put être définitivement établie dans la région montagneuse qui s’étend
en arrière de Bandiagara : à la suite d’hostilités sans cesse
renaissantes, le _hogon_ de Pesséma dut être arrêté en 1908 et interné à
Nioro ; la révolte continuait cependant à couver dans certains
villages : l’administrateur d’Arboussier fut attaqué en 1909 dans les
gorges de Pélinga et, un peu plus tard, l’adjoint des affaires indigènes
_Veyres_ était assassiné au cours d’une tournée ; le commandant
_Cazeaux_ fut chargé en 1909-10 d’une colonne de répression au cours de
laquelle il fut grièvement blessé, mais qui se termina par la
pacification complète du pays, l’évacuation, par les indigènes jusque là
insoumis, de leurs repaires de la montagne et la création du poste de
_Sangha_. En septembre 1910, le gouverneur _Clozel_ visita toute la
région qui s’était insurgée l’année précédente et y ramena
définitivement le calme.
Quant aux Touareg, les derniers récalcitrants sont venus peu à peu à
nous. C’est ainsi qu’en 1903 Firhoun, chef des Oulmidden de la région
nigérienne, faisait sa soumission au lieutenant-colonel Dagneaud. Notre
ennemi le plus tenace, Abiddine, se livra en 1909 à des razzias sur nos
protégés, avec la complicité des Kounta de sa famille et de quelques
fractions d’Irréghanaten dissidents ; battu enfin à une centaine de
kilomètres au Nord de Mabrouk, au combat d’_Achourat_, où périt le
capitaine _Grosdemange_ (novembre 1909), il s’enfuit au Tafilelt. En s’y
rendant, il fut attaqué par nos troupes du Touat, qui lui infligèrent
une nouvelle défaite. La partie saharienne de notre domaine soudanais
paraît maintenant aussi tranquille et paisible que peut l’être une
région désertique propice aux lointaines randonnées et de surveillance
difficile ; en tout cas, les incidents qui pourraient s’y produire
encore ne sauraient plus guère avoir que l’importance d’actes de
brigandage isolés.
[Illustration : Carte 20. — La conquête du Soudan français.]
DELAFOSSE Planche XXIX
[Illustration : _Cliché Fortier_
FIG. 57. — Mopti, la Maison des Passagers.]
[Illustration : _Cliché Froment_
FIG. 58. — BANTCHANDÉ, roi des Gourmantché.]
[Note 366 : Une nouvelle compagnie privilégiée se fonda en 1783, sous le
nom de « Compagnie nouvelle du Sénégal et dépendances », mais le
gouverneur de la colonie n’en demeura pas moins nommé par le roi.]
[Note 367 : Faidherbe avait profité de son voyage pour signer, avec les
chefs du Khasso, du Kaméra et du Guidimaka, des traités nous autorisant
à naviguer librement entre Bakel et Médine.]
[Note 368 : Le corps des tirailleurs sénégalais venait alors d’être créé
par Faidherbe : il se composait d’un bataillon comprenant quatre
compagnies ; le nombre des compagnies fut porté à cinq en 1860 et à six
en 1861.]
[Note 369 : Paul Holle mourut à Médine en 1862 ; Faidherbe, lorsqu’il
vint, en 1863, comme général, reprendre le gouvernement du Sénégal, fit
élever dans l’enceinte du fort une pyramide portant une inscription qui
rappelle les hauts faits et la mort de Holle, de des Essarts et du
lieutenant Descemet ; ce dernier, aide-de-camp de Faidherbe, avait été
tué lors de la délivrance de Médine.]
[Note 370 : La même année, Faidherbe avait conclu à Saint-Louis, avec un
envoyé d’Ahmed-el-Bekkaï, nommé Mohammed-ben-Zine, un traité
garantissant la sécurité des Européens qui voudraient aller commercer
chez les Kounta de Tombouctou, du Hodh et de la Mauritanie. La conquête
du Massina et de Tombouctou par El-hadj-Omar rendit ce traité
pratiquement nul.]
[Note 371 : Bafoulabé fut défendu par le capitaine Ruault, assisté des
lieutenants Valentin et Lagarde et de 124 hommes ; les Toucouleurs, qui
avaient marché sur le poste après avoir attaqué un convoi conduit par le
capitaine indigène Mamadou Racine, furent mis en déroute en laissant 250
des leurs sur le terrain ; de notre côté, nous eûmes six tués et 37
blessés.]
[Note 372 : Voir page 284 du présent volume.]
[Note 373 : Bodian, rendu à la vie privée avec une pension de retraite,
alla se fixer à Sambagoré, près de Nioro.]
[Note 374 : Les spahis du capitaine Laperrine, au cours de cette
expédition, faillirent mettre la main sur Samori, que le capitaine
Vuillemot avait surpris à Faragaran et battu à Koloni.]
[Note 375 : En 1894 également, Ali-Kari, imâm de Bossé (Massina), leva
l’étendard de la révolte contre nous et contre notre protégé Aguibou ;
ses bandes furent anéanties par le capitaine Bonaccorsi.]
[Note 376 : Aguibou ne cessa d’éprouver des difficultés de plus en plus
grandes à gouverner le royaume que nous lui avions octroyé ; il n’y
avait que des adversaires, soit parmi les Peuls ennemis de sa famille,
soit parmi les populations autochtones, soit même parmi les Toucouleurs,
qui ne lui pardonnaient pas d’avoir trahi la cause de son frère Ahmadou.
Aussi, par arrêté du 26 décembre 1902 rendu sur la proposition de M.
Ponty, le Massina fut transformé en pays d’administration directe et
Aguibou, relevé de ses fonctions royales, reçut une pension qui l’aida à
finir ses jours d’une façon honorable. Il mourut en 1908.]
[Note 377 : Un troisième territoire militaire fut créé en 1900, celui de
Zinder ; c’est le seul qui subsiste aujourd’hui.]
[Note 378 : Je rappelle ici pour mémoire les noms des quatre gouverneurs
généraux de l’A. O. F. qui se sont succédé depuis la création du
Gouvernement général : MM. Chaudié (1895-1900), Ballay (1900-1902),
Roume (1902-1908) et Ponty.]
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE SECOND VOLUME
* * * * *
Pages
QUATRIÈME PARTIE : L’HISTOIRE 1
_Chapitre premier : le Soudan occidental avant notre ère_ 3
_Chapitre II : l’empire de Ghana (IVe au XIIIe siècles)_ 12
L’emplacement de Ghana 12
Le nom de Ghana 20
L’hégémonie judéo-syrienne (IVe au VIIIe siècles) 22
L’hégémonie soninké (VIIIe au XIe siècles) 25
Les Almoravides (XIe siècle) 32
L’empire de Ghana vers 1065 40
Décadence et fin de l’empire de Ghana (1076-1240) 53
_Chapitre III : l’empire de Gao (VIIe au XVIe siècles)_ 60
Gounguia siège de l’empire (690-1009) 60
La dynastie berbère des Dia à Gao (1009-1335) 64
La dynastie berbère des Sonni (1335-1493) 72
La dynastie soninké des Askia (1493-1591) 84
_Chapitre IV : les empires mossi et gourmantché_ 122
L’empire de Ouagadougou 124
L’empire du Yatenga 138
L’empire de Fada-n-Gourma 149
_Chapitre V : le royaume de Diara_ 154
La dynastie des Niakaté (XIe au XIIIe siècles) 154
La dynastie des Diawara (1270 à 1754) 155
_Chapitre VI : l’empire de Sosso ou du Kaniaga_ 162
_Chapitre VII : l’empire de Mali ou empire mandingue (XIe au 173
XVIIe siècles)_
_Chapitre VIII : le royaume peul du Massina_ 223
Dynastie des Diallo (1400-1810) 223
Dynastie des Bari (1810-1862) 231
_Chapitre IX : la domination marocaine à Tombouctou_ 240
Les pachas nommés par le sultan (1591-1612) 240
Les pachas nommés sur place (1612-1660) 253
La fin de la domination marocaine (1660-1780) 261
Histoire des villes de Tombouctou et de Dienné 268
_Chapitre X : les empires banmana de Ségou et du Kaarta_ 282
L’empire de Ségou (1660-1861) 282
L’empire du Kaarta ou des Massassi (1670-1854) 297
_Chapitre XI : l’empire toucouleur d’El-hadj-Omar_ 305
Les débuts d’El-hadj-Omar (1797-1848) 305
Les premières conquêtes d’El-hadj : de Dinguiray à Nioro 307
(1848-54)
De Nioro à Ségou (1854-61) 310
De Ségou à Hamdallahi (1861-62) 318
La mort d’El-hadj-Omar (1864) 321
Ségou sous le commandement des Toucouleurs (1861-90) 323
Nioro sous le commandement des Toucouleurs (1854-91) 332
Le Massina sous le commandement des Toucouleurs (1862-93) 335
_Chapitre XII : l’empire mandingue de Samori_ 341
_Chapitre XIII : l’empire de Tekrour et les Etats secondaires_ 352
L’empire de Tekrour 353
Le royaume du Galam ou Gadiaga 358
Royaumes du Bambouk, du Konkodougou et du Gangaran 359
Le royaume du Khasso 363
Le Tombola 364
Le Liptako 366
Les petits Etats de la haute Volta 368
Le royaume de Sikasso 373
Le Loudamar ou royaume des Oulad-Mbarek 377
_Chapitre XIV : l’exploration européenne_ 380
_Chapitre XV : l’occupation française_ 398
Les débuts de l’occupation du haut Sénégal (1698-1854) 398
La marche au Niger (1854-1880) 403
La grande conquête (1880-99) 409
L’organisation et la mise en valeur (1899-1911) 424
* * * * *
LAVAL. — IMPRIMERIE L. BARNÉOUD ET Cie.
Note du transcripteur :
Les changements dans l’ERRATA ont été aportés.
Page 6, " caravanes qui se dirigaient " a été remplacé par
" dirigeaient "
Page 22, " s’étendait vraisembablement pas " a été remplacé par
" vraisemblablement "
Page 44, " L’empeur prélevait un dinar " a été remplacé par
" L’empereur "
Page 63, " sorte de christianisme abârtardi " a été remplacé par
" abâtardi "
Page 68, " les assistant poussaients de " a été remplacé par
" assistants poussaient "
Page 70, note 77, " Bekri a vouler parler " a été remplacé par
" voulu "
Page 81, " petit village voivin de Kebbi " a été remplacé par
" voisin "
Page 96, " L’un deux, nommé Alou " a été remplacé par " L’un d’eux "
Page 97, " un javelot par derière " a été remplacé par " derrière "
Page 101, " rentra ausstiôt à Gao " a été remplacé par " aussitôt "
Page 103, note 108, " mentionnée sous es mêmes " a été remplacé par
" sous les "
Page 122, " leur territoiro n’ait jamais " a été remplacé par
" territoire "
Page 131, " jarres des bière de mil " a été remplacé par " de bière "
Page 132, " fils du Môhro-nâba, une fois " a été remplacé par
" Môrho-nâba "
Page 132, " confèrent le droit voler " a été remplacé par
" droit de voler "
Page 150, " qui fit constuire une maison " a été remplacé par
" construire "
Page 181, note 156, " l’évalution indiquée par Cadamosto " a été
remplacé par " l’évaluation "
Page 184, note 162, " cette indication est assument inexacte " a été
remplacé par " assurément "
Page 196, " qui avait le fait pélerinage " a été remplacé par " fait
le pélerinage "
Page 198, " musisiens jouaient du tambour " a été remplacé par
" musiciens "
Page 216, " les Peuls, mais il éprouvèrent " a été remplacé par
" ils "
Page 219, " Le sixème jour, après avoir " a été remplacé par
" sixième "
Page 220, " Ségou et assiéga durant trois ans " a été remplacé par
" assiégea "
Page 244, note 225, " par Djouder sur Issikak II " a été remplacé
par " Issihak "
Page 248, " pacha étai parti dans le " a été remplacé par " était "
Page 249, " Kabara en juillet 1898 " a été remplacé par " 1598 "
Page 250, " moment où l’_ashia_ Slimân " a été remplacé par
" l’_askia_ "
Page 273, " les lettres y étaient en grand honneur " a été remplacé
par " lettrés "
Page 311, " Omar envoya assitôt 1.500 " a été remplacé par
" aussitôt "
Page 337, " le général Achinard, qui entrait " a été remplacé par
" Archinard "
Page 346, note 325, " un fils de l’_almani_ " a été remplacé par
" l’_almami_ "
Page 354, " dernier empereur judéo-yrien " a été remplacé par
" judéo-syrien "
Page 364, " sucesseurs contre les Peuls " a été remplacé par
" successeurs "
Page 373, " non seulement des Séniérhè " a été remplacé par
" Siénérhè "
Page 376, " système militaire et adminisratif " a été remplacé par
" administratif "
Page 403, " y contruisait une forteresse " a été remplacé par
" construisait "
Page 410, " 9 janvier 1891, le colonel " a été remplacé par " 1881 "
De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et d’orthographe
ont été apportés.