NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Dresde, le 6 octobre 1813, neuf heures du matin.

«Mon cousin, le duc de Padoue me fait passer votre lettre, datée le 5 de

Lindenhain. J'avais reçu vos lettres précédentes. J'ai également reçu,

par le duc de Padoue, une lettre du prince de la Moskowa, du 4 à deux

heures après-midi.--Je vous ai déjà fait connaître que le troisième

corps était échelonné sur la route de Meissen à Torgau; il a dû être

concentré, aujourd'hui 6, à Torgau. Je serai ce soir à Meissen, avec

quatre-vingt mille hommes, ayant mon avant-garde à l'embranchement de la

route de Leipzig et de celle de Torgau. J'y recevrai vos lettres qui me

décideront à prendre l'une ou l'autre de ces routes. Les reconnaissances

envoyées hier sur la rive droite, jusqu'à dix lieues de Dresde, n'ont

trouvé que peu de monde, et le commissaire du cercle de Königsbruck nous

a instruit en détail des forces et du mouvement de l'armée

ennemie.--Comme le troisième corps est sous vos ordres, j'ignore la

direction que vous lui avez donnée; mais je suppose que demain matin je

serai parfaitement éclairé là-dessus.--Je me propose de me porter sur

Torgau, et de là de marcher sur la rive droite pour couper l'ennemi et

lui enlever tous ses ponts sans être obligé de lutter contre ses têtes

de pont. En marchant par la rive gauche, il y a l'inconvénient que

l'ennemi peut repasser la rivière et éviter la bataille; mais, dans

cette seconde hypothèse, nous pouvons déboucher par Wittenberg.--Au

reste, comme l'ennemi a l'initiative du mouvement, je ne pourrai me

décider sur le plan à adopter définitivement que lorsque je connaîtrai

l'état de la question le 6 au soir.

«NAPOLÉON.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (5/9) · 第 128 / 167 题