I
Les élections.--Convocation des Etats généraux.--Serment du
Jeu-de-Paume.
L'élection des députés aux États généraux fut la préface de la
Révolution Française; qui ne la trouve digne de l'oeuvre? Le pays, las
de l'arbitraire, réclamait, par la voie des cahiers, une _manière fixe
d'être gouverné_, une constitution. Les communes entendaient qu'on les
délivrât de ces formes surannées qui classaient la nation en deux
espèces d'hommes: les oppresseurs et les opprimés. Dans ces cahiers,
dits de _condoléance_, on se plaignait des abus du système féodal, de
l'absence d'une juridiction fixe et uniforme, des priviléges qui
pesaient sur l'industrie, de l'inégalité des impôts et contributions
territoriales. Tout était incertain, abandonné au hasard, c'est-à-dire
au caprice des puissants. Le moyen qu'on indiquait pour remédier à ce
mal dans la société, c'était de substituer la loi à l'arbitraire et
d'armer les volontés générales d'une force réelle, supérieure à
l'action de toute autre volonté. Déjà l'esprit de la Révolution était
mûr; sa marche était tracée. L'autorité se déplaçait naturellement et
sans bruit. De toutes parts, on sentait le besoin de limiter les
anciens pouvoirs et d'en créer de nouveaux dans la nation même.
Jusqu'ici le roi avait dit: «Nous voulons»; maintenant le pays
voulait. [Note: Voyez les _Cahiers de la Révolution_, par Chassin, et
le _Bonhomme Jadis_, par l'auteur des _Montagnards_ éditeur Dentu.]
Les obstacles à cette heureuse rénovation étaient grands, mais ils ne
semblaient point insurmontables. Les intérêts privés, en contradiction
ouverte avec l'intérêt général, étaient de plus divisés entre eux. La
guerre éclatait au sein même des priviléges et des privilégiés. La
noblesse comptait sur les États généraux pour lier les mains du roi et
pour appauvrir le clergé, qui, de son côté, songeait à humilier
l'aristocratie. Il y avait alors le haut et le bas clergé: quel
contre-sens parmi les ministres de Celui qui n'admettait pas qu'on fît
acception des personnes! Le haut clergé voulait conserver tous les
abus; le clergé inférieur consentait à certaines réformes. Le tiers
état seul s'entendait pour détruire les inégalités dans l'Église et
dans l'aristocratie. Les cahiers du clergé et de la noblesse
contiennent d'ailleurs quelques voeux significatifs; on se
reconnaissait mutuellement des torts. La conversion de l'ancien régime
devait commencer par un examen de conscience et par une confession
publique.
Ces importantes élections se firent dans les circonstances les plus
critiques. L'année 1788 avait affligé la France d'une nouvelle disette.
La terre se resserrait comme le coeur des riches dans cette société
égoïste. L'été avait été sec, l'hiver fut froid: ni pain, ni feu.
L'inactivité des travaux entraînait la baisse des salaires, qui,
combinée avec la cherté des subsistances, répandait la tristesse et la
misère dans les familles. Il faut sans doute que toutes les grandes
choses germent dans le besoin et la pauvreté: la Révolution eut pour
langes le déficit et la disette.
Le peuple supportait héroïquement tous ces maux. En présence de la
démoralisation effroyable de la noblesse et du clergé, il avait les
vertus qu'engendre le travail. Quelques troubles insignifiants, presque
tous suscités par l'aristocratie ou par la cour, traversèrent, dans les
provinces, les opérations des électeurs. A Paris, Réveillon, ancien
ouvrier, fabricant de papiers peints, avait tenu des propos atroces. Il
se proposait de réduire la paie des ouvriers à quinze sous par jour,
disant tout haut que le pain était trop bon pour ces gens-là, qu'il
fallait les nourrir de pommes de terre. Sa maison fut saccagée. Après
un simulacre de jugement, il fut pendu lui-même en effigie sur la place
de Grève. [Note: L'impartialité veut que je recueille tous les avis;
voici celui de Barère: «Des intrigants excitèrent et ameutèrent les
ouvriers pour avoir le prétexte de se plaindre officiellement des
troubles de Paris et provoquer le déploiement violent de la force armée
contre cette _émeute de fabrique_. On accusait alors un grand
personnage d'avoir voulu effrayer les députés, produire une commotion
populaire pour amener des troubles et par suite l'impossibilité de
convoquer les États généraux.»]
Depuis quelques années, en France, les esprits étaient malades, comme
il arrive presque toujours à la veille des transformations sociales.
L'annonce de la convocation des États généraux fut pour tous un grand
soulagement, une détente. Le 4 mai eut lieu à Versailles la messe du
Saint-Esprit. Les députés du tiers état, en modestes habits noirs, mais
acclamés par la faveur publique; la noblesse en grande pompe, avec ses
chapeaux à plumes, ses dentelles et ses parements d'or, accueillie par
un morne silence; le clergé divisé en deux classes: les prélats en
rochet et robe violette, puis les simples curés dans leur robe noire,
défilèrent devant une foule immense. Le roi fut applaudi; c'était pour
le remercier d'avoir convoqué les États. Au passage de la reine
s'élevèrent quelques murmures; des femmes crièrent: «Vive le duc
d'Orléans!» Marie-Antoinette pâlit et chancela; la princesse de
Lamballe fut obligée de la soutenir.
Ce jour-là, Versailles était Paris, la nation semblait étonnée d'avoir
recouvré la parole après un silence forcé de soixante-quinze années.
L'enthousiasme ne peut se décrire. Les vieillards pleuraient de joie,
les femmes agitaient leurs mouchoirs aux fenêtres et jetaient des
fleurs sur les députés des communes. Tous les coeurs s'ouvraient à une
vie nouvelle. Les Français n'avaient été jusqu'ici que des sujets, le
moment était venu pour eux de se montrer citoyens. L'évêque de Nancy,
M. de La Fare, fit un sermon politique. Il parla contre le luxe et le
despotisme des cours, sur les devoirs des souverains, sur les droits du
peuple. Les idées de liberté, enveloppées dans les formes chrétiennes,
avaient je ne sais quoi d'attendrissant et de solennel qui pénétrait
toutes les âmes. On appellerait volontiers ce 4 mai le jour de la
naissance morale d'une grande nation.
[Illustration: Camille Desmoulins.]
Le 5, les douze cents députés se réunirent dans la salle des Menus,
convertie en salle des séances.
Le clergé fut assis à la droite du trône, la noblesse à gauche et le
tiers en face. Le roi ouvrait d'une tremblante main l'antre des
discussions politiques; il craignait d'en déchaîner les vents et les
tempêtes. La frayeur perçait dans son langage embarrassé, diffus,
ombrageux, et dans celui de son ministre, le garde des sceaux M. de
Necker. On avait convoqué la nation, et on lui exprimait indirectement
le voeu d'être délivré de son concours. La France prétendait hâter,
par l'assemblée des États, les innovations nécessaires; la couronne
comptait, au contraire, sur cette mesure pour les modérer. A des
hommes rassemblés pour réformer et gouverner le pays, on ne parla que
de finances, on ne demanda que des subsides. La cour ne voulant pas
que la discussion s'élevât jusqu'aux idées, elle lui traçait d'avance
un programme. Les représentants de la nation étaient encore attachés à
la personne du roi, mais ils se retranchèrent derrière leur mandat pour
lui résister. Louis XVI avait une belle occasion de retremper ses
droits dans la souveraineté populaire: c'était d'abdiquer son pouvoir
en entrant dans la salle des séances, pour le recevoir ensuite du libre
consentement de l'Assemblée. Il n'en fit rien.
Une question préoccupait surtout les esprits: quelle serait enfin la
situation du tiers relativement aux deux autres ordres? Le voeu des
communes était formel: les Français devaient cesser d'appartenir à
différentes classes; à l'avenir, l'ensemble des citoyens et du
territoire constituerait l'État. Il ne doit y avoir qu'un peuple,
qu'une Assemblée nationale. Les États se trouvèrent réduits, dès le
début, à l'inaction. La noblesse et le clergé voulaient qu'on votât par
ordres, et les communes par têtes. La noblesse montrait pour ses
priviléges un attachement intraitable; le clergé ne voulait pas
abandonner ses prétentions; la vieille France hésitait à se fondre dans
la France nouvelle. Composée d'éléments hétérogènes, l'Assemblée ne
pouvait vivre qu'en les ramenant à l'unité. Le tiers état se trouvait
être le lien de cette unité nécessaire, le médiateur des pouvoirs
particuliers qui allaient se réunir dans un grand pouvoir national.
Je passe sur bien des lenteurs et des retards; je ne puis pourtant
omettre les résistances qui amenèrent la ruine de ce qu'on espérait
sauver. Ces fluctuations (on perdit tout un grand mois à négocier pour
la réunion des trois ordres) réjouissaient la cour. Les défiances du
pouvoir souverain croissaient avec l'énergie des communes. En même
temps, on serrait Paris de troupes. Le mauvais vouloir des conseillers
du roi éclatait par des actes significatifs: le _Journal des États
généraux_, dont Mirabeau avait publié la première feuille, venait
d'être supprimé. Quel moment choisissait-on pour mettre le scellé sur
les idées? Celui où la nation, impatiente, s'était réunie pour rompre
le silence violent qu'on lui imposait depuis des siècles! La liberté de
la presse, mère de toutes les autres libertés, venait d'être frappée:
c'est toujours la première à laquelle s'attaquent les réactions.
La cour espérait rencontrer peu de résistance à l'exécution de ses
projets. Quels étaient ces projets? Louis XVI avait-il l'intention de
frapper un grand coup? Voulait-il attaquer ou se défendre? Mais se
défendre contre qui? Le peuple et l'Assemblée tenaient encore pour le
roi. Cette conduite louche et ténébreuse entretenait une inquiétude
profonde. «Que la tyrannie se montre avec franchise, s'écriait
Mirabeau, et nous verrons alors si nous devons nous roidir ou nous
envelopper la tête!» Mirabeau! qu'était cet homme?--Un monstre
d'éloquence.--Que venait-il faire?--Détruire. Il reprochait à la
société les meurtrissures qu'elle lui avait faites, et les vices dont
il était gangrené. Ses aventures scandaleuses avaient fait du bruit,
mais, comme les rugissements du lion imposent silence, dans la forêt,
aux cris lugubres du chacal et aux hurlements de la hyène, cet homme
allait écraser la médisance sous la puissance de son organe.
Le jour où il parut aux États généraux fut pour lui, de même que pour
le pays, un jour de rénovation. Mirabeau avait eu à souffrir de la
tyrannie de la famille et de celle du pouvoir; il allait envelopper
son ressentiment dans la colère d'un grand peuple.
La situation devenait périlleuse. La cour, livrée à une agitation
extrême, n'osait ni frapper ni céder. Dans des conjonctures si
difficiles, l'Assemblée sentait le besoin de lier son sort à celui du
peuple. «Que nos concitoyens nous entourent de toutes parts, s'écriait
Volney, que leur présence nous anime et nous inspire!» D'un autre
côté, les royalistes répétaient à outrance que la société allait périr
sous le débordement de la démocratie. Au milieu de tant d'ennemis,
l'Assemblée ne disposait que d'une force morale; à la vérité, cette
force commençait à être immense. La voix des députés du tiers était
grossie par tous les échos de l'opinion publique. Les têtes
bouillonnaient, et le volcan dont on entendait déjà les grondements
sourds et profonds ouvrait son cratère à quatre lieues de Versailles.
La cour avait pour elle l'armée; l'Assemblée avait Paris. Là,
l'exaspération était au comble: les aristocrates indignaient le peuple
par le retard qu'ils apportaient à l'organisation de l'Assemblée. Au
milieu du jardin du Palais-Royal s'élevait une sorte de tente en
planches où l'on discutait sur les affaires publiques. Chaque café
était un club; chaque club avait ses orateurs. Les plus hardis
déclaraient que si la cour persistait dans sa résistance, la noblesse
dans son refus de se joindre aux deux autres ordres et l'Assemblée des
États dans son immobilité, le peuple ferait bien d'agir par lui-même.
La disette contribuait à entretenir cette fermentation. Des nouvelles
inquiétantes circulaient de bouche en bouche. Les troupes se massaient
entre Paris et Versailles. Pourquoi ce déploiement de forces? Pourquoi
dans l'état de détresse où étaient les finances de la nation,
faisait-on venir des frontières, à grands frais, des trains
formidables d'artillerie? Il fallait du pain, on apportait des boulets!
A Versailles, le sentiment national était plus calme; mais il était
aussi ferme. On s'attendait à un acte d'autorité royale, à un coup
d'État. La situation était telle qu'elle ne pouvait se prolonger.
L'entêtement et la violence des conservateurs devait, d'un jour à
l'autre, provoquer la lutte. Le bien allait-il sortir de l'excès du
mal? Les Communes, entravées dans leur marche par la résistance passive
des deux autres ordres, le haut clergé et la noblesse, enveloppées par
les intrigues de la cour, à bout de patience, mettaient une lenteur
désespérante dans la vérification des pouvoirs.
Les députés du tiers, comme étant les plus nombreux, avaient pris
possession de la grande salle. C'est là qu'ils sommaient les deux
autres ordres de se réunir à eux; mais toutes les tentatives de
rapprochement avaient échoué. L'Assemblée existait depuis un mois, et
elle n'avait pas encore de nom. On en proposa plusieurs qui furent
écartés. Enfin l'abbé Sieyès obtint qu'elle s'intitulât ASSEMBLÉE
NATIONALE. Près de cinq cents voix consacrèrent cet acte de
hardiesse.--Qu'était l'abbé Sieyès? Un esprit profond, marchant droit
à son but par des voies souterraines, l'homme de la révolution
bourgeoise, un grand logicien qui avait posé le fameux axiome du tiers
état, entre _tout_ et _rien_. Contrarié par la volonté de ses parents,
dans le choix d'une carrière, il se soumit à épouser tristement
l'Église. Ce fut un mariage de raison. Comme chez lui la passion était
dans la tête, le jeune homme se livra tout entier aux charmes austères
de l'étude. Il contracta dans ce commerce une mélancolie sauvage et une
morne insensibilité. Au sortir du séminaire de Saint-Sulpice où l'étude
stérile de la théologie n'avait point absorbé toutes ses forces, il se
livra à de profondes recherches sur la _marche égarée de l'esprit
humain_. Ses méditations se tournèrent vers la politique. Quand les
vieilles institutions sociales furent attaquées, il se montra tout à
coup sur la brèche. Son caractère était timide, effet inévitable de la
solitude dans laquelle il avait vécu; mais il possédait la hardiesse de
l'esprit. Taciturne, il gardait en lui-même ses pensées, et quand le
moment de les dire était venu, il les acérait comme des flèches.
L'Assemblée, réduite au tiers état par l'absence volontaire de la
noblesse et du clergé, poursuivait ses travaux. Cette marche inquiéta
sérieusement la cour, qui résolut de suspendre les séances. Une mesure
aussi arbitraire était bien faite pour jeter la consternation dans
Versailles et la guerre civile dans Paris. On annonça une séance royale
pour le 23 juin. Puis, sous prétexte de travaux à faire pour la
décoration du trône, un détachement de soldats s'empare de la salle des
États, et en défend l'entrée: la nation est mise à la porte de chez
elle.
Où aller?
Les députés ahuris ouvrirent entre eux des avis différents. Déjà
plusieurs brochures avaient émis le voeu que l'Assemblée nationale eût
son siége à Paris. S'y transporterait-on? Les sages reculèrent devant
cette résolution extrême. Les uns voulaient s'assembler sur la place
d'Armes et délibérer à ciel ouvert; invoquant en faveur de leur opinion
les souvenirs de notre histoire, ils proposaient de tenir un _champ de
mai_. D'autres criaient: «A la terrasse de Marly!» On flottait entre
ces avis contradictoires, quand on apprit que Bailly, d'après le
conseil du député Guillotin, avait choisi pour lieu de la séance la
salle du Jeu-de-Paume.--Bailly avait la figure longue, grave et
froide, un peu le profil calviniste. Son opposition à l'ancien régime
était aussi calme qu'inflexible. Il avait obtenu très-longtemps le
_prix de sagesse_; on désignait ainsi une pension accordée aux
écrivains sérieux et tranquilles. Astronome, il avait étudié la marche
de la Révolution tout en suivant le mouvement des corps célestes. De
même que les mondes observés dans l'espace, l'esprit humain est soumis
à des lois: c'est un équivalent de ces lois que Bailly, homme d'ordre,
aurait voulu introduire dans la société de son temps. Revenons aux
députés errants dans les rues de Versailles par une journée pluvieuse
et triste. Le peuple escorte avec respect et en silence ces
représentants de la nation blessés dans leurs droits et dans leur
dignité. La salle du Jeu-de-Paume, triste et nue, convenait à la
circonstance. Tous les membres influents des commumes étaient réunis.
On remarquait surtout parmi eux un ministre protestant, Rabaud
Saint-Etienne; un chartreux, dom Gerle; un curé, l'abbé Grégoire
[Note: Un jour le statuaire David accompagnait à Versailles l'abbé
Grégoire. L'ancien membre de l'Assemblée nationale voulait revoir cette
salle du Jeu-de-Paume, muet témoin d'un si grand acte de courage. Il la
retrouve. Tel ses souvenirs l'oppressent, il garde un religieux silence
que son compagnon a la délicatesse de respecter. Quand David leva les
yeux, il vit de grandes larmes rouler noblement sur les joues du
vieillard. «Si jamais mon amour de la liberté pouvait s'affaiblir,
s'écria l'abbé Grégoire, pour le rallumer, je tournerais les regards
vers cette salle!»]. Ce fut un modéré, Mounier, de Grenoble, qui
proposa le serment du Jeu-de-Paume: «Les membres de l'Assemblée
nationale jurent de ne se séparer jamais jusqu'à ce que la constitution
du royaume et la régénération de l'ordre public soient établies et
affermies sur des bases solides.» Bailly, d'une voix distincte et
haute, lit la formule du serment, et en sa qualité de président jure le
premier. Alors tous les bras se lèvent. L'ivresse du patriotisme éclate
de toutes parts; on s'embrasse; les mains cherchent les mains; tous les
coeurs palpitent, l'enthousiasme déborde. Cependant le ciel fait
fureur; de larges gouttes de pluie tombent sur le toit de l'édifice; à
l'une des fenêtres défoncées un rideau est tordu par l'orage; le jour
est si sombre qu'on y voit à peine dans la salle. Un éclair déchire
cette obscurité sinistre; le tonnerre gronde. Quel moment et quelle
grandeur! Un orage au dehors, une révolution dans l'assemblée. A peine
les députés du tiers eurent-ils accompli cet acte de sagesse virile et
d'autorité, qu'effrayés eux-mêmes de leur audace ils poussèrent le cri
de _Vive le roi!_ L'illusion de la monarchie constitutionnelle n'était
point alors évanouie. Quoi qu'il en soit, l'effet de cette séance fut
électrique; les curieux firent entendre au dehors leurs
applaudissements prolongés qui allèrent se perdre dans les derniers
éclats de la foudre. Les représentants s'étaient montrés dignes de la
nation: tout était sauvé.