Au-dessous du musée est une cour carrée, fermée par une galerie de
minces colonnettes qui vers le haut se courbent et se découpent en
trèfles, et font une bordure d’arcades. On a réuni sous cette galerie
toutes les antiquités du pays: fragments de statues romaines, bustes
sévères d’empereurs, vierges ascétiques du moyen âge, bas-reliefs
d’églises et de temples, chevaliers de pierre couchés tout armés sur
leur cercueil. La cour était déserte et silencieuse; de grands arbres
élancés, des arbrisseaux touffus, brillaient du plus beau vert. Un
soleil éclatant tombait sur les tuiles rouges de la galerie; une vieille
fontaine, chargée de colonnettes et de têtes d’animaux, murmurait près
d’un banc de marbre veiné de rose. On voyait une statue de jeune homme
entre les branches; des tiges de houblon vert montaient autour des
colonnes brisées. Ce mélange d’objets champêtres et d’objets d’art, ces
débris de deux civilisations mortes et cette jeunesse des plantes
fleuries, ces rayons joyeux sur les vieilles tuiles, rassemblaient dans
leurs contrastes tout ce que j’avais vu depuis deux mois.