_L'Amour[16], cet aimable vainqueur,
A qui tout cède et que rien ne surmonte,
Etoit près de jouir d'un extrême bonheur,
Lorsqu'il se souvint, à sa honte,
Que, bien que tout lui fût soumis,
Il n'avoit point le coeur d'Iris.
Il voyoit mille coeurs qui s'empressoient sans cesse
De venir en foule à sa cour,
Car les coeurs ont cette foiblesse
Depuis que l'univers est soumis à l'Amour.
Le coeur d'Iris ne pouvoit se contraindre;
Il les regardoit tous avec quelque mépris.
Il n'appartient qu'au coeur d'Iris
De connoître l'Amour et de ne le pas craindre.
Ce conquérant avoit droit de s'en plaindre;
Que l'on ne soit donc pas surpris
Si, rempli d'une noble audace,
Il voulut attaquer cette invincible place;
Il le voulut en effet,
Et ce que l'Amour veut est fait.
Avant que d'entreprendre une si juste guerre,
Il fit assembler son conseil.
Ce conseil n'a point de pareil
Ni dans les cieux ni sur la terre;
C'est un agréable amas
De guerrières vigilantes,
Qui sont toutes ses confidentes,
Et qui toutes ont des appas.
L'on y vit la Magnificence,
L'Espérance, la Complaisance,
La Tendresse, la Propreté.
L'on y vit la Flatterie,
La Hardiesse et la Galanterie.
L'Amour les aime avec égalité;
Car elles sont sous son obéissance,
Et le servent de tous côtés,
En rendant toutes les beautés
Tributaires de sa puissance.
Mais il n'est pas mal à propos
De dire, en passant, quatre mots
De tant de guerrières aimables.
La Galanterie, aujourd'hui,
Est une des plus agréables;
Elle plaît à l'Amour et ne va point sans lui,
Toutes ses actions font voir sa bonne grâce,
Elle charme, quoi qu'elle fasse;
Elle a de merveilleux talents;
Elle se voit partout chérie,
Et plus d'un coeur hait les galants
Sans haïr la Galanterie.
La Flatterie a l'air charmant;
Elle paroît d'abord douce, aimable et sincère,
Mais, à parler ingénument,
Quand elle dit du bien, ce n'est pas pour en faire,
Ou du moins c'est très rarement.
L'on connoît la Complaisance:
Lorsqu'on dira que son pouvoir est grand;
Qu'elle vient par sa patience
Presque toujours à bout de ce qu'elle entreprend;
Et l'on sait par expérience
Qu'Amour, ce charmant vainqueur,
Se déguise en Complaisance
Pour faire moins de bruit ou pour surprendre un coeur.
La Magnificence a des charmes,
Quoique la vanité forme tous ses desseins,
Et les richesses sont des armes
Qui peuvent, dans de nobles mains,
Vaincre les plus rebelles,
Et gagner l'amitié des belles.
La Propreté[17] fait moins de bruit.
Elle se plaît d'être bien mise,
Et souvent en une entreprise
Elle retire plus de fruit;
On la voit toujours paroître
Sans qu'elle ait rien d'affecté:
L'Amour a de la peine à se faire connoître
Lorsqu'il est sans la Propreté.
L'Espérance est toujours confiante
Et ne se rebute jamais;
Quelquefois elle se contente
Dans des desseins et des souhaits
Qui passent souvent son attente;
Mais, quoiqu'ils soient hors de saison,
Elle croit faire avec raison.
La Tendresse prétend qu'on l'aime
Autant qu'elle prétend aimer,
Et les coeurs se laissent charmer
A sa délicatesse extrême;
A peine peut-on concevoir
Et son adresse et son pouvoir:
Chacun l'estime et la caresse,
Et l'Amour avoue à son tour
Que dès qu'il est sans tendresse,
Il ne passe plus pour Amour.
Je dirai que la Hardiesse
Est incapable de foiblesse;
Elle n'a jamais de langueur;
Tout lui donne de l'assurance;
Rien ne l'étonne, et sa vigueur
S'augmente par la résistance.
Les amans les plus amoureux
La consultent dans leurs affaires,
Et souvent les plus téméraires
Ne sont pas les plus malheureux.
Parlons encor de trois guerrières,
Moins aimables que les premières
Dont j'ai déjà fait les portraits.
Commençons par la Jalousie,
De qui les coups, de qui les traits
Blessent toujours la fantaisie.
Dieux! qu'elle est d'une étrange humeur!
Elle n'explique rien qu'à son désavantage,
Et, sur le moindre ombrage,
Elle se rompt la tête et se ronge le coeur.
L'Inquiétude est la seconde;
Elle se plaît à fatiguer l'Amour.
Il n'est point d'endroit dans le monde
Qui ne la divertisse et l'ennuie à son tour,
On n'a point de mesure à prendre
Pour l'arrêter ou pour l'attendre.
L'Amour s'en plaint à tout propos;
Mais ce qu'il trouve de plus rude
Est que presque toujours il chasse le Repos,
Pour retenir l'Inquiétude.
La Ruse n'a que lâcheté
Et que malice pour partage;
Quand elle dit la vérité
C'est qu'elle est à son avantage.
L'Amour peut s'en servir à la prise d'un coeur,
Quoique bien souvent il s'abuse,
Car les services de la Ruse
Ne lui font jamais de l'honneur.
Or, ces guerrières se rendirent
Dans le lieu du conseil le jour qu'on avoit pris.
On y parla du coeur d'Iris,
Et quelques unes, d'abord, dirent
Qu'il étoit honteux à l'Amour
De laisser encor plus d'un jour
Cette place en état de pouvoir se défendre;
Qu'il falloit désormais ou périr ou la prendre;
Qu'en vain l'Amour avoit fait tant d'exploits
Si ce coeur refusoit d'obéir à ses lois.
Quelques autres, plus retenues,
Leur répondirent hautement
Que bien que ces raisons fussent assez connues,
On devoit agir prudemment;
Qu'on ne prenoit pas de la sorte
Une place si forte,
Et que le coeur d'Iris
Pouvoit bien plus d'un jour
Opposer ses remparts aux forces de l'Amour;
Que la place étoit bien gardée,
Que par la Vertu même elle étoit commandée,
Et que l'Amour avoit été battu
Plus d'une fois par la Vertu.
L'Amour avoit trop de courage
Pour s'arrêter à cet avis,
Et, sans haranguer davantage,
Il voulut que les siens fussent d'abord suivis.
La Valeur lui faisoit entendre
Qu'il est beau de tout entreprendre
Pour posséder le coeur d'Iris,
Et tenoit pour indubitable
Qu'il n'est point de coeur imprenable,
Et qu'il doit prendre un jour tous ceux qu'il n'a pas pris.
Rempli de ce désir, ce conquérant s'apprête
A cette importante conquête.
Il veut mettre en effet ses généreux projets,
Et pour montrer à tous qu'il peut ce qu'il désire,
Il commande à l'instant qu'on arme ses sujets,
Dans tous les lieux de son empire.
La Vertu, qui voyoit un effort si puissant,
Craignoit d'être contrainte à céder la victoire;
Et pour mettre remède à ce danger pressant,
Elle fit avertir la Gloire.
La Gloire[18] a de l'honneur et de la probité;
Jamais le malheur ne l'étonne;
Elle songe toujours à l'immortalité,
Et ne fait que ce qui la donne.
Elle aime la Vertu, mais c'est du fond du coeur;
La Vertu l'aime aussi comme sa propre soeur;
Elles sont deux et ne sont qu'une.
Souvent l'une pour l'autre elles ont combattu,
Et l'on a vu souvent la Gloire et la Vertu
Faire tête à la Fortune.
Si la Gloire aimoit les appas,
La Vertu, cette guerrière aimable,
Quand l'Amour étoit raisonnable,
Ne le haïssoit pas.
Il est vrai qu'autrefois ils avoient eu querelle:
L'Amour l'ayant choquée en cent occasions,
La Gloire avoit aussi blâmé ses actions,
L'ayant même traité d'ingrat et d'infidèle;
Mais dans leur amitié sincère et mutuelle
La Gloire avoit aussi servi l'Amour
A gagner plus d'une victoire,
Et l'Amour avoit à son tour
Travaillé souvent pour la Gloire.
Mais cependant l'Amour, pour ne perdre le temps,
Commande à la Renommée
De faire venir son armée,
Et dans deux jours se met aux champs,
Et divise en trois corps ses troupes amoureuses.
Il choisit les plus belliqueuses
Pour les ménager prudemment;
Il étoit lui-même à leur tête,
Prêt à combattre vaillamment
Pour une si belle conquête.
Il prétend à tout prix
Soumettre le coeur d'Iris.
Il se fondoit sur son expérience,
Sur son adresse et sa vaillance.
Dès qu'on met l'Amour en jeu,
Il n'entend plus raillerie,
Et ne dresse jamais aucune batterie
Qu'à dessein de faire grand feu.
Dans sa marche il fit paroître
Qu'il est toujours très puissant,
Car il conquit en passant
Les coeurs qu'il put reconnoître;
Il emporta d'assaut le coeur d'Amarillis[19],
Il prit celui d'Aminthe[20] et celui de Philis[21],
Il accepta les clefs de celui de Climène[22]
Et celui de Cloris[23] le reconnut sans peine.
Ces coeurs n'étoient pas assez forts
Pour soutenir un siége et pour se bien défendre:
Aussi l'Amour, pour les prendre,
Ne fit pas de grands efforts.
Enfin les troupes se rendirent
Auprès du coeur d'Iris, qui ne les craignoit pas,
Et par les formes l'investirent
Après avoir donné quelques légers combats.
Le coeur d'Iris est fait sur un parfait modèle;
C'est une place forte, aimable, noble, belle,
Qui va même de pair avec les plus grands coeurs;
Elle n'est en état que depuis quatre lustres,
Mais le sang de ses fondateurs
Tient rang depuis long-temps parmi tous les illustres[24].
Cette place a de beaux dehors
Et cinq portes très régulières.
La porte de la vue est une des premières,
Et ne sauroit céder qu'à de puissants efforts.
C'est là que sans cesse se montrent
Une troupe de doux regards,
Qui, sans avoir nuls égards,
Volent innocemment tous ceux qui s'y rencontrent.
Cent fois l'Amour, ce conquérant rusé,
Après s'être bien déguisé,
Voulut entrer par cette porte;
Mais la Vertu, qu'on trompe rarement,
Le reconnut toujours déguisé de la sorte,
Et le chassa honteusement.
La porte de l'Ouïe est étroite et petite;
Il faut passer par cent jolis détours,
Et c'est en vain qu'on sollicite
D'y pouvoir entrer tous les jours.
On n'entre pas dès qu'on ose y paroître,
Il faut parler et se faire connoître.
Celle du Goût a ses beautés,
Et mille régularités;
La nature la fit avec un soin extrême,
C'est un ouvrage sans égal,
Et cette porte, enfin, d'ivoire et de corail,
S'ouvre à propos et se ferme de même.
Celle de l'Odorat exhale des odeurs
Plus douces que celles des fleurs.
La porte du Toucher est extrêmement forte;
Mais tout le monde sait, sans en être surpris,
Que ce n'est point par cette porte
Qu'on entre dans le coeur d'Iris.
Enfin cette place fameuse
Par son assiette avantageuse
N'est pas difficile à garder,
Et l'on a toujours pu connoître
Qu'on n'y prétend souffrir qu'un maître,
Et que la Vertu seule à droit d'y commander.
C'est aussi la Vertu qui défend cette place,
Avec mille beaux sentiments.
L'Amour sans cesse la menace,
Mais elle rit de ses emportements.
Cette personne incomparable,
Parfaite en tout, partout aimable,
Rejettoit tous ses favoris,
Et le monde seroit dans une paix profonde,
Si, comme dans le coeur d'Iris,
La Vertu commandoit dans tous les coeurs du monde.
Huit guerrières servoient, presque en toute saison,
D'officiers dans la garnison.
L'on y voyoit toujours la Force, la Prudence,
La Justice, la Tempérance,
L'Indifférence et la Tranquillité;
L'on y trouvoit la Modestie,
Et l'Amitié, qu'un peu de sympathie
Rend semblable à l'Amour par bien plus d'un côté.
L'Amour, pour les gagner, mettoit tout en usage;
Mais il en connoissoit la vaillance et l'honneur.
Ce n'est pas un petit ouvrage
Que d'attaquer un noble coeur.
Comme il a de l'expérience,
Il distribua les quartiers,
S'empara des hauteurs, des bois et des sentiers,
Avec beaucoup de diligence.
Tous ses retranchements n'avoient aucun défaut.
L'ennemi ne pouvoit lui dresser aucun piége,
Car il étoit alors aussi savant en siége
Qu'il étoit heureux en assaut.
Son courage étoit grand, son soin étoit extrême;
Il voyoit ses travaux lui-même,
Et ce conquérant, à son tour,
Employoit son adresse à remuer la terre,
Pour persuader que l'Amour
Est infatigable à la guerre.
Cependant, sur le prompt avis
Que la Gloire[25] eut du siége et de la guerre ouverte,
Elle se dépêcha d'aller au coeur d'Iris,
Pour empêcher les deux partis
De courir à leur perte.
Depuis longtemps elle savoit
Que la Vertu n'avoit point de foiblesse,
Qu'elle écoutoit tous ses conseils sans cesse,
Et que l'Amour quelquefois les suivoit,
Mais que l'Amour, étant opiniâtre,
Ou battroit, ou se feroit battre.
Elle eût voulu que la Vertu
Eût traité l'Amour sans rudesse,
Et que l'Amour eût combattu
Par le conseil de la Tendresse.
Le plus grand de tous ses souhaits
Etoit de presser une paix
Où tous les deux partis eussent de l'avantage:
Le monde l'espéroit, et l'on disoit partout
Que la Gloire étoit assez sage
Pour en pouvoir venir à bout.
L'Amour n'étoit pas sans peine,
Il redoutoit les assiégés,
Et ses gens étoient affligés
De voir son entreprise vaine.
Il prétendoit tout hasarder,
Il ne manquoit ni d'ardeur ni d'audace,
Et vouloit par assaut emporter cette place,
Croyant que la Vertu ne pourroit la garder.
Il fut la reconnoître et résolut ensuite
De l'attaquer des deux côtés:
Il se fondoit sur sa conduite,
Mais souvent il en manque et fait des nullités.
La porte de l'ouïe et celle de la vue
Lui parurent foibles d'abord;
Mais sur ce point l'Amour se trompa fort,
Car la place étoit bien pourvue.
Les assiégés à tous momens
L'incommodoient dans ses retranchemens;
Et, quoiqu'il fît toutes choses possibles,
Ils étoient toujours invincibles;
Ils regardoient avec indignité
L'Espérance et la Propreté;
Ils se moquoient de la Tendresse[26],
Ils repoussoient la Hardiesse,
Et sans relâche ils s'opposoient
A ce que les autres faisoient.
Encor que l'Amour soit habile,
Et qu'il puisse achever tout ce qu'il entreprend,
Il vit bien qu'il est difficile
De prendre un coeur que la Vertu défend.
Ces guerrières pourtant, quoiqu'alors malheureuses,
Faisoient leur devoir constamment;
L'Inquiétude seulement,
Par façons séditieuses,
Les troubloit indirectement;
Son humeur toujours inconstante,
A qui tout plaît et que rien ne contente,
Donnoit de la peine à l'Amour;
De tout ce qu'on faisoit elle étoit offensée,
Il ne se passoit point de jour
Qu'elle ne changeât de pensée.
Quant à la Jalousie, elle étoit sans emploi,
Quoique l'Amour l'eût avec soi,
Et quoiqu'elle en fût bien traitée.
La Ruse, qui veille toujours,
Fit une mine en peu de jours,
Mais la mine fut éventée.
L'Amour[27] étoit au désespoir
De voir que la Vertu méprisoit son pouvoir;
Mais une fortune contraire
Changea le vainqueur en vaincu,
Et fit connoître, en cette affaire,
Que souvent la Fortune aide peu la Vertu;
Car la Tendresse, étant suivie
Des Soins, des Soupirs et des Pleurs,
Malgré cent nobles défenseurs,
Gagna la porte de l'Ouïe.
Les assiégés crurent d'abord
Que tout cédoit à cet effort,
Et la surprise fut si grande
Que leur courage en fut presque abattu;
Mais rien n'ébranle la Vertu
Lorsque c'est elle qui commande.
Durant ces mouvemens, quelques légers Soupirs,
Courant au gré de leurs désirs,
Rapportent à l'Amour qu'on voit dans la campagne,
Un gros de gens qui viennent sur leurs pas.
L'Amour, que la peur accompagne,
Se vit d'abord dans l'embarras;
Il reprend coeur, il s'arme en diligence
Pour voir qui sont ces ennemis,
Et plus ce gros de gens s'avance
Plus l'Amour demeure surpris.
Mais il l'est plus qu'on ne peut croire
Lorsqu'il voit que ce gros accompagne la Gloire,
Et qu'elle s'en détache afin de l'embrasser.
Pour répondre à ces soins il s'avance, il se presse,
Et, chacun les laissant passer,
Ils se rendent tous deux caresse pour caresse.
Les complimens durèrent tout le jour;
Celui d'après, la Gloire vit l'Amour
Et lui parla de paix dès cette conférence.
L'Amour fit de la résistance,
Lui remontra qu'il étoit en pouvoir
De vaincre et de tout entreprendre,
Et par des raisons lui fit voir
Que la Place devoit se rendre;
Mais la Gloire lui fit entendre
Que bien souvent un noble désespoir
Fait faire des efforts qu'on ne sauroit comprendre.
Il se laisse toucher à ce zèle pressant,
Et sans différer il consent
Que la Gloire se satisfasse.
On fait trois jours de trève, et la Gloire d'abord,
Pour mettre enfin l'Amour et la Vertu d'accord,
Se présente devant la place.
Mais quels plaisirs ne goûte pas
Un coeur que la Vertu possède,
Quand la Gloire avec ses appas
Se présente et vient à son aide!
La Vertu la reçut avec empressement,
Lui donna d'abord audience;
Il est vrai que par bienséance
Tout se passa publiquement.
Le monde sait que d'ordinaire
La Vertu n'a point de secret,
Et qu'elle auroit bien du regret
Si chacun ne voyoit tout ce qu'elle veut faire.
Pour persuader la Vertu,
La Gloire mit tout en usage,
Et lui fit voir qu'elle avoit combattu
Jusqu'alors à son avantage;
Qu'elle ne seroit pas moins sage[28]
Pour être bien avec l'Amour,
Et que peut-être à son dommage
Il faudroit y venir un jour;
Que ce n'étoit pas une honte
De céder à ce conquérant;
Qu'elle même étoit son garant,
Et que le coeur d'Iris y trouveroit son compte;
Qu'il falloit céder au vainqueur
De l'air, de l'onde et de la terre,
Et que la paix, en matière de coeur,
Valoit cent fois mieux que la guerre.
Enfin la Gloire agit avec tant de douceur,
Avec tant d'adresse et d'ardeur,
Qu'on reçut ses conseils comme de vrais oracles.
La Vertu répondit par des remercîmens,
Et prit un jour pour vaincre les obstacles
Que pouvoient apporter ses nobles sentimens.
Alors, la Gloire crut qu'il étoit nécessaire
Qu'Amour fût instruit de l'affaire.
L'Amour lui répondit qu'il tiendroit à bonheur
Qu'elle voulût lui rendre office:
L'Amour acquiert bien de l'honneur,
Lorsque la Gloire agit pour lui rendre service.
Cependant le Conseil s'assemble au coeur d'Iris,
Et la Vertu prend les avis
Pour rendre réponse à la Gloire.
On conclut à la paix, et dès le même jour,
Ce qu'on ne peut qu'à peine croire,
Le coeur d'Iris hait moins l'Amour.
Ensuite on parle, on demande, on propose,
Et pour ne perdre pas le temps,
La Gloire règle toute chose
Et fait dresser les articles suivans._