Au cours de ces dernières années, l'empire allemand a subi, au point de
vue démographique, une transformation aussi radicale qu'inattendue: de
pays d'émigration, il est devenu pays d'immigration.
Ce fait ressort avec évidence d'un rapport de M. Olaine, consul général
de France à Francfort.
En 1881, l'émigration allemande atteignait son maximum: 220.902
émigrants, soit 4,80% de la population totale de l'empire à cette
époque. En 1910, ce chiffre était tombé à 25.531, soit à 0,39 de la
population.
En même temps se produisait le phénomène inverse, et le nombre des
immigrants en Allemagne augmentait régulièrement, ainsi que le montre ce
tableau:
/*
Hommes. Femmes. Total.
1890...
244.093 189.168 433.264
1895...
270.908 215.282 486.190
1900...
464.274 314.463 778.737
1905...
599.320 429.240 1.028.560
1910...
716.994 542.879 1.259.873
*/
Ainsi, la population de l'Allemagne augmente, non seulement du fait de
sa forte natalité, mais encore par l'apport étranger. En 1907, sur
1.342.294 résidants étrangers, on comptait 515.176 Autrichiens, 286.761
Russes, 147.034 Italiens, 100.709 Hollandais, 04.829 Suisses, 40.718
Hongrois et 35.535 Français.
En ce qui concerne la répartition par métiers, on comptait, en chiffres
ronds, 800.000 travailleurs manuels, dont 440.800 appartenant à
l'industrie et 279.940 ouvriers agricoles.