[Illustration: AU CAMP DE CHALONS (1er juin).--Sur la crête Niel:
l'artillerie de 75 tire sur la cavalerie et l'infanterie simulées par
des silhouettes. Photographie prise de la tente royal.]
[Illustration: L'ARRIVÉE DU ROI ALPHONSE XIII (30 mai).--Vue panoramique
du cortège sur le pont et la place de la Concorde. Photographie prise du
toit du Palais-Bourbon.--_Cliché le Deley._]
[Illustration: Le tournant du Gendarme et ses abords vus à vol
d'oiseau,--Phot. de M. Bliès.]
[Illustration: Le tournant du Gendarme vu de l'extérieur].
[Illustration: Deux vues du tournant de la Baraque].
AVANT LA COUPE GORDON-BENNETT: LES "TOURNANTS DANGEREUX" DU CIRCUIT
D'AUVERGNE _Photographies de notre envoyé spécial._
[Illustration: Descente et tournant dans le village de Rochefort.]
[Illustration: Le tournant de la Remise, vu de l'intérieur.]
[Illustration: Le tournant de la Remise, vu de l'extérieur.]
[Illustration: Le Grand Tournant.
AVANT LA COUPE GORDON-BENNETT: LES "TOURNANTS DANGEREUX" DU CIRCUIT
D'AUVERGNE _Photographies de notre envoyé spécial._]
[Illustration: Le baron Alphonse de Rothschild.]
[Illustration: Tombeau de la famille de Rothschild au Père-Lachaise.]
[Illustration: Devant l'hôtel de Rothschild, 19, rue Laffitte: la levée
du corps.]
[Illustration: 1 2 3 4 5 6 7 8 9
1. Baron James-Armand de Rothschild.--2. Baron Léopold de
Rothschild.--3. M. Maurice Ephrussi.--4. Baron Albert de Rothschild.--5.
Baron Leonino.--6. Dr Henri de Rothschild. 7.--Lord Rothschild.--8.
Baron Édouard de Rothschild, fils du baron Alphonse.--9. Baron Gustave
de Rothschild.
Les membres de la famille de Rothschild suivant le cortège funèbre. LES
FUNÉRAILLES DU BARON ALPHONSE DE ROTHSCHILD, MORT A PARIS LE 26 MAI.]
[Illustration: M. Coppolani en conférence avec des chefs indigènes, dans
son cabinet, à Saint Louis du Sénégal.]
Parmi les nombreuses missions qui sillonnent actuellement le territoire
de notre empire africain, l'une des plus pacifiques, mais non l'une des
moins utiles, était celle que M. Roume, gouverneur général de l'Afrique
occidentale française, avait confiée, depuis quelques mois déjà, à M.
Coppolani, secrétaire des colonies de première classe.
Elle consistait à réorganiser, sous le nom de Mauritanie occidentale, ce
qu'on appelait auparavant le protectorat des Maures de la rive droite du
Sénégal; en réalité, ces tribus maures échappaient à notre influence et
ne permettaient à nos négociants de commercer avec elles que moyennant le
payement à leurs chefs, par notre gouvernement, de certains subsides
appelés «coutumes».
Le côté précaire de cette situation, qui laissait le champ libre aux
pillages fréquemment exercés par ces tribus, n'avait point échappé à M.
Roume, qui désirait supprimer les coutumes, mais appointer en échange
les chefs chargés désormais de percevoir, à notre profit, les impôts
usités en pays musulman. C'est au cours des négociations toutes
pacifiques engagées dans ce but avec les Maures du Tagant que M.
Coppolani a été tué à bout portant d'un coup de fusil à l'avant-bras
droit et à la poitrine, par un groupe de Maures dissidents qui ont fait
irruption dans le poste de Tikidja.
[Illustration: M. Coppolani.--_Phot. Pierre Petit._]
Les agresseurs ont d'ailleurs été repoussés après une courte lutte qui a
coûté aux nôtres deux tirailleurs tués et onze blessés. Le capitaine
Frèrejean a pris immédiatement le commandement de la mission en
attendant l'arrivée du lieutenant-colonel Montané, chef d'état-major,
nommé commissaire de Mauritanie par M. Roume.
L'oeuvre de la mission, qui avait déjà réussi à gagner plusieurs chefs
religieux et à créer sept petits postes militaires, ne sera point
compromise par la mort de son chef.
Les Trarzas et les Braknas, en effet, avaient déjà été gagnés à notre
cause et, seuls, les Edouaïchs restaient à convaincre. Duallata, dans
l'Adrar, dernier objectif de la mission, ne sera pas atteint.
Mais il faut surtout déplorer vivement la disparition du fonctionnaire
d'avenir qu'était M. Coppolani, arabisant distingué, connaissant à fond
le monde de l'islam, homme de décision et d'énergie autant que de
prudence.
[Illustration: M. Coppolani conférant en plein air avec les chefs des
Maures Trarzas.]
[Illustration: L'artillerie de la mission.--_Photographies communiquées
par la famille de M. Coppolani._]
L'ASSASSINAT DE M. COPPOLANI PAR DES MAURES DE LA RIVE DROITE DU
SÉNÉGAL.
_Mouvement littéraire_.
_Lettres et Papiers du chancelier comte de Nesselrode_ (Lahure, 3
volumes à 7 fr. 50 chacun).--_Mon Journal pendant la guerre 1870-1871_,
par la comte d'Haussonville (Calmann-Lévy, 7 fr. 50).
Le comte de Nesselrode.
Guillaume de Nesselrode, père du chancelier, était d'origine allemande.
Après avoir servi le saint-empire romain, il vint en France sous le
patronage de Choiseul, et se rendit à la cour de Frédéric, où il trouva
beaucoup d'honneurs, mais peu d'argent, si bien qu'il la quitta pour se
présenter à la grande Catherine. A partir de ce moment, il appartint
complètement, ainsi que sa famille, à la Russie, qui lui confia
plusieurs missions diplomatiques. Il finit par se retirer à
Francfort-sur-le-Mein, par où passaient tant de voyageurs et où
affluaient toutes les nouvelles.
C'était un homme instruit, expérimenté bel esprit même, possédant la
science de la vie, que Guillaume de Nesselrode. Il écrivait dans un
français assez correct et toujours fort piquant. Son fils Charles, qui
devait mener, pendant tant d'années, sous Alexandre 1er et sous le grand
Nicolas, la politique étrangère de la Russie, s'y prépara de bonne
heure, dans les légations et les ambassades. En 1801 et 1802, nous le
voyons à Berlin, en sous-ordre, mais examinant les hommes, jugeant les
événements et rendant compte de tout à son père Guillaume qui, avec une
sagesse souriante et détachée, continue de le guider. De Berlin, à la
fin de 1802, il est transféré à la Haye, d'où il observe fort bien tout
ce qui se passe en Europe. Pas plus que son père il n'aime Bonaparte,
qu'il appelle M. Bonaparte, comme Joséphine Mme Bonaparte. Mais il rend
justice aux grandes qualités de l'empereur, à son esprit de décision, à
la promptitude de son action, si fort opposés aux lenteurs de l'Autriche
et de la Russie. Comme Charles de Nesselrode a habité Berlin, il sait la
duplicité qui y règne et combien il faut peu compter sur un concours
effectif de la Prusse. Avant Ulm et Austerlitz (1805), le gouvernement
prussien tergiverse, promet et ne tient pas. A Vienne, qu'il traverse; à
Paris, où nous l'apercevons en 1807 comme secrétaire d'ambassade,
Charles de Nesselrode achève de faire ses études de _Psychologie des
peuples_, et de se préparer à sa grande fortune. En 1810, il a
l'agrément d'assister au mariage de Napoléon avec Marie-Louise; il
s'empare, moyennant finances, de certaines pièces importantes; il se
renseigne secrètement sur les vues de Napoléon et sur ce qui se passe
dans l'entourage de l'empereur; il loue la modération de Fouché et
regrette sa disgrâce (1810); il sent, en 1811, l'orage qui va fondre sur
la Russie et surveille, sur le visage même de Napoléon, les marques
croissantes de mauvaise humeur. Dans ses lettres à M. de Spéranski il a
déposé toutes ses observations. Ce fut dans l'automne de 1811 qu'il
quitta Paris d'où il avait envoyé à son gouvernement tous les faits
qu'il avait pu recueillir et deviner. Là s'arrête le troisième volume
publié par les soins de la famille de Nesselrode.
1870-1871.
M. d'Haussonville fut le confident de M. Thiers. Avec soin il note, au
début de la guerre, ses visites à l'homme d'État et reproduit ses
conversations. Après les premiers désastres, M. Thiers qui les avait
prévus et qui, dès 1866, avant Sadovva, avait marqué les moyens de les
conjurer, était devenu le centre de tout. Républicains, conservateurs,
avaient les yeux sur lui et prenaient ses conseils. Cette situation
unique apparaît vivement dans les souvenirs de M. d'Haussonville. La
pensée politique qui guida M. Thiers, des préliminaires de paix signés,
se dessine déjà dès le mois d'août 1870. Les princes d'Orléans, venant
offrir leurs services et accourant à Paris, le gênent considérablement.
Il les engage au départ. Sa voix prend même, dans la circonstance, un
accent d'irritation fort marqué. Tout ce qui peut amener quelque
division et déranger le terrain d'entente qui lui semble être la
république, M. Thiers fait tout pour l'écarter. Peut-être même, à
l'égard des princes, va-t-il plus loin et n'a-t-il pas à leur endroit
beaucoup de sympathie. Au fond, le siège de M. Thiers est fait, son plan
bien tracé. Tel il est ici, tel nous le verrons, de 1871 à 1873,
luttant, à l'Assemblée nationale, contre la droite et contre tout projet
de restauration monarchique. Bien différent se montre M. d'Haussonville:
il est plein de déférence pour le futur président de la République; il
voit M. Jules Favre, M. Jules Simon, le général Trochu lui-même,
s'attache au gouvernement de la défense nationale, essaye de le
conseiller, le soutient parce qu'il le regarde comme un préservatif
contre la violence et contre l'anarchie, mais reste en même temps dévoué
à ses princes et les voudrait acceptés dans l'armée, ce qui leur serait
utile probablement pour leurs projets ultérieurs. M. d'Haussonville
porte le képi de garde national, se rend aux remparts, assiste aux
scènes du 31 octobre, passe par toutes les espérances, participe à l'âme
commune et illusionnée de la foule. Avec son livre, qui s'arrête à la
fin de janvier 1871, on fait avec sûreté la psychologie de Paris pendant
le siège et, malgré les tristesses du sujet, on ne laisse pas que
d'éprouver une vive satisfaction littéraire à la lecture de ces pages
rapides, élégantes, aiguës par endroits et où s'affirme une belle
conscience d'honnête homme, un peu hautain parfois, mais singulièrement
impartial.