LE JUGE.--Taisez-vous. Vous parlerez à votre tour. (Il lit.)

«Je soussigné, Isidore Paturon, promets par la présente à Mᵐᵉ Bascule,

ma bienfaitrice, de ne jamais la quitter de mon vivant, et de la servir

avec dévouement.

«Gorgeville, le 5 août 1883.»

LE JUGE.--Il y a une croix comme signature; vous ne savez donc pas

écrire?

ISIDORE.--Non. J’ sais point.

LE JUGE.--C’est vous qui l’avez faite, cette croix?

ISIDORE.--Non, c’est point mé.

LE JUGE.--Qu’est-ce qui l’a faite, alors?

ISIDORE.--C’est elle.

LE JUGE.--Vous êtes prêt à jurer que vous n’avez pas fait cette croix?

ISIDORE, avec précipitation.--Sur la tête d’ mon pé, d’ ma mé, d’ mon

grand-pé, de ma grand’ mé, et du bon Dieu qui m’entend, je jure que

c’est point mé. (Il lève la main et crache de côté pour appuyer son

serment.)

LE JUGE, riant.--Quels ont donc été vos rapports avec Mᵐᵉ Bascule, ici

présente?

Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 15 · 第 24 / 51 题