I.

Je suis né dans un tonneau au fond d’un grenier à foin; la lumière

tombait sur mes paupières fermées, en sorte que, les huit premiers

jours, tout me parut couleur de rose.

Le huitième, ce fut encore mieux; je regardai, et vis une grande chute

de clarté sur l’ombre noire; la poussière et les insectes y dansaient.

Le foin était chaud et odorant; les araignées dormaient pendues aux

tuiles; les moucherons bourdonnaient; tout le monde avait l’air heureux;

cela m’enhardit; je voulus aller toucher la plaque blanche où

tourbillonnaient ces petits diamants et qui rejoignait le toit par une

colonne d’or. Je roulai comme une boule, j’eus les yeux brûlés, les

côtes meurtries, j’étranglais, et je toussai jusqu’au soir.

Voyage aux Pyrénées · 第 131 / 176 题