Affaires de Naples, de la Dalmatie et de la Hollande. -- Moyens de
défense préparés par Napoléon pour le cas d'une coalition générale.
-- Plan de campagne. -- Napoléon quitte Paris et se rend à
Wurzbourg. -- La cour de Prusse se transporte aussi à l'armée. -- Le
roi, la reine, le prince Louis, le duc de Brunswick, le prince de
Hohenlohe. -- Premières opérations militaires. -- Combats de
Schleitz et de Saalfeld. -- Mort du prince Louis. -- Désordre
d'esprit dans l'état-major prussien. -- Le duc de Brunswick prend le
parti de se retirer sur l'Elbe, en se couvrant de la Saale. --
Promptitude de Napoléon à occuper les défilés de la Saale. --
Mémorables batailles d'Iéna et d'Awerstaedt. -- Déroute et
désorganisation de l'armée prussienne. -- Capitulation d'Erfurt. --
Le corps de réserve du prince de Wurtemberg surpris et battu à
Halle. -- Retraite divergente et précipitée du duc de Weimar, du
général Blucher, du prince de Hohenlohe, du maréchal Kalkreuth. --
Marche offensive de Napoléon. -- Occupation de Leipzig, de
Wittenberg, de Dessau. -- Passage de l'Elbe. -- Investissement de
Magdebourg. -- Entrée triomphale de Napoléon à Berlin. -- Ses
dispositions à l'égard des Prussiens. -- Grâce accordée au prince de
Hatzfeld. -- Occupation de la ligne de l'Oder. -- Poursuite des
débris de l'armée prussienne par la cavalerie de Murat, et par
l'infanterie des maréchaux Lannes, Soult et Bernadotte. --
Capitulation de Prenzlow et de Lubeck. -- Reddition des places de
Magdebourg, Stettin et Custrin. -- Napoléon maître en un mois de
toute la monarchie prussienne. 1 à 206
LIVRE VINGT-SIXIÈME.
EYLAU.
Effet que produisent en Europe les victoires de Napoléon sur la
Prusse. -- À quelle cause on attribue les exploits des Français. --
Ordonnance du roi Frédéric-Guillaume tendant à effacer les
distinctions de naissance dans l'armée prussienne. -- Napoléon
décrète la construction du temple de la Madeleine, et donne le nom
d'Iéna au pont jeté vis-à-vis de l'École militaire. -- Pensées qu'il
conçoit à Berlin dans l'ivresse de ses triomphes. -- L'idée de
VAINCRE LA MER PAR LA TERRE se systématise dans son esprit, et il
répond au _blocus maritime_ par le _blocus continental_. -- Décrets
de Berlin. -- Résolution de pousser la guerre au Nord, jusqu'à la
soumission du continent tout entier. -- Projet de marcher sur la
Vistule, et de soulever la Pologne. -- Affluence des Polonais auprès
de Napoléon. -- Ombrages inspirés à Vienne par l'idée de
reconstituer la Pologne. -- Napoléon offre à l'Autriche la Silésie
en échange des Gallicies. -- Refus et haine cachée de la cour de
Vienne. -- Précautions de Napoléon contre cette cour. -- L'Orient
mêlé à la querelle de l'Occident. -- La Turquie et le sultan Sélim.
-- Napoléon envoie le général Sébastiani à Constantinople pour
engager les Turcs à faire la guerre aux Russes. -- Déposition des
hospodars Ipsilanti et Maruzzi. -- Le général russe Michelson marche
sur les provinces du Danube. -- Napoléon proportionne ses moyens à
la grandeur de ses projets. -- Appel en 1806 de la conscription de
1807. -- Emploi des nouvelles levées. -- Organisation en régiments
de marche des renforts destinés à la grande armée. -- Nouveaux corps
tirés de France et d'Italie. -- Mise sur le pied de guerre de
l'armée d'Italie. -- Développement donné à la cavalerie. -- Moyens
financiers créés avec les ressources de la Prusse. -- Napoléon
n'ayant pu s'entendre avec le roi Frédéric-Guillaume sur les
conditions d'un armistice, dirige son armée sur la Pologne. --
Murat, Davout, Augereau, Lannes, marchent sur la Vistule à la tête
de quatre-vingt mille hommes. -- Napoléon les suit avec une armée de
même force, composée des corps des maréchaux Soult, Bernadotte, Ney,
de la garde et des réserves. -- Entrée des Français en Pologne. --
Aspect du sol et du ciel. -- Enthousiasme des Polonais pour les
Français. -- Conditions mises par Napoléon à la reconstitution de la
Pologne. -- Esprit de la haute noblesse polonaise. -- Entrée de
Murat et de Davout à Posen et à Varsovie. -- Napoléon vient
s'établir à Posen. -- Occupation de la Vistule, depuis Varsovie
jusqu'à Thorn. -- Les Russes, joints aux débris de l'armée
prussienne, occupent les bords de la Narew. -- Napoléon veut les
rejeter sur la Prégel, afin d'hiverner plus tranquillement sur la
Vistule. -- Belles combinaisons pour accabler les Prussiens et les
Russes. -- Combats de Czarnowo, de Golymin, de Soldau. -- Bataille
de Pultusk. -- Les Russes, rejetés au delà de la Narew avec grande
perte, ne peuvent être poursuivis à cause de l'état des routes. --
Embarras des vainqueurs et des vaincus enfoncés dans les boues de la
Pologne. -- Napoléon s'établit en avant de la Vistule, entre le Bug,
la Narew, l'Orezyc et l'Ukra. -- Il place le corps du maréchal
Bernadotte à Elbing, en avant de la basse Vistule, et forme un
dixième corps sous le maréchal Lefebvre, pour commencer le siége de
Dantzig. -- Admirable prévoyance pour l'approvisionnement et la
sûreté de ses quartiers d'hiver. -- Travaux de Praga, de Modlin, de
Sierock. -- État matériel et moral de l'armée française. -- Gaieté
des soldats au milieu d'un pays nouveau pour eux. -- Le prince
Jérôme et le général Vandamme, à la tête des auxiliaires allemands,
assiégent les places de la Silésie. -- Courte joie à Vienne, où l'on
croit un moment aux succès des Russes. -- Une plus exacte
appréciation des faits ramène la cour de Vienne à sa réserve
ordinaire. -- Le général Benningsen, devenu général en chef de
l'armée russe, veut reprendre les hostilités en plein hiver, et
marche sur les cantonnements de l'armée française en suivant le
littoral de la Baltique. -- Il est découvert par le maréchal Ney,
qui donne l'éveil à tous les corps. -- Beau combat du maréchal
Bernadotte à Mohrungen. -- Savante combinaison de Napoléon pour
jeter les Russes à la mer. -- Cette combinaison est révélée à
l'ennemi par la faute d'un officier qui se laisse enlever ses
dépêches. -- Les Russes se retirent à temps. -- Napoléon les
poursuit à outrance. -- Combats de Waltersdorf et de Hoff. -- Les
Russes, ne pouvant fuir plus long-temps, s'arrêtent à Eylau, résolus
à livrer bataille. -- L'armée française, mourant de faim et réduite
d'un tiers par les marches, aborde l'armée russe, et lui livre à
Eylau une bataille sanglante. -- Sang-froid et énergie de Napoléon.
-- Conduite héroïque de la cavalerie française. -- L'armée russe se
retire presque détruite; mais l'armée française, de son côté, a
essuyé des pertes cruelles. -- Le corps d'Augereau est si maltraité
qu'il faut le dissoudre. -- Napoléon poursuit les Russes jusqu'à
Koenigsberg, et, quand il s'est assuré de leur retraite au delà de
la Prégel, reprend sa position sur la Vistule. -- Changement apporté
à l'emplacement de ses quartiers. -- Il quitte la haute Vistule pour
s'établir en avant de la basse Vistule, et derrière la Passarge,
afin de mieux couvrir le siége de Dantzig. -- Redoublement de soins
pour le ravitaillement de ses quartiers d'hiver. -- Napoléon, établi
à Osterode dans une espèce de grange, emploie son hiver à nourrir
son armée, à la recruter, à administrer l'Empire, et à contenir
l'Europe. -- Tranquillité d'esprit et incroyable variété des
occupations de Napoléon à Osterode et à Finkenstein. 207 à 432
LIVRE VINGT-SEPTIÈME.
FRIEDLAND ET TILSIT.
Événements d'Orient pendant l'hiver de 1807. -- Le sultan Sélim,
effrayé des menaces de la Russie, réintègre les hospodars Ipsilanti
et Maruzzi. -- Les Russes n'en continuent pas moins leur marche vers
la frontière turque. -- En apprenant la violation de son territoire,
la Porte, excitée par le général Sébastiani, envoie ses passe-ports
au ministre de Russie, M. d'Italinski. -- Les Anglais, d'accord avec
les Russes, demandent le retour de M. d'Italinski, l'expulsion du
général Sébastiani, et une déclaration immédiate de guerre contre la
France. -- Résistance de la Porte et retraite du ministre
d'Angleterre, M. Charles Arbuthnot, à bord de la flotte anglaise à
Ténédos. -- L'amiral Duckworth, à la tête de sept vaisseaux et de
deux frégates, force les Dardanelles sans essuyer de dommage, et
détruit une division navale turque au cap Nagara. -- Terreur à
Constantinople. -- Le gouvernement turc, divisé, est près de céder.
-- Le général Sébastiani encourage le sultan Sélim, et l'engage à
simuler une négociation, pour se donner le temps d'armer
Constantinople. -- Les conseils de l'ambassadeur de France sont
suivis, et Constantinople est armée en quelques jours avec le
concours des officiers français. -- Des pourparlers s'engagent entre
la Porte et l'escadre britannique mouillée aux îles des Princes. --
Ces pourparlers se terminent par un refus d'obtempérer aux demandes
de la légation anglaise. -- L'amiral Duckworth se dirige sur
Constantinople, trouve la ville armée de trois cents bouches à feu,
et se décide à regagner les Dardanelles. -- Il les franchit de
nouveau, mais avec beaucoup de dommage pour sa division. -- Grand
effet produit en Europe par cet événement, au profit de la politique
de Napoléon. -- Quoique victorieux, Napoléon, frappé des difficultés
que la nature lui oppose en Pologne, se rattache à l'idée d'une
grande alliance continentale. -- Il fait de nouveaux efforts pour
pénétrer le secret de la politique autrichienne. -- La cour de
Vienne, en réponse à ses questions, lui offre sa médiation auprès
des puissances belligérantes. -- Napoléon voit dans cette offre une
manière de s'immiscer dans la querelle, et de se préparer à la
guerre. -- Il appelle sur-le-champ une troisième conscription, tire
de nouvelles forces de France et d'Italie, crée avec une promptitude
extraordinaire une armée de réserve de cent mille hommes, et donne
communication de ces mesures à l'Autriche. -- État florissant de
l'armée française sur la basse Vistule et la Passarge. -- L'hiver,
long-temps retardé, se fait vivement sentir. -- Napoléon profite de
ce temps d'inaction pour entreprendre le siége de Dantzig. -- Le
maréchal Lefebvre chargé du commandement des troupes, le général
Chasseloup de la direction des opérations du génie. -- Longs et
difficiles travaux de ce siége mémorable. -- Les deux souverains de
Prusse et de Russie se décident à envoyer devant Dantzig un puissant
secours. -- Napoléon, de son côté, dispose ses corps d'armée de
manière à pouvoir renforcer le maréchal Lefebvre à l'improviste. --
Beau combat livré sous les murs de Dantzig. -- Derniers travaux
d'approche. -- Les Français sont prêts à donner l'assaut. -- La
place se rend. -- Ressources immenses en blé et en vin trouvées dans
la ville de Dantzig. -- Le maréchal Lefebvre créé duc de Dantzig. --
Le retour du printemps décide Napoléon à reprendre l'offensive. --
La reprise des opérations fixée au 10 juin 1807. -- Les Russes
préviennent les Français, et dirigent, le 5 juin, une attaque
générale contre les cantonnements de la Passarge. -- Le maréchal
Ney, sur lequel s'étaient portés les deux tiers de l'armée russe,
leur tient tête avec une intrépidité héroïque, entre Guttstadt et
Deppen. -- Ce maréchal donne le temps à Napoléon de concentrer toute
l'armée française sur Deppen. -- Napoléon prend à son tour une
offensive vigoureuse, et pousse les Russes l'épée dans les reins. --
Le général Benningsen se retire précipitamment vers la Prégel, en
descendant l'Alle. -- Napoléon marche de manière à s'interposer
entre l'armée russe et Koenigsberg. -- La tête de l'armée française
rencontre l'armée russe campée à Heilsberg. -- Combat sanglant livré
le 10 juin. -- Napoléon, arrivé le soir à Heilsberg avec le gros de
ses forces, se prépare à livrer le lendemain une bataille décisive,
lorsque les Russes décampent. -- Il continue à manoeuvrer de manière
à les couper de Koenigsberg. -- Il envoie sa gauche, composée des
maréchaux Soult et Davout, sur Koenigsberg, et avec les corps des
maréchaux Lannes, Mortier, Ney, Bernadotte et la garde, il suit
l'armée russe le long de l'Alle. -- Le général Benningsen, effrayé
pour le sort de Koenigsberg, veut courir au secours de cette place,
et se hâte de passer l'Alle à Friedland. -- Napoléon le surprend, le
14 au matin, au moment où il passait l'Alle. -- Mémorable bataille
de Friedland. -- Les Russes, accablés, se retirent sur le Niémen, en
abandonnant Koenigsberg. -- Prise de Koenigsberg. -- Armistice
offert par les Russes, et accepté par Napoléon. -- Translation du
quartier général français à Tilsit. -- Entrevue d'Alexandre et de
Napoléon sur un radeau placé au milieu du Niémen. -- Napoléon invite
Alexandre à passer le Niémen, et à fixer son séjour à Tilsit. --
Intimité promptement établie entre les deux monarques. -- Napoléon
s'empare de l'esprit d'Alexandre, et lui fait accepter de vastes
projets, qui consistent à contraindre l'Europe entière à prendre les
armes contre l'Angleterre, si celle-ci ne veut pas consentir à une
paix équitable. -- Le partage de l'empire turc doit être le prix des
complaisances d'Alexandre. -- Contestation au sujet de
Constantinople. -- Alexandre finit par adhérer à tous les projets de
Napoléon, et semble concevoir pour lui une amitié des plus vives. --
Napoléon, par considération pour Alexandre, consent à restituer au
roi de Prusse une partie de ses États. -- Le roi de Prusse se rend à
Tilsit. -- Son rôle entre Alexandre et Napoléon. -- La reine de
Prusse vient aussi à Tilsit, pour essayer d'arracher à Napoléon
quelques concessions favorables à la Prusse. -- Napoléon
respectueux envers cette reine malheureuse, mais inflexible. --
Conclusions des négociations. -- Traités patents et secrets de
Tilsit. -- Conventions occultes restées inconnues à l'Europe. --
Napoléon et Alexandre, d'accord sur tous les points, se quittent en
se donnant d'éclatants témoignages d'affection, et en se faisant la
promesse de se revoir bientôt. -- Retour de Napoléon en France,
après une absence de près d'une année. -- Sa gloire après Tilsit. --
Caractère de sa politique à cette époque. 433 à 678
FIN DE LA TABLE DU SEPTIÈME VOLUME.