La même année ou l'année suivante, Alfred de Musset impose silence à

Alfred Tattet qui avait raconté divers incidents du voyage à Venise:

«J'apprends, mon cher Alfred, que vous avez manqué plusieurs fois

à la parole que vous m'aviez donnée de garder le silence sur tout

ce qui s'est passé en Italie. Cela m'a fait beaucoup de peine,

d'abord pour vous, qui manquez à votre promesse, et ensuite pour

moi, qui ai cru, pendant plus de quatre ans, avoir un véritable

ami.

«T. à v.

«ALFD DE MUSSET.»

En 1839, Alfred de Musset écrit _Le Poète Déchu_, sorte

d'autobiographie inédite, qui ne fut pas terminée et dont le manuscrit

a été presqu'entièrement détruit par son frère Paul (il n'en subsiste

plus guère que les divers fragments publiés dans la _Biographie_).

Alfred de Musset y dépeint ainsi son état moral, après sa rupture avec

George Sand:

«....J'étais si sûr de moi, que je crus d'abord n'éprouver ni

regret ni douleur. Je m'éloignai fièrement. Mais à peine eus-je

regardé autour de moi, que je vis un désert.... Je rompis avec

toutes mes habitudes, je m'enfermai dans ma chambre, j'y passai

quatre mois à pleurer sans cesse, ne voyant personne.... Plus

tranquille, je jetai les yeux sur tout ce que j'avais quitté; au

premier livre qui me tomba sous la main, je m'aperçus que tout

avait changé: rien du passé n'existait plus, ou du moins, ne se

ressemblait. Un monde nouveau m'apparaissait comme si je fusse né

de la veille.... Je compris alors ce que c'est que l'expérience,

et je vis que la douleur apprend la vérité....»[57]

[57] Publié dans la _Biographie_ d'Alfred de Musset par Paul de

Musset (Charpentier, 1877. 1 vol. in-12, p. 133). J'ai rectifié

le texte sur l'autographe.--Un autre fragment est déjà cité

ci-dessus.

M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans son livre, cite les

lettres qu'«Elle» et «Lui» échangèrent en 1840 à propos de leur

correspondance passée.--Moi-même ai déjà raconté dans une lettre

publiée par _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_ du 20 novembre

1892, comment M. Jules Grévy, pour Alfred de Musset, et M. F.

Rollinat, pour George Sand, furent chargés, en vue d'un échange, de

reconnaître les paquets de lettres confiés pour le moment à Gustave

Papet (qui les tenait de Mme Ursule Josse, et j'ajouterai qu'ils

passèrent ensuite par les mains de MM. Alexandre Manceau, Ludre

Gabillaud, et enfin Émile Aucante, détenteur actuel) et comment

l'affaire n'aboutit pas.

Dans les premiers jours de 1841, nouvelle rencontre des deux anciens

amants, qui inspire à Alfred de Musset son _Souvenir_[58].

[58] Publié dans la _Revue des Deux-Mondes_ du 15 février 1841.

M. Maxime Du Camp, dans ses _Souvenirs Littéraires_ (Hachette,

1882-1883, 2 vol. in-8, T. II, p. 358) fait un récit différent de

celui de Paul de Musset.

Au commencement de l'année 1844, Paul de Musset visite l'Italie et son

frère lui rappelle l'ancien amour dans les stances qu'il lui

dédie[59]:

Toits superbes, froids monuments,

Linceul d'or sur des ossements,

Ci-gît Venise!

Là, mon pauvre coeur est resté!

S'il doit m'en être rapporté,

Dieu le conduise!

Mon pauvre coeur, l'as-tu trouvé,

Sur le chemin, sous un pavé,

Au fond d'un verre?

Ou dans ce grand palais Nani

Dont tant de soleils ont jauni

La noble pierre[60]

. . . . . . . . . . . . . .

L'as-tu trouvé tout en lambeaux

Sur la rive où sont les tombeaux?

Il y doit être.

Je ne sais qui l'y cherchera

Mais je crois bien qu'on ne pourra

L'y reconnaître.

[59] A mon frère revenant d'Italie, _Revue des Deux-Mondes_, 1er

avril 1844.

[60] On peut rapprocher de ces vers, ce passage du 1er chapitre

de _Léone Léoni_ de George Sand:

«...Nous étions tous deux seuls dans une des salles de l'ancien

palais Nasi, situé sur le quai des Esclavons et converti

aujourd'hui en auberge, la meilleure de Venise. Etc...»--Alfred de

Musset écrit «palais Nani».

En 1854, George Sand, pour repousser les attaques de la _Biographie_

de Mirecourt, adresse une lettre au journal _Le Mousquetaire_[61]:

«...Je ne défendrai pas M. de Musset des offenses que vous lui

faites. Il est de force à se défendre lui-même, et il ne s'agit

que de moi pour le moment. C'est pourquoi je me borne à vous dire

que je n'ai jamais confié à personne ce que vous croyez savoir de

sa conduite à mon égard, et que, par conséquent, vous avez été

induit en erreur par quelqu'un qui a inventé ces faits. Vous dites

qu'après le Voyage en Italie, je n'ai jamais revu M. de Musset.

Vous vous trompez, je l'ai beaucoup revu et je ne l'ai jamais revu

sans lui serrer la main....»

[61] Insérée dans le numéro du 15 février 1854.

Jusqu'à la mort d'Alfred de Musset, survenue comme on sait, le 3 mai

1857, les deux anciens amants restèrent plutôt amis qu'ennemis. Il n'y

eut jamais de guerre ouverte, ils se défendirent même réciproquement

dans plusieurs circonstances et nous avons donné la preuve que plus

d'une fois l'un approuva ce que l'autre avait écrit sur tous deux.

Ils se sont querellés, ils se sont disputés, d'accord! Mais leurs

différends sont restés entre eux et aucune accusation directe n'a été

formulée par eux-mêmes. Ce sont des amis maladroits et indiscrets, des

ennemis sournois qui, pour les exciter l'un contre l'autre,

dénaturaient les paroles de nos deux héros, qu'il faut rendre

responsables de tout le bruit qui se fit dans les salons et dans la

presse.

VII

DEUX LIVRES

Donc, malgré la correction de leurs relations, vingt mois après la

mort d'Alfred de Musset, le 15 janvier 1859, George Sand commençait

dans la _Revue des Deux-Mondes_ la publication de _Elle et Lui_. Il

nous est impossible de trouver le pourquoi de ce livre.

Ce n'est pas une réponse à la _Confession d'un Enfant du Siècle_; nous

avons donné la preuve que George Sand tenait ce récit pour vrai.

Alors, pourquoi ce silence de vingt années, si la _Confession_ était

une accusation mensongère? Pourquoi surtout n'avoir parlé que

lorsqu'Alfred de Musset n'était plus là pour se défendre?--Ce n'est

pas non plus une attaque directe contre Alfred de Musset, car George

Sand se donnerait à elle-même un démenti et renierait toute sa

conduite depuis 1835.

Est-ce le besoin de faire parler d'elle? Non, car par ses romans et

son rôle politique en 1848, elle était parvenue à la célébrité.--Le

besoin d'argent doit aussi être écarté, car, à cette époque, sa

fortune la mettait au-dessus des nécessités de la vie.

Je ne vois qu'une raison plausible: c'est que George Sand, obsédée

des instances de ceux qui menaient campagne contre Alfred de Musset,

n'eut pas la volonté nécessaire pour leur résister plus longtemps et

finit, pour se débarrasser d'eux, par dire ce qu'ils voulaient lui

faire dire, et cela, sans bien se rendre compte des conséquences.

_Elle et Lui_ parut, d'abord dans la _Revue des Deux-Mondes_, puis en

volume. Grand tapage au profit de Buloz, mais scandale énorme et qui

retomba sur l'auteur. Quelques amis de George Sand, qui détestaient

Alfred de Musset et avaient toujours essayé de lui nuire, furent seuls

à approuver, avec les ennemis personnels du poète; le blâme fut

général, et il suffit de lire les journaux de l'époque pour s'en

assurer.

M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous raconte même dans

_Cosmopolis_ (p. 763), puis dans sa _Véritable histoire d'Elle et Lui_

(p. 185) que lorsqu'en 1861, il fut demandé à l'Académie Française de

décerner un prix à George Sand, la publication d'_Elle et Lui_ fut un

des griefs invoqués pour refuser ce prix.

Paul de Musset prit, comme il le devait, la défense d'Alfred, et

redemanda, sans succès du reste, les lettres de son frère. Alors, sans

rien dire à personne[62], il envoya _Lui et Elle_ au _Magasin de

Librairie_, dirigé par Charpentier, l'éditeur d'Alfred[63]; ce fut par

cette revue que Mme de Musset mère apprit l'existence d'une réponse:

_«A Monsieur Paul de Musset._

«Dimanche, 10 avril 1859.

«Si tu avais pris, mon cher Paul, la peine de m'écrire pour me

donner tes raisons, comme tu l'as fait dans ta lettre d'hier, je

n'aurais pas été si vivement impressionnée de cette nouvelle

inattendue, et je m'y serais probablement rendue, comme je le fais

aujourd'hui. Puisque la chose est faite, et sans remède, je m'y

soumets, tout en regrettant amèrement de n'en avoir rien su

d'avance. Je trouve ta première partie brillante de style,

d'intérêt et d'esprit; on ne dira toujours pas de ceci que c'est

ennuyeux, comme on l'a dit de l'autre. Les portraits sont de main

de maître et d'une ressemblance vivante.

«Mais j'en reviens à mes inquiétudes. Je crois que tu te fais une

foule d'ennemis irréconciliables. Tous ces personnages existent

encore; sous leurs sobriquets, ils ne pourront manquer de se

reconnaître. D'ailleurs, la dame les y aidera. C'est là vraiment la

plus forte objection que j'ai toujours eue pour cette publication

qui, dans ma prévision, t'attirera une foule de désagréments. Si ce

n'était cette crainte, je ne pourrais m'empêcher d'être électrisée

par des pages si belles et si bien écrites. Il y en a plusieurs

d'étonnantes; mais si j'avais été consultée, je t'aurais engagé à

ne pas oublier la scène étrange qui s'est passée entre elle et moi

à l'occasion du départ pour l'Italie.

«Je t'ai raconté cent fois, qu'avant de partir, ton frère m'avait

demandé mon consentement à ce triste voyage, et que je l'avais

obstinément refusé; enfin, voyant mon désespoir, il s'était jeté à

mes genoux en me disant: «Ne pleure pas, ma mère. Si l'un de nous

deux doit pleurer, ce ne sera pas toi.» Ce sont ses propres

paroles. Tu comprends que je ne les ai jamais oubliées; il s'en

alla, après m'avoir rassurée, et déclara à la dame qu'il ne pouvait

partir, qu'il ne pouvait affliger sa mère. Le bon fils! Que fit

cette femme? A neuf heures du soir, elle prit un fiacre et se fit

conduire à ma porte. On vint m'avertir que quelqu'un me demandait

en bas; je descendis, suivie d'un domestique et n'y comprenant

rien. Je montai dans cette voiture, voyant une femme seule. C'était

elle. Alors elle employa toute l'éloquence dont elle était

maîtresse à me décider à lui confier mon fils, me répétant qu'elle

l'aimerait comme une mère, qu'elle le soignerait mieux que moi. Que

sais-je? La sirène m'arracha mon consentement. Je lui cédai, tout

en larmes et à contre coeur, car _il avait une mère prudente_, bien

qu'elle ait osé dire le contraire dans _Elle et Lui_.

«Cette scène a son prix et je suis fâchée qu'elle ne se trouve pas

dans ton récit véridique. Vois si tu peux l'introduire en parlant

des regrets qu'il laissa derrière lui dans sa famille.

«Adieu, mon cher fils. Je suis peinée de t'avoir affligé par ma

lettre. Le sort en est jeté, nous verrons ce que l'avenir nous

garde.

«Je t'embrasse et t'aime tendrement.

«EDMÉE».

[62] Depuis la publication de cette étude, une lettre de Paul de

Musset au compositeur Ed. Garnier, du 2 novembre 1859, est

parvenue à notre connaissance, dans laquelle il lui dit: «...

J'ai des engagements pris qu'il serait trop long de vous

expliquer, des travaux considérables à faire, et, entre autres,

une biographie aussi complète que possible d'un poète aimé, que

des harpies déchirent, et dont il faut que je prépare une défense

écrasante pour en finir...»

[63] _Lui et Elle_ est publié dans les livraisons des 10, 25

avril et 10 mai 1859, et parut en volume à la fin de la même

année, avec la date de 1860.

Certes, Paul de Musset eut raison de répondre; nous blâmons seulement

la manière dont il le fit. On ne riposte pas à un pamphlet par un

autre pamphlet; on ne réfute pas des faits dénaturés dans un sens en

les dénaturant dans le sens contraire. Selon nous, le mieux eût été

d'opposer des documents certains à ces histoires plus ou moins

travesties; de publier, en un mot, la correspondance même des deux

amants,--nous en revenons toujours là.--Paul de Musset pouvait le

faire. George Sand, ayant les originaux, se croyait à l'abri de cette

réplique: elle ignorait qu'Alfred de Musset, aussitôt après leur

rupture définitive, avait confié ses lettres à Mme Caroline Jaubert,

et que celle-ci en avait pris la copie exacte[64].

[64] C'est du moins ce qu'affirme Paul de Musset dans une note

manuscrite.

J'ai retrouvé, parmi les papiers laissés par Paul de Musset, cette

_clef_ des personnages de _Lui et Elle_, écrite par l'auteur lui-même:

Olympe de B*** George Sand.

Édouard de Falconey Alfred de Musset.

Diogène Gustave Planche.

Jean Cazeau Jules Sandeau.

Pierre Paul de Musset.

L'éditeur Buloz.

Caliban Boucoiran.

Hercule Laurens.

Le comte Meretti [En blanc].

Le docteur Palmerillo Le Dr Pagello.

Édouard Verdier Alfred Tattet.

Hans Flocken L'abbé Liszt.

_Lui et Elle_ ne fit qu'augmenter le tapage: deux camps se formèrent

et l'encre coula à flots. Nous ne prétendons pas écrire l'histoire de

cette guerre; nous ne voulons plus que citer deux lettres inédites, la

première et la dernière en date, de celles que Paul de Musset

recueillit en cette occasion et dont il forma tout un dossier.

_Mme Augustine Brohan à Paul de Musset._

«Avenue de Saint-Cloud, 28 mai 1859.

«Je viens de lire _Lui et Elle_, puis _Elle et Lui_. Cela,

Monsieur, vous sera sans doute fort indifférent d'avoir mon avis;

mais votre esprit généreux comprendra que j'aie voulu vous le

donner.

«Si vous vous souvenez de mon nom, vous vous souviendrez aussi que,

pendant de longues années, notre grand poète, votre frère,

m'appelait son _amie_, et ami, véritablement je l'étais.

Simplement, sans que cela fût la suite ou le commencement d'un

autre voyage du coeur, il lui avait plu de se plaindre à moi de ces

horribles souffrances qui avaient aigri et changé sa nature

première, parce qu'il avait compris quelle sympathie il y avait

dans mon âme pour sa pauvre âme brisée. Souvent, il m'a dit que

s'il y avait un remède pour le sauver de cette incurable maladie

qui le minait, c'est moi qui le saurais trouver. Mais, hélas! quels

que fussent mes efforts, le besoin d'oublier le replongeait dans

les étourdissements qu'il recherchait. D'ailleurs, là où votre

affection échouait, il n'y avait plus de remède.

«Quand la mort, cruelle pour nous qui le perdions, est venue le

délivrer, le seul regret qu'on peut raisonnablement avoir était de

ne plus rien pouvoir pour lui; qui donc aurait pu jamais supposer

qu'on eût à le venger? Il n'est pas besoin de vous dire quel

dégoût (il n'est pas besoin non plus d'être femme pour l'éprouver,)

quel dégoût, dis-je, prend à la gorge en lisant ce pamphlet d'_Elle

et Lui_!...

«Assurément, mon intention n'est point de faire de grandes phrases,

mais comment parler posément de cette audacieuse calomnie, qui a

tenté de ternir la mémoire illustre d'un génie et d'un coeur comme

celui que nous pleurons!

«Je ne voulais, Monsieur, que vous dire bonnement que votre réponse

a déchargé ma colère, dont j'étouffais. Je voulais vous remercier

d'avoir remis dans mon coeur, fidèle au souvenir, les mots, les

idées, les _airs ressemblants_ du cher mort. Vous m'avez donné de

profondes joies, et je vous devais de vous en dire ma

reconnaissance.

«Alfred de Musset, vous l'avez bien voulu dire vous-même,

appartient à la jeunesse, à ce qui souffre, à ce qui aime, et j'ai

été jeune en son temps. J'ai souffert,--qui n'a pas souffert?--et

j'aime un bel enfant qui est le mien, à qui j'apprends à épeler

dans ces belles poésies sorties du coeur du poète et qui devaient

le protéger contre tous, quand encore on n'aurait pas eu l'honneur

d'être aimée de lui.

«Recevez, Monsieur, mes compliments les meilleurs et les plus

empressés sur la noble façon dont vous avez rempli la tâche que

tout esprit honnête voudrait avoir à remplir.

«BROHAN».

Si véhémente que puisse paraître cette lettre, aujourd'hui que les

esprits sont calmés, elle n'égale pas en violence les articles de _La

Correspondance littéraire_, du _Journal des Débats_, de la _Revue

Contemporaine_, etc.

_Philarète Chasles à Madame Chodzko._

«29 avril 1861.

«Vous devinez avec la grâce et la sûreté de coup d'oeil les plus

charmantes, chère Madame, tout ce qui peut m'être cher et

précieux. Il n'y a pas d'être plus noblement doué ni que je vénère

plus que Madame Dudevant. C'est le premier écrivain de cette

époque, et si Dieu lui avait donné un peu plus de faiblesse,

c'est-à-dire un peu plus d'amour, et, avec ce don, un peu plus

d'indulgence (l'amour n'est que pardon), elle ne serait peut-être

pas un peintre aussi incomparable. Elle n'aurait pas non plus

commis les deux seules erreurs graves de sa vie, de parler de ses

ancêtres féminins dans ses Mémoires et d'Alfred de Musset dans son

livre. Deux malheurs que l'honnête homme a pu se permettre, mais

que _la femme_, si elle eût été plus terriblement femme, n'aurait

pas admises, alors même que le vilain monstre pécuniaire et

corrupteur qui lui a soufflé ces crimes contre la délicatesse

d'âme, l'eût encore plus violemment entraînée à les commettre.

«Mais il faut accepter ce que Dieu nous donne, la cerise avec son

poison et l'ananas avec son ivresse et le soleil de l'Inde avec la

fièvre. Il y a chez George Sand un génie de peinture, une grandeur

de sentiment, une largeur chaude de style artistique, rares chez

les génies les plus rares, qui, mêlés à une probité et à une

équité superbes, en font un des plus beaux honneurs de notre

France actuelle.

«Je serai très heureux qu'elle veuille bien agréer mon humble

hommage et je vous remercie bien cordialement d'une entremise qui

me rend, certes, notre grand homme plus favorable....

«Mille tendres et respectueux remerciements.

«PHILARÈTE CHASLES».

* * * * *

Aujourd'hui, toutes ces haines sont mortes; le poète est couché selon

ses voeux sous le saule qu'il a lui-même demandé:

Mes chers amis, quand je mourrai,

Plantez un saule au cimetière;

J'aime son feuillage éploré,

La pâleur m'en est douce et chère,

Et son ombre sera légère

A la terre où je dormirai.

Tandis que là-bas, sous le grand cyprès, la Bonne Dame de Nohant

repose auprès de son fils et de son petit-fils. Alors, pourquoi la

soeur du poète ne veut-elle pas laisser dire toute la vérité et, comme

la famille de George Sand, autoriser la publication des lettres, pour

dissiper toute équivoque? Ni l'un ni l'autre des amants n'a rien à y

perdre, tous deux ont beaucoup à y gagner.

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

1833

20 et 25 juin.--Le Temps. Critique de _Un Spectacle dans un Fauteuil_,

par A. G. (2 articles).

11 juillet.--Journal des Débats. Critique de _Valentine_, par C. R.

(Cuvillier-Fleury).

28 juillet.--Journal des Débats. Critique de _Un Spectacle dans un

Fauteuil_ et des _Contes d'Espagne et d'Italie_, par J. S.

LÉLIA, PAR GEORGE SAND. Paris, Dupuis et Tenré, 1833. 2 vol. in-8.

7 août.--Bagatelle. Critique de _Lélia_, par Lottin de Laval.

9 août.--L'Europe littéraire. Les Bas-Bleus, par Capo de Feuillide.

Réimprimé dans: CHRONIQUES DU CAFÉ DE PARIS, 1er LIV., LE JEUNE

HOMME. Paris, U. Canel et A. Guyot, 1833. 2 vol. in-8. Tome II, p.

283.

15 août.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Lélia_, par G. Planche.

22 août.--L'Europe littéraire. Critique de _Lélia_, par Capo de

Feuillide.

24 août.--Le Figaro. Il ou Elle. (Sur le duel Planche-De Feuillide).

30 août.--L'Écho de la Jeune France, p. 216. Le Duel de G. Planche et

C. de Feuillide.

1er septembre.--Le Petit Poucet. Le Duel de G. Planche et de C. de

Feuillide.

1er septembre.--Journal des Débats. Critique de _Lélia_, par C. R.

(Cuvillier-Fleury).

29 septembre.--Le National. Critique de _Lélia_, par Sainte-Beuve.

4 novembre.--Journal des Débats. Sur G. Sand, à propos d'_Indiana_,

par J. J. (J. Janin).

29 novembre.--Journal des Débats. G. Sand et les _Heures du Soir_, par

J. J. (J. Janin).

1834

9 janvier.--L'Europe littéraire. G. Sand et J. Sandeau, par A. Luchet.

24 mars.--Journal des Débats. G. Sand à propos de _Valentine_, par J.

J. (J. Janin).

15 mai.--Revue des Deux-Mondes. 1re Lettre d'un Voyageur, par G. Sand.

15 juillet.--Revue des Deux-Mondes. 2e Lettre d'un Voyageur, par G.

Sand.

15 septembre.--Revue des Deux-Mondes. 3e Lettre d'un Voyageur, par G.

Sand.

1er octobre.--Journal des Femmes. Critique de _Un Spectacle dans un

Fauteuil_, par Mme Cl. Robert.

1er octobre.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _Jacques_, par G.

Planche.

15 octobre.--Revue des Deux-Mondes. 4e Lettre d'un Voyageur, par G.

Sand.

1835

1er janvier.--Revue des Deux-Mondes. Une bonne fortune, par Alfred de

Musset.

15 janvier.--Revue des Deux-Mondes. 5e Lettre d'un Voyageur, par G.

Sand.

15 juin.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Mai, par Alfred de Musset.

15 juillet.--Le Mercure de France. Quelques gens de Lettres dans leur

intérieur, par Une Contemporaine. (Mme Ida Saint-Elme).

15 septembre.--Revue des Deux-Mondes. Fragment de la _Confession d'un

Enfant du siècle_, par Alfred de Musset.

1er décembre.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit de Décembre, par Alf. de

Musset.

1836

LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Paris,

Bonnaire, 1836. 2 vol. in-8.

7 février.--Revue de Paris, p. 53.--Critique de _La Confession_, par

B. Z.

15 février.--Revue des Deux-Mondes. Critique de _La Confession_, par

Sainte-Beuve.

21 février.--Chronique de Paris. Critique de _La Confession_, par C.

A. (Chaudesaigues).

24 février.--La Quotidienne. Critique de _La Confession_ et

comparaison avec _Lélia_, par Th. Muret.

1er mars.--Revue des Deux-Mondes. Lettre à Lamartine, par Alfred de

Musset.

10 mars.--Petit Courrier des Dames. Critique et Extrait de _La

Confession_, non signé.

10 mars.--Le Voleur. Critique de _La Confession_, par H. C.

15 mars.--Le Mercure de France. Critique de _La Confession_, par S.-H.

Berthoud.

15 juin.--L'Écho de la Jeune France. Critique de _La Confession_, non

signé.

1er juillet.--Revue des Deux-Mondes. Portrait de G. Sand, gravé sur

acier par Calamatta, d'après Eugène Delacroix.

15 août.--Revue des Deux-Mondes. La Nuit d'Août, par Alfred de Musset.

CRITIQUES ET PORTRAITS LITTÉRAIRES, PAR SAINTE-BEUVE. Paris, Renduel,

1832-1836. 3 vol. in-8.--Tome II, p. 283. Les _Nuits_, la _Confession_

et les _Lettres d'un Voyageur_.

10 octobre.--Petit Courrier des Dames. Note et Extrait de _La Nuit

d'Août_.

1837

LETTRES SUR LES ÉCRIVAINS FRANÇAIS, PAR VAN ENGELGOM (Jules Lecomte).

Bruxelles, 1837. 1 vol. in-12.--p. 35. Pourquoi, au théâtre, Alfred de

Musset fuyait à la vue de G. Sand.

10 mars.--La Fronde. Critique de _La Confession_, non signé.

5 juin.--Le Voleur. Lettre de G. Sand au vicomte S. de

Larochefoucault.

LETTRES D'UN VOYAGEUR, PAR G. SAND. Paris, Bonnaire, 1837. 2 vol.

in-8.

30 juillet.--Revue de Paris, p. 314. Critique des _Lettres d'un

Voyageur_.

1839

LE POÈTE DÉCHU, PAR ALFRED DE MUSSET. OEuvre inédite.

1840

LA CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE, PAR ALFRED DE MUSSET. Paris,

Charpentier, 1840. 1 vol. in-12.

26 juillet.--Revue de Paris, p. 289. G. Sand et ses _Lettres d'un

voyageur_.

1841

LES ÉCRIVAINS MODERNES DE LA FRANCE, PAR CHAUDESAIGUES. Paris.

Gosselin, 1841. 1 vol. in-12.--p. 88. Analyse de _La Confession_.

(Reproduction, avec quelques changements de l'article de la _Chronique

de Paris_ du 21 février 1836).

15 février.--Revue des Deux-Mondes. Souvenir, poésie, par Alfred de

Musset.

1844

1er avril.--Revue des Deux-Mondes. A mon frère revenant d'Italie,

stances, par Alfred de Musset.--Le Constitutionnel du 6 avril en

publie un extrait.

1846

18 janvier.--L'Artiste. Alfred de Musset, G. Sand et le Voyage en

Italie; les _Nuits_, par H. Vermot. Extrait d'une des _Lettres d'un

Voyageur_, par G. Sand.

1847

21 février.--L'Artiste, p. 249. Jugement de G. Sand sur Alfred de

Musset, par Aug. Desplaces.

1848

21-24 juin.--Le Petit-Fils du Père Duchêne. A propos du pamphlet:

_Amours et intrigues de G. Sand_ (par Brault, in-8).

1850

1er juillet.--L'Artiste. Parallèle du talent d'Alfred de Musset et de

celui de G. Sand.

1853

PORTRAITS A LA PLUME, PAR CLÉMENT DE RIS. Paris, Didier, 1853. 1 vol.

in-12. p. 30. Critique de _La Confession_.

1854

ALFRED DE MUSSET, PAR EUGÈNE DE MIRECOURT. Paris, Roret, 1854. 1 vol.

in-32.

GEORGE SAND, PAR EUGÈNE DE MIRECOURT. Paris, Roret, 1854. 1 vol.

in-32.

15 février.--Le Mousquetaire. Lettre de G. Sand à E. de Mirecourt, à

propos de sa _Biographie_.--E. de Mirecourt répond par une lettre

insérée dans le numéro du 17 février et toute une polémique s'engage

et se continue jusqu'au 2 mars.

Documents Inédits sur Alfred de Musset · 第 6 / 17 段