l'un des plus beaux vases d'or du
garde-meuble, fut transporté solennellement aux Cordeliers et suspendu
à la voûte de l'église.
[Note: Il existe sur les dépenses faites pour les funérailles de Marat
un document curieux qui n'a jamais vu le jour; je l'extrais des
Archives:.