[127] La révocation de l'édit de Nantes n'est point, en effet, un
acte isolé, mais le couronnement d'une série de mesures que l'on
voit se succéder d'année en année, avec des rigueurs de plus en
plus arbitraires, et dont l'acte de révocation n'est guère que le
résumé. Ajoutons que la date des premiers édits est de beaucoup
antérieure à l'époque où madame de Maintenon commença à exercer
son influence sur le monarque.
[128] Entre autres documents intéressants sur la question des
réfugiés protestants, nous signalerons, sans parler des histoires
spéciales des réfugiés, les nombreuses pièces insérées dans les
divers volumes du _Bulletin de la Société de l'histoire du
protestantisme français_; de plus, dans _la France protestante_ de
MM. Haag, t. 7, part. 1re, le «Relevé général des persécutions
exercées contre les protestants de France, depuis la révocation de
l'édit de Nantes jusqu'à la révolution française»; et enfin, à la
Bibliothèque impériale, deux manuscrits: 1º Abjurations de
l'hérésie faites en l'église de Saint-Eloi de Paris, 1668
(_Barnab._ 4); et 2º Registre de plus de mille cinq cents
hérétiques convertis à Paris de 1675 à 1679, présenté au Roi par
le P. Alexandre de Saint-Charles, nº 6995.
[129] Le conseil de conscience examinoit et traitoit toutes les
affaires qui, avant qu'il fût créé, étoient portées devant le
secrétaire d'Etat pour les affaires ecclésiastiques ou le
confesseur du Roi.
[130] Voy. ci-dessus, p. 137.
[131] Voy. ci-dessus, p. 138.
[132] Les honneurs changent les moeurs.
[133] _Obédiente_, terme formé sur le mot _obédience_. On
appeloit obédience, chez les jésuites, auxquels on suppose ici
que madame de Maintenon étoit affiliée, les ordres émanés d'un
supérieur, et même les permissions qu'il accordoit.
[134] La princesse de Conti, Marie-Anne de Bourbon, étoit la fille
légitimée de Louis XIV et de mademoiselle de La Vallière. Née en
octobre 1666 (voy. t. 2, p. 46), elle épousa, en 1680,
Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti, fils d'Armand, prince de
Conti, et d'Anne-Marie Martinozzi. Madame de Conti perdit son mari
le 9 novembre 1685. Celui-ci étoit mort en disgrâce, et madame de
Conti elle-même étoit mal vue de Louis XIV, à cause, dit Dangeau,
d'une lettre qu'elle avoit écrite en l'absence de son mari
(_Journal_, t. I, p. 221).
[135] Il s'agit ici du fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse; le
fils de ce premier dauphin porta ensuite le même titre. Sur ce
titre de _monseigneur_ appliqué au dauphin, voyez le commentaire
de Saint-Simon sur le _Journal de Dangeau_, t. 1, p. 431; et sur
l'anecdote elle-même, voyez Saint-Simon.
[136] Le passage compris entre crochets, nécessaire au sens,
manque dans l'édition de 1754.
[137] Madame de Maintenon avoit alors cinquante ans, et non
soixante.
[138] Voy. ci-dessus la note 127 de la page 157. Une Revue qui
n'est pas suspecte d'être partiale en faveur de madame de
Maintenon, le _Bulletin de l'histoire du protestantisme françois_,
ôte à la marquise toute participation à la révocation de l'édit de
Nantes et justifie presque Louis XIV lui-même. «Il est impossible,
lit-on à la page 259 du Bulletin, 4e année, de chercher dans le
fanatisme du Roi et de son entourage l'explication de l'acte de ce
règne qui devoit avoir les plus longues et les plus déplorables
conséquences. Madame de Maintenon n'y eut aucune part. C'est alors
que le Roi n'a que vingt-quatre ans, en 1662, que commence la
série des lois oppressives contre les protestants; c'est en 1669,
six ans avant que madame de Maintenon ait des relations suivies
avec Louis XIV, qu'une loi dérisoire veut bien défendre qu'on
enlève les enfants de la R. P. R., et qu'on les induise à faire
aucune déclaration de changement de religion avant l'âge de
quatorze ans accomplis pour les _mâles_, et de douze ans pour les
_femelles_.» Tout ce que l'on peut reprocher à madame de Maintenon
sur ce triste sujet, c'est d'avoir partagé l'erreur commune et
d'avoir cru qu'une mesure de violence pouvoit être utile à la
cause du christianisme.» (_Ibid._, p. 265-267.)
[139] Ce mot _quiproquo_ s'est dit d'abord exclusivement des
erreurs des apothicaires, puis de celles des notaires; enfin ce
mot est devenu un terme général qui s'applique à toutes sortes de
méprises.
[140] On dit encore un _coq-à-l'âne_ pour un _propos interrompu_
et sans suite ni liaison.
[141] Les huguenots et les catholiques vivant alors dans une
parfaite égalité, et, en ce qui touche les gens de lettres, étant
également admis à l'Académie françoise, toute fondée qu'elle avoit
été par un cardinal, y a-t-il donc lieu d'être surpris que Scarron
fût visité par des protestants? Entre ses amis, Conrart,
protestant zélé, comptoit Godeau, l'évêque de Grasse, et Arnault,
évêque d'Angers, ce dernier d'une famille où l'on n'est pas
suspect de relâchement et de tiédeur en matière de foi.
[142] On ne trouve nulle trace ailleurs de ces sortes de
calomnies.
[143] Les parfums de Montpellier avoient alors la vogue. Dans le
Traité des parfums publié en 1693 par Simon Barbe (1 vol. in-12),
sous ce titre: «Le Parfumeur françois, qui enseigne toutes les
manières de tirer les odeurs des fleurs et à faire toutes sortes
de parfums», on trouve, p. 11, «la manière de parfumer la poudre
de cypre comme à Montpellier», et, p. 85, la recette pour les
«toilettes de senteur de Montpellier.»
[144] Nous avons cité plus haut, p. 58, une lettre où Louis XIV
défend de faire des recherches qui auroient pu confirmer les
bruits, déjà répandus, au sujet de la mort de mademoiselle de
Fontanges.
[145] Le capitaine des gardes du corps. Il y avoit quatre
compagnies, commandées chacune par un capitaine. Le capitaine des
gardes est toujours «proche de la personne du Roy, quelque part
qu'il aille, à table, à cheval, en carrosse, et partout ailleurs,
sans que qui que ce soit doive se mettre ni passer entre lui et le
Roy, afin que rien ne l'empêche d'avoir toujours sa vue sur la
personne de Sa Majesté... Le capitaine des gardes qui est en
quartier est toujours logé au Louvre et assez proche de la chambre
du Roy.» (_Etats de la France._)
[146] M. de Serignan, aide-major des gardes du corps, fut nommé
depuis, en mars 1693, brigadier de cavalerie.
[147] _Monseigneur_ étoit passionné pour la chasse, et surtout
pour la chasse au loup. Le Journal de Dangeau, à la date du 15
juin 1686 (tome 1, page 349), nous fournit à ce sujet une
particularité curieuse: «Monseigneur ordonna que tous les gens qui
le voudroient suivre à la chasse du loup fussent vêtus de la même
manière; il veut qu'ils aient tous des habits de drap vert avec du
galon d'or.» Et les éditeurs ajoutent cette note, que nous croyons
devoir reproduire: «Ce galon prit le nom de galon du loup. Les uns
ont mis sur leurs habits un passe-poil d'un petit galon léger en
double, ou bien un galon tout plat fort léger, qui est fait d'un
cordonnet d'argent avec deux lames au bord. On l'a nommé d'abord
_galon de paille_, puis _galon du loup_, à cause qu'on en voyoit
sur les habits de ceux qui alloient à cette sorte de chasse avec
monseigneur le Dauphin. Il est devenu si commun qu'il a été
ordonné à tous ceux qui ont l'honneur de l'accompagner quand il va
prendre ce divertissement de mettre ce galon sur du drap de
Hollande vert, de sorte que ce prince y a déjà été plusieurs fois
à la tête de trente personnes vêtues de ce justaucorps.» (Cf.
_Mercure_ de juin 1686.)
[148] L'ordre de Malte étoit divisé en huit langues, dont la
France avoit les trois premières: Provence, Auvergne et France. La
langue de Provence avoit deux grands prieurs, la langue d'Auvergne
un seul, et la langue de France trois, dont l'un étoit
particulièrement appelé le grand prieur de France. Cette dignité
étoit alors occupée par Philippe de Vendôme.
LES AMOURS
DE
MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
AVEC
LA COMTESSE DU ROURE.
[Bandeau]