Les cerfs-volants montés du capitaine Saconney, dont nous avons, à
diverses reprises, entretenu nos lecteurs, ont été adoptés par l'armée
de terre, il y a quelques mois. Après une longue série d'expériences,
ils viennent de l'être aussi par la marine, qui a ainsi tracé son
programme aéronautique:
Limiter l'emploi des aéroplanes à la défense des côtes, seul cas où
l'avion trouve toujours dans une rade tranquille une surface de départ
et une surface d'atterrissage.
--Utiliser les dirigeables à très grand rayon d'action pour la
surveillance des armées navales ennemies.--Recourir au cerf-volant soit
pour l'éclairage des escadres au large, soit pour la surveillance d'une
côte étrangère bloquée.
Le cerf-volant présente cet avantage que le vent, grand ennemi des
autres appareils aériens, facilite ses évolutions; si le temps est
calme, le navire crée le vent par son déplacement. Il faut une vitesse
de 18 noeuds pour élever l'observateur; or, les croiseurs du type
_Edgar-Quinet_ en donnent 24.
Ces cerfs-volants, démontés et remisés, à bord, dans un coin quelconque,
sont montés cinq minutes après avoir été apportés sur le pont du navire;
dans le même temps, une autre partie de l'équipe dispose les treuils et
les agrès de lancement. On compte ensuite quinze minutes pour lancer,
arrimer la nacelle, et faire prendre place à l'observateur qui reste
relié au navire par le téléphone; puis cinq minutes pour monter à 300
mètres. Dix minutes suffisent pour ramener le train à bord et le remiser
sous le pont.
Ce nouveau matériel, qui vient d'être expérimenté au large des Bouches
de Bonifacio par le croiseur _Edgar-Quinet_, a donné toute satisfaction.
[Illustration: Le cerf-volant, après son ascension, ramené sur la plage
arrière de l'_Edgar-Quinet_, le croiseur filant à toute vitesse.]
[Illustration: Dr Rodriguez. Professeur Chantemesse. Dr Chantemesse
fils.