Il n'est pas probable que le propriétaire aille le réclamer

Mise en vente de l'Hôtel Lambert.

Depuis un mois, on lisait sur une grande affiche jaune placardée à

profusion dans Paris:

«Adjudication en la Chambre des notaires de Paris, sise place du

Châtelet, par le ministère de Me. Mayre, l'un d'eux, le mardi 25 mai

1815, heure de midi, d'une grande et vaste propriété dite l'hôtel

_Lambert_, sise à Paris, île Saint-Louis, à l'angle formé par la rue

Saint-Louis et par le quai d'Anjou.» L'affiche signale cet hôtel comme

pouvant servir de demeure à un homme riche, présenter de grands

avantages à la spéculation, ou recevoir des usines. La mise à prix est

de 180.000 fr. Aucun acquéreur ne s'est présenté; le plus profond

silence a régné pendant que la première bougie, allumée par le crieur,

se consumait sur sa bobèche. Ainsi la destruction probable de l'hôtel

Lambert est ajournée, et ceux qu'intéressent les beaux-arts pourront,

durant quelques semaines encore, être admis à le visiter. C'est pour

stimuler leur curiosité que nous écrivons le présent article; c'est

aussi pour donner à nos lecteurs des départements une idée d'un édifice

qu'ils n'auront pas occasion de voir avant sa démolition, dépouillé

d'une partie de ses richesses artistiques, dégradé par le temps et par

les hommes, l'hôtel Lambert n'en est pas moins un magnifique échantillon

de l'architecture du dix-septième siècle.

[Illustration: (Hôtel Lambert, voûte de la grande galerie.--Hercule

délivrant d'un monstre marin Hésione, fille de Lacomédon, roi de

Troie.)]

[Illustration: (Hôtel Lambert, voûte de la grande galerie.--Combat

d'Hercule et de Pirithous contre les Centaures, qui ses avaient surpris

durant un sacrifice.)]

Les biographes, très-laconiques sur le compte de Nicolas-Lambert de

Torigny, disent seulement qu'au commencement du règne de Louis XIV il

occupait la place de président de la seconde chambre des requêtes au

Parlement de Paris.

Quelques poètes peu connus ont célébré ses vertus privées et son

intégrité comme magistrat. Mais il est difficile d'apprécier la

sincérité de ces éloges, et le mérite le plus incontestable de

Nicolas-Lambert aux yeux de la postérité, c'est d'avoir voulu se bien

loger. Ses intentions furent merveilleusement servies par l'architecte

Louis Le Van. La façade, qui donne sur la rue Saint-Louis, est lourde et

triste assurément; mais quelle majesté dans l'hémicycle de la cour, dans

le fronton d'ordre dorique dans le large escalier à double rampe

sculptée! Si l'on contemple l'hôtel du côté du jardin, les bâtiments à

demi cachés par de verts massifs, les hautes fenêtres, les pilastres

ioniques, l'attique chargé de vases, l'aile qui, s'avançant vers la

pointe orientale de l'île, se termine en demi-cercle élégant, les

balcons de pierre garnis de balustrades en fer d'un riche travail, tout

cet ensemble frappe, étonne et saisit. Il n'est personne qui, voyant

cette imposante et gracieuse résidence, ne désire posséder 100.000 fr.

de rente, uniquement pour s'y installer. Nicolas Lambert songea à mettre

l'intérieur en harmonie avec le dehors, et comprenant toute la puissance

de l'émulation, il s'adressa à deux peintres rivaux, Eustache Lesueur et

Charles Lebrun. La grande galerie, décorée par ce dernier en 1649, est

la pièce la mieux conservée de l'édifice. Qu'on bouche deux ou trois

lézardes, qu'on ranime les dorures, qu'on lave les boiseries, et on la

retrouvera dans toute sa splendeur native. La conception générale des

ornements porte le cachet de cette époque mythologique, où l'on peignait

le roi de France en Apollon. L'artiste a supposé que la galerie était

disposée pour la célébration du mariage d'Hercule avec Hébé, déesse de

la jeunesse; au-dessus de la porte, que flanquent intérieurement deux

colonnes corinthiennes, Bacchus et Pan font les apprêts d'un opulent

festin. Cybéle, Cérès et Flore, assises sur des nuées, fournissent leur

contingent à la fête, et leurs suivantes déroulent de longues guirlandes

qu'ont savamment nuancées les pinceaux de Baptiste, l'un des plus grands

peintres de fleurs de l'école française. Au centre de la voûte, deux

tapisseries postiches représentent _Hercule délivrant d'un monstre marin

Hésione, fille de Lacomédon, roi de Troie_: et _le combat d'Hercule et

de Pirithous contre les Centaures, qui les avaient surpris durant un

sacrifice_. A l'extrémité orientale du plafond. Jupiter, Junon et les

autres dieux présentent à Hercule sa fiancée; puis le nouvel hôte de

l'Olympe, précédé par la Renommée, monte au ciel dans un char conduit

par Minerve. Les grisailles qui surmontent les corniches rappellent les

principaux exploits du dompteur de monstres. Entre les croisées de la

galerie et dans les trumeaux qui leur font face. Gérard Van Obstal,

d'Anvers, a modelé en stuc des thermes, des groupes d'enfants, des

aigles et des trophées. Les cadres opposés aux fenêtres contiennent des

paysages de différents maîtres.

[Illustration: (Hôtel Lambert.--Intérieur de la cour.)]

[Illustration: (Hôtel Lambert.--Vue prise du quai.)]

La composition gigantesque du plafond vaut les meilleurs morceaux de

Lebrun. Il y a rassemblé toutes ses forces, pour lutter contre une

formidable concurrence; mais quoiqu'il se fut montré supérieur à

lui-même, Lesueur lui fut supérieur. L'illustre peintre du _Cloître des

Chartreux_, se faisant mondain pour un homme du monde, comme il s'était

fait moine pour des moines, changea brusquement de manière, et s'attacha

au coloris, sans sacrifier le dessin. Il travailla neuf années entières

à la décoration de l'hôtel Lambert, et avec une application si soutenue,

qu'il mourut épuisé un an après, en 1655. L'auteur de la _Vie des

peintres_ prête à Lebrun cette phrase odieuse: «On enterre aujourd'hui

Lesueur; la mort vient de m'enlever une fameuse épine du pied.»

On raconte qu'un jour, des Italiens, visitant l'hôtel, rencontrèrent un

homme qui semblait comme eux attiré par la curiosité. Ils l'accostèrent,

et l'un d'eux lui désignant d'un côté les compositions de Lebrun, de

l'autre celles de Lesueur: «_Questo_, dit-il, «è una conglioneria, ma

quello ha d'un maestro italiano.» C'était à Lebrun en personne que

l'apostrophe s'adressait. Qu'on juge du dépit de l'artiste qui se

croyait le roi des peintres, parce qu'il était le peintre du roi.

Des tableaux qui avaient coûté la vie à Lesueur avaient trop de prix

pour n'être pas promptement échangés contre une valeur monétaire. Après

la mort de M. de La Haye, fermier-général, second propriétaire de

l'hôtel, on vendît les peintures du _Salon de l'Amour_ et du _Cabinet

des Muses_. Elles étaient au nombre de douze: _Naissance de l'Amour,

l'Amour présenté à Jupiter, Vénus irritée contre l'Amour, l'Amour

recevant les hommages des dieux, l'Amour dérobant les foudres de

Jupiter, l'Amour ordonnant à Mercure d'annoncer son pouvoir à l'univers,

les neuf Muses, Apollon confiant la conduite de son char à Phaéton_.

L'État acquit ce dernier tableau, plafond peint à fresque, qui fut

heureusement transporté sur toile; on le voit, ainsi que les cinq

compositions où sont réunies les Muses, dans la galerie du Musée royal.

De tous les travaux de Lesueur, il ne reste dans l'hôtel Lambert qu'une

grisaille presque effacée, placée dans un enfoncement sous l'escalier,

les grisailles de l'antichambre ovale du premier étage, et, dans une

pièce de l'attique, _l'appartement des bains_, quatre morceaux d'une

exécution charmante et d'une belle conservation: _Calisto, Diane et

Actéon, le Triomphe de Neptune, le Triomphe d'Amphitrite_. Le _Cabinet

des Muses_ n'a conservé que quatre tableaux, peints dans la voussure du

plafond par François du Perrier, l'un des meilleurs élèves de Lanfranc

et de Simon Vouet; ils représentent _Apollon poursuivant Daphnée, le

Jugement de Midas, la Chute de Phaéton_ et _le Parnasse_.

Les appartements de l'hôtel Lambert, malgré leur état de détérioration,

offrent encore un coup d'oeil imposant. Les propriétaires successifs, le

fermier-général Dupin, le marquis du Châtelet-Laumont. M. de Montalivet,

avaient pris des mesures pour l'entretien et la conservation de

l'édifice: mais, depuis trente ans, occupé par madame Lagrange,

institutrice, et par des fournisseurs de lits militaires, il a subi de

tristes destinées. Des ballots de laine, des piles de matelas, ont

encombré les plus beaux salons; une poussière blanchâtre, détachée par

la carde, a sali l'or des corniches, les arabesques des boiseries, les

solives sculptées des plafonds. Il y a au rez-de-chaussée un magnifique

salon; le plafond, divisé en neuf compartiments, est orné de sujets

mythologiques qu'entourent de somptueux encadrements; des peintures

surmontent les portes; des arabesques tapissent les lambris; mais tout

cela est vague, sale, indéchiffrable, si dénaturé, qu'on n'y reconnaît

la touche d'aucun maître, le caractère d'aucune époque.

Avant peu, on remettra l'hôtel Lambert en vente, en baissant la mise à

prix. Quels que soient les acquéreurs, sa démolition nous parait

inévitable. Les riches de vieille souche ont leurs manoirs; les

banquiers se soucient peu d'architecture et d'esthétique; qui donc

achèterait l'hôtel Lambert, si ce n'est un spéculateur empressé de le

mettre à bas? Serait-ce le gouvernement? Un artiste qui loge quai

d'Anjou. M. Fernand Boissard, en a écrit à M. le ministre de

l'Intérieur; il a plaidé la cause du vieux monument, l'indiquant comme

propre à loger la bibliothèque de la Ville. Le ministre a répondu avec

empressement, et s'est hâté d'avertir M. le préfet de la Seine. Ces

soins et ces démarches n'empêcheront pas l'hôtel Lambert d'être

renversé. On a reculé, avec raison peut-être, contre la dépense des

réparations; seulement on a songé à sauver les tableaux. Une députation

de dix personnes, envoyée par le ministère, a visité l'hôtel lundi

dernier, 22 mai. Elle en a examiné les peintures, et s'est ensuite

enfermée pour délibérer dans _l'appartement des bains_. Espérons qu'elle

aura prononcé une sentence favorable à Lebrun et à Lesueur.

Galerie des Beaux-Arts, au bazar Bonne-Nouvelle.

[Illustration: (Galerie Bonne-Nouvelle.)]

Jean-Paul raconte plaisamment qu'un pauvre diable avait établi à Vienne

un joli magasin de plumes de bécasses, mais qu'il ne put réussir, faute

de bécasses: on peut dire de même que cette nouvelle exposition de

tableaux, ouverte dans de belles galeries, toutes _pavées_ de bonnes

intentions, n'a pas réussi, faute de tableaux. Ces jeunes artistes, qui

avaient si hautement et si énergiquement proteste contre le jury du

Louvre, ont dédaigné d'accepter le moyen qui leur était offert de

prouver la légitimité et la justice de leurs plaintes: ils ont pensé

sans doute qu'à moins d'avoir un nom bien connu, une réputation déjà

vieille, comme MM. Corot et Boulanger, il y avait toujours, en France,

mauvaise grâce à se présenter aux yeux du public sous cette

recommandation: «On n'a pas voulu de moi.» Il arrive par suite que la

contre-exposition, qui devait avant tout prouver que le jury avait tort,

semble, au contraire, lui donner raison: sauf quelques rares exceptions,

les galeries des Beaux-Arts ne sont tapissées que d'effroyables croûtes,

peintures intimes, que l'on ne peut justement comparer qu'aux oeuvres

basses de la littérature contemporaine, c'est-à-dire aux choses du monde

les plus méprisables et les plus méprisées. Nous ne savons donc pas bien

encore à quoi nous en tenir sur les proscriptions du jury d'examen,

puisque cette classe d'artistes, lésée surtout par les arrêts

académiques du Louvre, n'a pas voulu comparoir devant le lit de justice

que l'on tenait précisément pour elle; les maîtres déjà célèbres devant

toujours trouver un publie pour leurs toiles refusées, ce qui importait

singulièrement, c'était de mettre au grand jour les oeuvres, sans doute

défectueuses, mais à coup sûr originales, de quelques jeunes gens,

inconnus hors des ateliers et du monde artistique.

_M.. Corot_ n'a pas voulu exposer dans les galeries des Beaux-Arts sa

grande toile de l'incendie de Sodome; un tout petit paysage se trouve

seul chargé d'y soutenir l'honneur de son nom. Ce paysage est un site

solitaire pris dans le Morvand: une jeune femme est assise au pied de

quelques arbres élancés et dégarnis de feuilles; à droite une chèvre, ou

plutôt une tête de chèvre apparaît au travers des broussailles; au

milieu on croit voir une flaque d'eau. M. Corot sent mieux la nature

qu'il ne la voit; il cherche la poésie du paysage dans les plus minces

détails, dans les aspects les plus insignifiants; il a pour les bois et

les eaux une tendresse virgilienne; mais s'il est vrai, comme prétend M.

Michelet, que les Églogues et les Géorgiques soient _humides_, cependant

nous ne sachions pas que cette humidité ait jamais pour effet

d'attrister les campagnes, de noircir les feuillages et de salir les

eaux. La nature s'enlaidit en se transfigurant sur les toiles de M.

Corot: les arbres deviennent maigres et pâles, les gazons se ternissent,

les horizons s'effacent; et, tandis que les paysages de M. Blanchard

pèchent par un excès de propreté, ceux de M. Corot semblent pécher par

le défaut contraire: «Passe encore pour ses bergères, disait un

plaisant; mais les feuilles! mais les fleurs!....»

_M. Marcel Verdier,--Châtiment des quatre piquets dans les colonies_,

«L'esclave condamné est attaché à plat-ventre, les bras et les jambes

étendus à quatre piquets fixés en terre. C'est dans cette position

violente et le corps nu qu'il reçoit le châtiment; l'instrument du

supplice est un fouet long de sept à huit pieds fixé à un manche

très-court.» A gauche du supplicié, se voit tranquillement assise la

famille du planteur; le maître du malheureux nègre fume son cigare d'un

air nonchalant et distrait, et pendant que le fouet coupe les chairs de

l'esclave et fait ruisseler son sang, un aimable sourire est sur les

lèvres de la jeune femme du planteur; les cris de la victime ne peuvent

troubler la pureté de son front, la clarté douce de son regard; son

enfant seul semble effrayé et se réfugie dans le sein de sa mère; mais

on prévoit déjà que son oreille se familiarisera bientôt avec ces

gémissements douloureux, que son oeil s'accoutumera de bonne heure à ces

horribles spectacles, et qu'un jour, lui aussi, il fumera paisiblement,

comme son père, devant le supplice de ses nègres.

Nous avons entendu dire que ce tableau, remarquable d'expression et de

dessin, fut rejeté par le jury, à cause du sujet même. On a craint

apparemment que la pitié publique ne fut trop vivement excitée par cet

affreux spectacle, et que les journaux _négrophobes_ n'accusassent le

peintre de chercher à soulever la haine populaire contre nos

malheureuses colonies. Cette explication seule, fort peu satisfaisante

d'ailleurs, pourrait motiver le rejet de ce tableau, qui vaut évidemment

mieux, et par le sentiment et par l'exécution, que beaucoup de toiles

historiques ou de genres admises, cette année, à l'Exposition du Louvre.

Parmi les autres tableaux que M. Marcel Verdier a envoyés aux galeries

Bonne-Nouvelle, nous avons surtout remarqué, sous le n° 223, un beau

portrait de M. G. de Labédollierre, l'un des plus spirituels

physiologistes des _Français peints par eux-mêmes_.

Nous eussions aussi aimé voir dans les galeries des Beaux-Arts les

tableaux et les sculptures de ces artistes distingués qui, rebutés par

d'injustes refus, ne veulent plus s'exposer désormais à de semblables

sévérités, _turpique repulsae_, et ne travaillent plus pour le public.

Chacun comprendra combien sont légitimes nos regrets en jetant les yeux

sur le bénitier dont nous donnons ici la gravure. Mademoiselle de

Fauveau est précisément un de ces artistes consciencieux, que les

rigueurs du jury semblent avoir à tout jamais dégoûtés de l'Exposition.

Mademoiselle de Fauveau envoya il y a deux ou trois ans à la commission

d'examen un charmant miroir avec un cadre merveilleusement ouvré.

Le miroir fut refusé, comme _meuble_; il y a pourtant au Salon plus

d'une toile dont personne assurément ne voudrait décorer les murs de son

antichambre; mais ne récriminons pas contre le passé. Mademoiselle de

Fauveau, aujourd'hui à Florence, patrie de Benvenuto Cellini, continue,

et nous l'en félicitons, à faire de ces _meubles_ dont le jury ne veut

pas. Le bénitier que nous illustrons ici suffit d'ailleurs à faire le

plus bel éloge du gracieux talent de cet artiste.--Mademoiselle de

Fauveau a voulu traduire sous une forme visible, sous une image vivante,

le verset de la prière: _Sub umbra alarum tuarum protege me_. Ce verset

est écrit au bas du bénitier afin que l'action pieuse de l'ange gardien

soit parfaitement comprise, et qu'il ne soit pas possible de croire,

comme faisait un Anglais, que son aile est uniquement étendue pour

garantir l'eau lustrale de la poussière. Sur les deux côtés de la

chapelle gothiques ont écrits en vieux caractères des vers de Clément

Marot qui paraphrasent naïvement le verset déjà cité.

[Illustration: Châtiment des quatre piquets, dans les colonies, par M.

Marcel Verdier.]

[Illustration: Un Bénitier par mademoiselle de Fauveau.]

Or du subtil arq des chasseurs,

Et de toute l'oultrance

Des pestiférés oppresseurs,

Te donra délivrance;

Seur seras sous son esle,

Sa deffense te servyra

De targe et de rondelle;

Si que de nuict ne craindras point

Chose qut espouvante,

Ne dard ne sagette qui poinct

De jour en l'air volante,

N'autenne peste cheminant

Lorsqu'en ténèbres sommes,

Ne mal soubdain exterminant

En plein midy les hommes.

Il nous restera à parler dans un dernier article, de quelques autres

tableaux, et principalement de _la Mort de Messaline,_ par M. Louis

Boulanger.

L'Illustration, No. 0013, 27 Mai 1843 · 第 6 / 22 题