_Vous faisiez à l'amour un trop pénible outrage
De déguiser un mal dont lui-même est l'auteur.
Iris, ne cachez plus un si parfait ouvrage,
Qui fait de deux amants le souverain bonheur.
En vain pour nous tromper vous usiez d'artifice,
Couvrant de son mal feint un chef-d'oeuvre si beau,
Puisque l'illustre enfant de la déesse Erice
A daigné l'éclairer de son divin flambeau.
Qu'aucun regret pourtant ne saisisse votre âme,
Et ne rougissez pas du fruit de votre amour;
Ce sont les doux effets d'une féconde flamme,
Qui s'alloient amortir s'ils n'eussent vu le jour.
Peut-être que ces jeux, ces ébats, ces caresses,
Dont vous payez les feux de votre cher amant,
Et que ces doux baisers, ces aimables tendresses,
N'étoient, à votre avis, qu'un simple jeu d'enfant.
Sachez pourtant, Iris, que l'Amour, ce fier maître,
A qui l'on donne à tort un éloge si bas,
N'est pas toujours enfant, puisqu'il en fait tant naître,
Et que même il se plaît dans les sanglants combats.
S'il revêt quelquefois une forme si tendre,
C'est pour nous abuser, c'est pour tromper un coeur;
Mais après qu'à ses traits on s'est laissé surprendre,
Il prend d'un homme fait la force et la vigueur.
Que le triste regret de vous être déçue
N'apporte aucun obstacle à des plaisirs si doux;
S'il ne vous eût frappée, Iris, que dans la vue,
Vous ne sauriez pas bien ce que peuvent ses coups.
Savante à vos dépens, vous avez cette gloire
Qu'il a, pour vous soumettre, employé tous ses traits,
Et, pour être plus sûr de gagner la victoire,
Sans doute qu'il voulut vous frapper de plus près.
Cessez donc de pleurer un sort digne d'envie,
Et ne regrettez pas la plus belle des fleurs;
Si ne la garder pas c'est faire une folie,
On goûte en la perdant mille et mille douceurs._
Ces vers piquèrent un peu celle pour qui ils avoient été faits;
mais comme elle étoit au-dessus de ces petits reproches et qu'elle
s'étoit familiarisée avec son marquis, elle ne s'en mit pas fort
en peine, et, résolue désormais de laisser parler le monde, elle
ne songea qu'à goûter les douceurs de la vie et à y chercher de
nouveaux raffinements, à quoi elle réussit mieux que femme du
monde, comme nous l'allons apprendre dans la suite de cette
histoire.»
[83] Ici les deux textes recommencent à se confondre.
[84] D'après le P. Laguille, mademoiselle d'Aubigné auroit
demeuré, quand elle accompagna à Paris, soit madame de Neuillan,
comme l'assure Tallemant (in-8, t. 9, p. 126), soit madame de
Villette, soit madame de Navailles, fille de madame de Neuillan,
«dans le même quartier où logeoit le fameux Scarron.» Segrais,
cité par M. Ed. Fournier dans une note sur ce passage (_Var. hist.
et littér._, VIII, 65), dit aussi que l'intimité s'établit par le
voisinage. Scarron demeuroit rue des Saints-Pères, à l'_Hôtel de
Troie_. D'après le P. Laguille, ce seroit madame de Navailles qui
auroit proposé à Scarron son mariage.
[85] Scarron nous a laissé de lui un portrait qui est la meilleure
preuve de la fidélité de celui-ci.
[86] Le poëte avoit deux soeurs, dont l'une épousa, dit-on,
secrètement, le duc de Tresmes, père du marquis de Gesvres, ou
plutôt fut sa maîtresse. «Scarron disoit de ses deux soeurs que
l'une aimoit le vin et l'autre aimoit les hommes. On savoit qu'il
n'avoit que ces deux soeurs et qu'elles n'étoient point mariées.»
(_Segraisiana_, p. 58.)
[87] On a deux lettres de Scarron à mademoiselle d'Aubigné: dans
l'une elle est nommée; dans l'autre, adressée à ***, on la
reconnoît facilement; enfin, dans une troisième, adressée à M. de
Villette, Scarron parle de mademoiselle d'Aubigné devenue sa
femme, et donne quelques détails précieux qui ne semblent pas
avoir été relevés. La première est connue: «Mademoiselle, lui dit
le pauvre estropié, je m'étois toujours bien douté que cette
petite fille que je vis entrer il y a six mois dans ma chambre
avec une robe trop courte, et qui se mit à pleurer, je ne sçay pas
bien pourquoy, estoit aussi spirituelle qu'elle en avoit la mine.
La lettre que vous avez écrite à madame de Saint-Hermine est si
pleine d'esprit que je suis mal content du mien de ne m'avoir pas
fait connoître assez tout le mérite du vôtre. Pour vous dire vray,
je n'eusse jamais cru que dans les îles de l'Amérique ou chez les
religieuses de Niort on apprît à faire de belles lettres.»
(_Dernières oeuvres de M. Scarron_, t. I, p 11.) Dans la seconde,
nous remarquons les passages suivants: «Vous êtes devenue malade
de la fièvre tierce; si elle se tourne en quarte, nous en aurons
pour tout notre hiver, car vous ne devez point douter qu'elle ne
me fasse autant de mal qu'à vous... Je me fie bien à mes forces,
accablé de maux comme je suis, de prendre tant de part dans les
vôtres. Je ne sçay si je n'aurois point mieux fait de me défier de
vous la première fois que je vous vis. Je le devois, à en juger
par l'événement. Mais aussi, quelle apparence y avoit-il qu'une
jeune fille dût troubler l'esprit d'un vieil garçon?...
Tandis que, la cuisse étendue,
Dans un lit toute nue
Vous reposez votre corps blanc et gras
Entre deux sales draps,
Moy, malheureux pauvre homme,
Sans pouvoir faire un somme
Entre mes draps, qui sont sales aussy,
Je veille en grand soucy.
Tout cela pour vous aimer plus que je ne pensois. La male peste!
que je vous aime! et que c'est une sottise que d'aimer tant!
Comment, vertu de ma vie! à tout moment il me prend envie d'aller
en Poitou, et par le froid qu'il fait! N'est-ce pas une
forcenerie!» (_Dernières oeuvres_, t. 1, p. 23.) La troisième est
datée du 12 novembre 1659. Scarron écrit à M. de Villette: «Madame
Scarron est bien malheureuse de n'avoir pas assez de bien et
d'équipage pour aller où elle voudroit, quand un si grand bonheur
lui est offert que celuy d'estre souhaitée à Brouage par une
mademoiselle de Mancini... J'espère qu'elle se r'acquittera d'une
si grande perte quand la cour sera retournée à Paris... Paris est
désert autant que votre Brouage est remply. Je ne m'en apperçois
point dans nostre petite maison. On fait dire tous les jours aux
princes, ducs et officiers de la couronne qu'on ne voit personne,
et l'ambition d'être admis dans notre petite société commence à
être grande et à s'échauffer furieusement dans la cour et dans la
ville...»
[88] La date du mariage de Scarron s'est trouvée, pour des
écrivains superficiels, dans ce passage de Segrais: «Scarron se
maria en 1650, et cette année plusieurs personnes d'esprit se
marièrent aussi comme lui... Cela fit dire à madame de Rambouillet
qu'elle craignoit que l'envie ne lui prît aussi de se marier.»
(_Segraisiana_, p. 100.) Or, premièrement madame de Rambouillet
n'étoit pas encore veuve à ce moment, et la plaisanterie ne
s'expliqueroit pas de sa part étant mariée; ensuite Segrais dit,
en parlant du projet qu'avoit formé Scarron d'aller en Amérique,
que, cette année, il demanda la main de mademoiselle d'Aubigné et
que le mariage se fit deux ans après. Ce sont là de purs
commérages. Loret est bien mieux renseigné. Dans sa _Gazette_ du
31 décembre 1651, il dit:
Monsieur Scarron, dit-on, se pique
De transporter en Amérique
Son corps meigret, foible et menu.
Il ajoute que sa soeur, Céleste Scarron, doit l'accompagner, et ne
dit mot de sa femme, dont il n'eût pu manquer de parler si Scarron
eût été marié.--Dans sa lettre du 14 juin il écrit que Scarron
vient de perdre un procès important contre la seconde femme de son
père,
Dont il se plaint mal à propos,
Car enfin, ledit personnage
Ayant contracté mariage
Avec une epouze ou moitié
Qu'il a prise par amitié,
il doit plutôt se féliciter de voir finir, avec son procès, ses
embarras. Scarron, qui n'étoit pas marié le 31 décembre 1651, est
donc marié le 14 juin 1652. Mais depuis quand? La _Lettre_ du 9
novembre suivant nous l'apprend à peu près. Loret rappelle ce
qu'il a dit dans ses lettres du 14 juin et du 5 octobre, et il
ajoute:
Or j'ay maintenant à vous dire
Que cet autheur à faire rire,
Nonobstant son corps maladif,
Est devenu generatif;
Car un sien amy tient sans feinte
Que sadite espouse est enceinte
De trois ou quatre mois et plus;
Et puis, dites qu'il est perclus!
Le fait rapporté par Loret étoit une grossière plaisanterie. Mais
une grossesse de trois ou quatre mois supposoit bien alors que le
mariage s'étoit fait vers le mois de juin, au temps même où Loret
en a parlé pour la première fois.--Le P. Laguille s'est également
trompé en donnant pour date 1649 ou 1650.
[89] Malgré le bruit qui courut et que nous avons rappelé dans la
note précédente, madame Scarron ne fut jamais mariée que de nom.
C'est ce qu'elle dit elle-même dans une lettre à son frère: «Vous
savez bien que je n'ai jamais été mariée.»--«Elle est vefve sans
avoir été femme», dit Somaize. (_Dict. des Précieuses_, t. 1, p.
221.)
[90] _Var._: Après ces mots: «ils achevèrent leur mariage», et
avant ceux-ci: «le traita d'abord du haut en bas», on trouve
cette variante dans l'autre édition:
«Mais il se trouva déçu, car ce qu'il avoit cru être son bonheur
ne fut que le contraire: il trouva la brèche toute faite, et qu'un
autre ou plusieurs avoient monté à l'assaut. Il s'en plaignit à
elle, qui le traita d'abord du haut en bas...»
[91] On a, dans certaines éditions, remplacé par le mot _figure_
le mot _posture_ qui se trouve ici. Appliqué à Scarron, _posture_
étoit bien le mot propre, dans le sens qu'il avoit alors. On
connoît le ballet des _Postures_. On disoit: _les postures_ de
l'Arétin, etc.
[92] Madame Scarron eut toujours pour son mari les soins les plus
dévoués, et, si Scarron ne parloit d'elle qu'avec reconnoissance
et respect, elle-même, dit Segrais, plus croyable quand il
rapporte des faits que quand il donne des dates, témoigna toujours
à lui et à tous ses amis les plus grands égards; elle conserva
toujours pour lui ce sentiment de pitié qui lui avoit fait verser
des larmes quand elle le vit la première fois. Scarron en parle
sans cesse dans ses lettres à Pellisson.
[93] A la mort de Scarron, sa veuve hérita, sans nul doute, de son
mobilier, qui étoit assez élégant, dit Segrais, et valoit bien
cinq à six mille livres. Elle le vendit, et Segrais rapporte même
qu'il vit emporter cette chaise particulière sur laquelle les
portraits de Scarron le représentent huché, avec son cou tordu et
sa tête forcément baissée. Madame Fouquet lui obtint ensuite, dit
M. Walckenaër (_Mém. sur madame de Sévigné_), une pension de 1,600
livres. Enfin, la reine Anne d'Autriche lui continua une pension
de 2,000 livres que touchoit son mari, à la demande, selon le P.
Laguille, du marquis de Puiguilhem (Lauzun), qui dit à la reine
«qu'il avoit vu exécuter les meubles d'une jeune dame qui lui
avoit fait pitié»; et, selon madame de Caylus, à la prière de M.
de La Garde.
[94] Réduite à la misère par la mort de son mari, parce que la
pension que lui faisoit la Reine cessa bientôt de lui être payée,
madame Scarron se retira dans un couvent, «à la Charité des
femmes, dit Tallemant, vers la place Royale, par le crédit de la
maréchale d'Aumont, qui y a une chambre meublée, qu'elle lui
prêta.» M. de Monmerqué rectifie Tallemant, et nomme la maréchale
d'Albret au lieu de la maréchale d'Aumont. (Voy., pour plus de
détails, Ed. Fournier, notes sur le Mémoire du P. Laguille, dans
les _Variétés histor. et littér._, t. 8, p. 30.)
[95] C'est par madame de Thianges, sa soeur, que madame de
Montespan connut madame Scarron. Elle lui obtint d'abord du Roi le
rétablissement de sa pension, que Louis XIV lui rendit, avec ces
paroles: «Madame, je vous ai fait attendre bien longtemps. J'ai
été jaloux de vos amis, et j'ai voulu avoir ce mérite auprès de
vous.» (Voy. Walckenaër, _Mémoires sur madame de Sévigné_, t. 3.
p. 95-97, et t. 5, ch. 11 et les notes. Cf. Somaize, _Dict. des
Précieuses_, t. 1, p. 221.)
[96] Madame Scarron devoit accompagner la princesse de Nemours,
qui alloit faire en Portugal ce mariage qui fut cassé pour fait
d'impuissance de la part de son mari, et madame Scarron auroit été
sous les ordres de la dame d'honneur de la princesse. (Voy. les
_Mém. de madem. de Montpensier_.)
[97] On sait que madame de Montespan s'attacha madame Scarron pour
faire la première éducation des enfants qu'elle avoit eus du Roi.
(Cf. _Mém. du P. Laguille_ et les notes de M. Ed. Fournier.)
[98] Le fait rapporté ici semble inexact. En effet, déjà en 1669
nous trouvons sur l'Etat de la France M. Vallot, premier médecin,
aux gages de 3,000 livres. Des huit médecins servant par quartier
qui l'assistoient, aux gages de 1,200 livres, le premier nommé est
«le sieur Daquin, et son fils en survivance». M. Daquin sembloit
donc être naturellement désigné pour remplacer M. Vallot, et
celui-ci, qui, au dire du pamphlétaire, seroit mort avant d'avoir
obtenu la place, l'exerça réellement.
[99] Voy. la note précédente.
[100] Mademoiselle Scarron. Il faudroit dire: madame Scarron,
puisque son mari étoit noble et qu'elle-même étoit noble aussi. Le
titre de _mademoiselle_ se donnoit aux filles nobles ou aux femmes
qui n'étoient pas nobles.
[101] Pendant deux ans il y eut entre madame Scarron et madame de
Montespan une lutte cachée qu'elles tenoient l'une et l'autre à
laisser ignorer sinon du Roi, qui intervint souvent, mais du
monde. Le secret ne commença guère à percer parmi les courtisans
que lors du voyage de madame de Maintenon et du duc du Maine à
Baréges. Madame de Sévigné ne manqua pas, dès qu'elle le connut,
d'en instruire sa fille. (Voy. _Mémoires sur mad. de Sévigné_, t.
5, ch. XI.)
[102] _Var._: Ici l'édition 1754 intercale le passage suivant:
«Le Roi ne se contenta pas de recommander à madame de Montespan de
la distinguer, il la distingua si bien lui-même qu'il donna ordre
à un généalogiste de la faire descendre de Jeanne d'Albret, reine
de Navarre, qui, après la mort du Roi son époux, se maria en
secret avec un de ses gentilshommes, qui fut, à ce qu'on prétend,
le père de M. d'Aubigné, grand-père de madame de Maintenon. Après
cela, le Roi prenoit un tel plaisir...»
[103] Il est fort peu probable que Louis XIV ait offert ainsi son
royaume à une femme qu'il pouvoit à peine souffrir dans les
premiers temps des rapports de madame de Montespan avec elle. Tout
le monde sait quelle antipathie madame Scarron inspiroit d'abord
au Roi.
[104] Rien ne le prouve, au contraire, et ce passage d'une lettre
souvent citée de madame de Maintenon est assez clair: «Je le
renvoie souvent triste, mais jamais désespéré.»
[105] «Il est vrai que le Roi m'a appelée madame de Maintenon, et
que je ferois bien autre chose pour lui que de changer de nom.» A
en croire Saint-Simon, ce titre ne fut obtenu du Roi qu'à la suite
de négociations où le Roi auroit parlé de madame Scarron en des
termes fort opposés à l'estime qu'il avoit pour elle.
[106] On lit dans _Madame de Maintenon peinte par elle-même_:
«C'étoit à une réponse bien naturelle du duc du Maine que madame
de Maintenon avoit dû le premier bienfait de Louis XIV. Le Roi,
dit madame de Maintenon, causant et jouant avec cet enfant, lui
dit qu'il le trouvoit bien raisonnable.--Comment ne le serois-je
pas? dit ce jeune prince, je suis élevé par la raison
même.--Allez, lui dit le Roi, allez lui dire que je lui donne cent
mille francs pour vos dragées. Sa pension de gouvernante n'étoit
alors que de deux mille francs; le Roi la porta à deux mille
écus.»
[107] Le marquis de Maintenon étoit de la famille d'Angennes, d'où
sont sortis les Rambouillet, les Montlouet, les du Fargis, etc.
Charles-François d'Angennes, marquis de Maintenon, qui vendit son
marquisat à la veuve de Scarron, étoit fils de Louis d'Angennes de
Rochefort de Salvert, marquis de Maintenon, baron de Meslay, etc.,
qui avoit épousé en 1640 Marie Leclerc du Tremblay, nièce du
fameux P. Joseph et fille du gouverneur de la Bastille. Louis de
Maintenon étoit mort en 1658. Charles son fils fut nommé
gouverneur de Marie-Galande en 1679 et conserva son emploi
jusqu'au 1er janvier 1685. Il épousa Catherine Giraud, fille d'un
capitaine de la milice de l'île Saint-Christophe, et c'est par son
fils que se continua, au 18e siècle, cette dernière branche, qui
survécut à toutes les autres de la famille d'Angennes.
[108] _Var._: L'édition de 1754 intercale encore ici quelques
lignes. Après avoir dit: Le roi... n'épargna rien pour le rendre
agréable _à sa vieille_», le romancier ajoute:
«Il y fit des dépenses innombrables et prodigieuses; il y fit
aller des eaux, que, pour y faire rendre, il a fallu faire monter
les montagnes et les traverser; il joignit, pour cet effet, les
montagnes ensemble, par des travaux si pénibles à son pauvre
peuple, qu'il en coûta la vie à plus de soixante mille âmes, et
tout cela pour assouvir l'insatiable passion qui l'a toujours
possédé.»
[109] Voy. note 101 ci-dessus, p. 130.
[110] Le parti religieux eut, à n'en pas douter, une très grande
part dans l'élévation, assez peu rapide d'ailleurs, de madame de
Maintenon. Ce parti étoit très contraire à madame de Montespan,
mais ménageoit encore la favorite en la combattant. C'est
seulement lorsque le crédit de madame de Maintenon fut établi
d'une manière inébranlable que le refus d'absolution opposé à
Louis XIV par son confesseur (carême de 1675, du 27 février au 14
avril) amena une séparation entre les deux amants. Madame de
Maintenon étoit alors à Baréges. Le dissentiment qui existoit
entre elle et madame de Montespan éclata alors, et alors aussi
furent écrites par madame de Sévigné à sa fille les lettres que
nous avons rappelées (note 101 ci-dessus, p. 130).
[111] Le P. de La Chaise ne succéda au P. Ferrier dans l'emploi de
confesseur du Roi qu'en 1675. C'est assez dire qu'il n'arriva à
l'oreille du Roi que quand madame de Maintenon étoit déjà en
grande faveur. Les lettres de madame de Maintenon montrent de sa
part fort peu de goût pour le révérend Père.
[112] Le P. Bourdaloue paroît avoir eu peu d'influence sur
l'élévation de madame de Maintenon, si ce n'est par les sermons
qu'il prêcha à la cour pendant plusieurs carêmes de suite à partir
de 1669.
[113] Il est faux que madame de Maintenon ait pris pour directeur
un jésuite. Son directeur est bien connu: c'est l'abbé Gobelin,
après la mort duquel elle prit les conseils de Godet-Desmarets,
évêque de Chartres. «Elle avoit bien choisi, comme le remarque M.
Walckenaer; ni l'un ni l'autre n'ambitionnoient ni la gloire de
l'éloquence, ni les hautes dignités de l'Eglise; ni l'un ni
l'autre n'appartenoient à l'ordre trop puissant des Jésuites.»
(_Mém. sur mad. de Sévigné_, 5, p. 430, notes.)
[114] Nous ne savons trop ce que veut dire l'auteur quand il parle
du tiers-ordre des jésuites, où se seroit fait admettre madame de
Maintenon. Il y a en effet trois ordres de jésuites, et le
troisième comprend ceux qu'on appelle _les écoliers_; ils
conservent la jouissance et l'administration de leurs biens, et
peuvent même, en France, réclamer le partage des héritages de leur
famille. Mais nous ne sachons pas qu'on y ait admis des femmes.
[115] _Var._: Nous reproduisons encore ici tous les développements
donnés à cette ridicule calomnie par l'édition de 1754:
«Cela n'étoit encore pas assez au goût des Jésuites, qui, ayant su
de son confesseur (car dans de telles occasions ces gens-là ne
gardent jamais le secret, parce qu'il y va de l'utilité de
l'Ordre) qu'elle étoit fort attachée aux plaisirs de la chair et
qu'elle entretenoit un commerce amoureux avec un de ses
domestiques, ils le prièrent unanimement, dans une assemblée
qu'ils eurent au collége de Montaigu, de travailler à faire pour
lui-même cette conquête, afin de l'avoir plus fermement dans leurs
rets. Il leur promit de faire tout son possible pour l'avancement
de la sainte société, et en effet il ne s'y épargna pas. Pour
mieux y parvenir, il s'attacha à mieux découvrir les replis de sa
conscience; et, bien loin de la blâmer de son péché favori, il
l'assura qu'il n'étoit point punissable, d'autant qu'elle étoit
obligée de s'entretenir dans les leçons amoureuses afin de pouvoir
se rendre plus utile au fils aîné de l'Eglise. Les pécheurs aiment
ordinairement à être flattés dans leurs crimes et à trouver moyen
de se damner avec plaisir. C'est là le chemin que tous les
nouveaux casuistes font suivre à leurs pénitents, et ils ne se
servent de ce sacré tribunal, qui doit être un instrument à sauver
les hommes, que pour les damner. Il ne faut donc pas s'étonner si
la Maintenon s'abandonnoit à eux, puisqu'ils ont un si rare
secret. Mais elle n'eut pas plus tôt goûté les douceurs et les
bontés du père La Chaise dans la confession, qu'elle n'en voulut
plus d'autre; en effet, elle s'en est toujours depuis servie.
Cependant il avoit promis de se faire pour lui-même une conquête
d'amour; et, pour en venir à bout, il s'étoit défait, pour des
raisons de conscience, de tous les domestiques qu'il avoit vus
dans sa maison n'être pas attachés à la Société; et, comme un sage
directeur, il employa de ses créatures, et, entre autres, deux
soeurs dolentes de la Société, qui avoient l'esprit insinuant, et
qui, en peu de temps, eurent gagné les bonnes grâces et les
confidences de la Maintenon, qui se servoit aussi, en revanche,
d'elles, pour ses affaires amoureuses. Par leur moyen, le père La
Chaise étoit éclairé de tout et prenoit ses mesures là-dessus. Un
jour le domestique dont elle se servoit dans son exercice amoureux
fut pour deux jours à la campagne, avec sa permission; mais soit
qu'il y rencontrât quelqu'un de connoissance ou qu'il voulût
gagner de nouvelles forces, il y demeura beaucoup plus; et il y
avoit déjà six jours qu'il étoit absent quand madame de Maintenon,
qui n'étoit pas accoutumée à un si long jeûne, lui écrivit un
billet et le donna à sa fille confidente pour le lui faire tenir.
«D'abord cette fille le porta au révérend père La Chaise; ils se
renfermèrent tous deux dans sa chambre, et, après l'avoir ouvert,
ils y lurent:
«_En vérité, mon coeur, tu n'as guère d'amour pour moi, et si tu
mesurois ton impatience à la mienne, tu serois retourné dès le
premier jour. Pour moi, je t'avoue que je suis au désespoir de
t'avoir donné congé, et encore plus de ce que tu ne viens point.
Il faut ou que tu ne m'aimes pas, ou que tu sois mort, de rester
si longtemps. Reviens donc, mon cher, et ne me laisse pas seule
auprès du Roi, que je n'aime pas la dixième partie tant que toi;
et si tu ne veux pas me trouver bien mal, ou morte, viens à
minuit, droit dans ma chambre; je donnerai ordre que la porte
soit ouverte pour te laisser entrer. Adieu, ma vie._
«Eh bien! dit le Père, que vous en semble?--Moi, lui dit-elle,
je ne sais, sinon que vous me la rendiez pour la lui faire
tenir.--Non, dit-il, pas cela, mais il s'agit ici de me rendre
un service.» Elle n'eut pas de peine à le lui promettre. «C'est,
continua-t-il, que je m'en vais lui en écrire une sous un nom
supposé, afin qu'il ne vienne pas de sitôt, et je me rendrai
moi-même dans votre antichambre à l'heure qu'elle marque, d'où
vous m'introduirez dans son lit. Je suis de sa taille et je mets
sur moi les événements de l'affaire.»
«La chose ainsi résolue, il se hâta d'écrire la lettre, qu'il
donna pour faire tenir en place de l'autre. Elle étoit conçue en
ces termes:
«_Monsieur, j'ai un regret sensible de vous apprendre une
méchante nouvelle. Votre père est à l'article de la mort. Je
l'ai aujourd'hui confessé et lui ai donné le saint viatique. Il
m'a prié par trois ou quatre fois de vous écrire qu'il a quelque
chose à vous communiquer avant sa mort; partez donc pour vous
rendre ici incontinent la présente reçue, parce qu'il est encore
en son bon sens, et si vous ne perdez point de temps, selon que
nous pouvons juger par les apparences, vous en aurez encore pour
lui parler. Je suis, etc._
«COCHONNET, _curé de Lasine_.
«Il (le valet) n'eut pas plutôt reçu cette lettre qu'il crut
effectivement que la chose étoit ainsi. Il avoit infiniment
d'amitié pour son père, et monta incontinent à cheval pour s'y
rendre; mais il le trouva en bonne santé, ce qui le réjouit.
Cependant ils ne purent trouver le secret de cette lettre; il ne
se douta jamais de la vérité, ce qui fit qu'il resta quelques
jours auprès de ses parents.
«L'heure approchant, le révérend Père se rendit dans
l'antichambre, où il trouva la fille qui l'attendoit. Il s'y
déshabilla et prit la robe de chambre et le bonnet qui servoient à
l'autre dans ses expéditions; après quoi il fut introduit jusqu'au
lit, où il entra doucement et sans parler. Il commença de monter à
l'assaut. Quoiqu'elle fût endormie, elle le sentit bien,
nonobstant l'avis de certaines femelles; et croyant que ce fust
son taureau de coutume, elle l'embrassa avec des étreintes si
amoureuses que le pauvre Père pensa expirer dans ce charmant
exercice. Le jeu leur étoit trop doux pour y préférer la
conversation; aussi ils recommencèrent à diverses fois sans se
parler, et auroient peut-être passé la nuit ainsi si le père La
Chaise n'eut rompu le silence par un rhume incommode et qui le fit
tousser hors de saison. Madame de Maintenon fit un cri et voulut
se jeter hors du lit; mais il la retint, il lui fit ses excuses,
et, après qu'il eut calmé son esprit, il lui représenta que la
chose étoit sans remède et qu'elle devoit considérer que c'étoit
la force de sa passion qui l'avoit obligé à le faire, et ne lui
découvrit pas néanmoins le véritable sujet. Quoi qu'il en soit,
mes Mémoires portent qu'ils se raccommodèrent et poursuivirent le
reste de la nuit, et ont toujours poursuivi depuis, et
poursuivront encore tant qu'ils auront des forces, si nous en
croyons les apparences; car s'il est vrai qu'elle est la mule du
Roi, elle est tout autant la cavale de La Chaise et la haquenée de
son valet, qui ne fut pas plus tôt de retour qu'il s'excusa de sa
longue absence sur la lettre supposée. Mais elle, qui avoit su
toute l'affaire du père La Chaise, ne voulut pas approfondir les
choses et le reprit en grâce; depuis, elle s'en sert toujours avec
beaucoup de satisfaction. Tout cela ne l'empêchoit pas de recevoir
l'ordinaire du Roi tant qu'il fut en santé; mais il lui arriva une
maladie qui ne provenoit que de l'excès du déduit. Madame de
Maintenon en fit beaucoup l'affligée et le fit paroître en public
le plus qu'elle pouvoit; enfin, le mal venant à augmenter, on
résolut d'y mettre des emplâtres. Cette sainte fille de la
Société, sachant bien dans sa conscience qu'elle avoit causé une
partie du mal, voulut aussi assister au remède, et, par une espèce
d'oeuvre de charité dont elle a été fort louée, elle voulut mettre
le premier emplâtre sur ce fils de Priape. Elle le mit en effet,
et a diverses fois continué, jusqu'à l'entière guérison du Roi.
Quand elle le vit en santé, elle voulut le divertir; et comme elle
n'a point de cet amour délicat qui ne souffre point de partage,
elle lui chercha une des plus belles filles de France. Ce fut la
F... qu'elle lui présenta. Le Roi l'estima au double de ce qu'elle
faisoit comme un sacrifice d'elle et chérit aussi beaucoup la F...
Madame de Maintenon cependant a toujours occupé son esprit; et,
quelque autre attache qu'il ait eue, elle n'a jamais été si forte
que la sienne. Depuis la F... il a eu encore un présent d'elle;
mais cette nouvelle maîtresse mourut en couches, tellement que,
bien que depuis elle ait voulu lui en donner d'autres, il ne les a
point voulu accepter, et il se tint toujours attaché à elle, qui,
de son côté, n'en est pas beaucoup tourmentée, puisque depuis un
assez long espace de temps il n'est pas capable de connoître une
femme charnellement; mais aussi elle ne s'en soucie pas, et sa
faveur lui est plus chère que son amour, puisqu'elle en a d'autres
pour assouvir ses infâmes passions, et surtout le révérend Père La
Chaise.
«Cependant, lorsque le Roi se porta mieux, elle ne manqua pas de
profiter d'un si long temps et de mettre la santé du monarque à de
nouvelles épreuves. Et il faut avouer que jamais femme n'a mieux
su qu'elle tirer parti de l'amour et ménager les occasions. Elle
disoit un jour, en plaisantant, à une de ses amies: «Que les
amants vulgaires cherchent tant qu'il leur plaira ce qu'on appelle
l'heure du berger; pour moi, je cherche l'heure du Roi. Quand elle
se présente, je vous assure que je ne la laisse pas échapper.»
Elle avoit raison de parler ainsi: elle a su profiter du fort et
du foible de Louis-le-Grand. Aussi ce monarque, qui aime
naturellement la gloire et les plaisirs, a été charmé de trouver
une maîtresse qui a su si bien flatter son ambition et son amour,
qui l'instruit en le divertissant, et qui, dans ses conversations
les plus amoureuses, sait mêler les maximes de la fine et de la
plus haute politique.
«Un jour qu'elle étoit seule avec le Roi et qu'elle avoit reçu de
nouvelles preuves de son amour, elle dit, pour flatter
agréablement ce monarque, qu'un prince comme lui ne devoit pas
aimer comme les autres hommes; que, comme il étoit né pour régner,
il falloit qu'il pratiquât comme il faisoit cet art glorieux au
métier même des plaisirs. «Votre Majesté, ajouta-t-elle, brille
partout, vous ne la sauriez cacher; amant, ami, en guerre, en
paix, à l'armée, au lit, à la table, vous faites tout en roi, et
l'on ne peut jamais vous méconnoître; plus grand en cela que le
Jupiter des païens, qui quittoit sa grandeur et sa majesté et
prenoit les formes les plus chétives pour assouvir son amour; au
lieu que Louis-le-Grand ne diminue rien de sa grandeur, quoiqu'il
s'abaisse jusqu'à nous.»
«Voilà de quelle manière elle entretient le Roi; et comme la
passion de ce prince pour madame de Maintenon est fondée sur
l'esprit plutôt que sur la beauté de cette nouvelle marquise, il y
a de l'apparence que cette passion durera autant que sa vie.»
[116] Le passage compris entre ces deux crochets a été intercalé
plus haut dans la première édition, et on l'a déjà vu en note.
[117] «Le Roi l'épousa, dit Saint-Simon, au milieu de l'hiver qui
suivit la mort de la Reine (morte en 1683).»--«La satiété des
noces, toujours si fatale, continue le même écrivain, et des noces
de cette espèce, ne fit que confirmer la faveur de madame de
Maintenon. Bientôt après, elle éclata par l'appartement qui lui
fut donné à Versailles, au haut du grand escalier, vis-à-vis de
celui du Roi, et de plain-pied.» Notons que madame de Maintenon,
de trois ans plus âgée que le Roi, avoit alors de quarante-huit à
quarante-neuf ans. Nous retrouvons ici le P. de La Chaise. Ce fut
lui qui offrit, de la part du Roi, un mariage dont madame de
Maintenon garda le secret plus fidèlement que le Roi lui-même.
[118] M. Walckenaer s'explique en termes naïvement chastes sur les
relations de Louis XIV et de madame de Maintenon. Nous donnons son
texte, en renvoyant aux notes où il cite ses autorités: «Elle
étoit du nombre de celles qui, très sensibles aux caresses que les
femmes aiment à se prodiguer entre elles (je comprends peu) en
témoignage de leur mutuelle tendresse, et qu'avec plus de réserve
elles échangent avec l'autre sexe, ont une répugnance instinctive
à se soumettre à ce qu'exige d'elles l'amour conjugal pour devenir
mères, moins par la persistance d'une primitive pudeur que par
l'effet d'une nature qui leur a refusé ce qu'elle a accordé à tant
d'autres avec trop de libéralité. Françoise d'Aubigné eut souvent
besoin d'être rassurée par son confesseur sur les scrupules que
lui firent naître ses complaisances aux contrariantes importunités
de son royal époux, à un âge où elle ne pouvoit plus espérer
d'engendrer de postérité.» Sur ce point délicat, nous aimons à
nous abriter derrière M. Walckenaer. Nous n'aurions osé espérer de
dire les choses avec une plus respectable réserve. Voyez surtout
les passages auxquels il renvoie. Un de ceux-ci, extrait d'une
lettre de l'évêque de Chartres, citée par La Baumelle, prouve
clairement le mariage, s'il pouvoit y avoir quelque doute à ce
sujet: «C'est une grande pureté, lui dit-il, de préserver celui
qui vous est confié des impuretés et des scandales où il pourroit
tomber. C'est en même temps un acte de soumission, de patience et
de charité... Malgré votre inclination, il faut rentrer dans la
sujétion que votre vocation vous a prescrite... Il faut servir
d'asile à une âme qui se perdroit sans cela. Quelle grâce que
d'être l'instrument des conseils de Dieu, et de faire par pure
vertu ce que tant d'autres font sans mérite ou par passion!»
Ailleurs il lui écrit: «Après ma mort, vous choisirez un directeur
auquel vous donnerez vos redditions. Vous lui montrerez les écrits
qu'on vous a donnés pour votre conduite. _Vous lui direz vos
liens._» (Walckenaer, _Mémoires sur madame de Sévigné_, 5, p. 216
et 436.)
[119] Le dernier enfant de madame de Montespan et de Louis XIV fut
le comte de Toulouse, né le 6 juin 1678. Depuis, madame de
Montespan fut supplantée par mademoiselle de Fontanges, à la mort
de laquelle, dirent les pamphlets, elle n'auroit pas été
étrangère. Le Roi continua à recevoir madame de Montespan, même
après son mariage avec madame de Maintenon; il ne lui donna donc
pas ce congé absolu dont il est ici parlé.
[120] Madame de Soubise étoit Anne de Rohan Chabot, fille de ce
Henri Chabot qui devint duc de Rohan, et dont le mariage avec
Marguerite de Rohan avoit fait si grand bruit. Née en 1648, elle
épousa François de Rohan, qui fit la branche des princes de
Soubise, second fils d'Hercule, duc de Montbazon, et de Marie de
Bretagne. Elle mourut le 4 février 1709, âgée de soixante et un
ans.
On lit dans les notes de Saint-Simon sur le _Journal de Dangeau_:
«La beauté de madame de Soubise, dont le roi fut touché, fit la
fortune de sa famille. M. de Soubise avoit eu une première femme
qui n'avoit jamais prétendu au tabouret. La beauté de sa deuxième
femme le lui valut, et, par degrés, le rang de princesse à la
maison de Rohan...» (_Journal de Dangeau_, avril 1684, t. 1, p.
5.--Cf. _ibid._, p. 112.)
[121] Louis XIV eut en effet à souffrir l'opération de la fistule.
Madame de Maintenon y assista. Seule avec M. de Louvois, le P. de
La Chaise et les médecins Fagon et Félix, elle avoit été informée
de la résolution prise par le Roi. Pour les détails, nous
renvoyons au _Journal de Dangeau_ et aux ouvrages que citent en
note les éditeurs (_Année 1686, 18 novembre_, t. 1, p. 417). Voyez
notamment l'extrait d'un manuscrit intitulé: _Remarques générales
sur le tempérament et la santé du roi Louis XIV, par les médecins
Fagon_, etc., à la suite des Mémoires de Choisy, coll. Michaud et
Poujoulat, édit. Didier, p. 675-677.
[122] Voy. l'histoire de cette maison par M. Théophile Lavallée.
[123] Nous n'avons pas à réfuter cette infamie autrement qu'en
la faisant remarquer.
[124] On connoît les deux rayons symboliques que la peinture et
la sculpture placent sur le front de Moïse.
[125] Des charges de capitaines et de majors. Le mot _majorité_
se trouve dans Furetière avec le sens qu'il a ici.
[126] M. Walckenaer (_Mém. sur mad. de Sévigné_) a rappelé deux
lettres de Louis XIV où le Roi, honteux des exigences de madame de
Montespan, dissimule avec Colbert, son ministre, mais n'accorde
pas moins à la favorite ce qu'elle demande. Les guerres terribles
qu'on eut à soutenir sur la fin du règne rendirent les économies
de plus en plus nécessaires; mais qui pourroit croire que le Roi
les faisoit porter sur ses amours?
[Cul-de-lampe]
LE
DIVORCE ROYAL
OU
GUERRE CIVILE
DANS LA FAMILLE DU GRAND ALCANDRE.
[Bandeau]