LA DESTRUCTION DES BALEINES SUR LA CÔTE OCCIDENTALE D'AFRIQUE.

D'après une note de M. Gruvel, communiquée à l'Académie des sciences par

M. Edmond Porrier, la pêche des baleines et des grands cétacés prend des

proportions considérables, inquiétantes même, sur les côtes de l'Afrique

occidentale et, notamment, dans les parages de notre colonie du Gabon.

En 1910, M. Gruvel signalait l'abondance des cétacés dans cette région;

les armateurs français ne firent aucun profit de l'information, mais dès

1911, une société norvégienne arrivait à Cap Lopez avec un navire usine

de 6.000 tonneaux et deux bateaux chasseurs d'environ 180 tonneaux

chacun. En même temps, des Portugais s'installaient à Mossamédès.

La dernière campagne a été si fructueuse que les bénéfices n'ont jamais

été inférieurs à 20% du capital engagé; ils ont parfois atteint 100 pour

100, et même 400 pour 100 pour une société.

Étant donné que, pour couvrir les frais d'exploitation d'un bateau

chasseur et de sa part du navire usine, il faut 80 ou 100 grand

baleinoptères, on peut se faire une idée du nombre d'animaux détruits

que représentent de tels bénéfices.

Les principaux produits sont: l'huile, dont la meilleure qualité vaut

aujourd'hui 600 francs la tonne; la poudre de viande déshuilée, qui se

vend 200 francs; les fanons, dont le prix est tombé de 35 à 12 francs le

kilo.

En apprenant ces résultats, toutes les sociétés qui travaillaient dans

la mer du Nord, dans l'Antarctique ou en Australie, se sont ruées vers

l'Afrique. Actuellement, 30 sociétés, la plupart norvégiennes, sont

parties ou en partance pour la côte africaine; elles disposent de 90

bateaux chasseurs.

Dès lors, si on ne prend pas des mesures immédiates, la destruction sera

totale dans deux ou trois ans.

L'Illustration, No. 3675, 2 Août 1913 · 第 39 / 44 题