Au delà de Pau, s’étend un pays riant, doré de moissons, où le Gave tord
ses replis bleus entre des grèves blanches. Sur la droite, dans un voile
lointain de vapeur lumineuse, les Pyrénées lèvent leurs cimes dentelées
et les pointes nues de leurs rocs noirs. Leurs flancs, que les eaux
d’hiver sillonnent, sont parfaitement rayés et comme labourés par un
râteau de fer. On voit s’ouvrir le pays pittoresque et les grandes
montagnes; les clôtures des champs sont en galets roulés; dans leurs
fissures foisonnent des graminées ondoyantes, de jolies bruyères, des
touffes de sédums jaunes et surtout de petits géraniums roses qui
brillent au soleil comme des étoiles de rubis. On est tout porté à
chercher des nymphes; nous en rencontrons six dans un verger, non pas à
la vérité dansantes, mais crottées. Elles mangent du pain et du fromage,
et nous regardent la bouche béante, accroupies sur leurs talons.