«Bitterfeld, le 4 octobre 1813, deux heures de l'après-midi.
«Mon cher maréchal, l'armée ennemie de Silésie, après avoir marché
presque sans interruption pendant cinq jours et cinq nuits, a jeté un
pont sur l'Elbe, vis-à-vis Elster, dans la nuit du 2 au 3, et a attaqué
hier, à sept heures du matin, le général Bertrand, qui occupait la forte
position de Wartenbourg, et qui, après s'être battu depuis sept heures
du matin jusqu'à six heures du soir, et après avoir fait éprouver à
l'ennemi une perte considérable, a dû se replier sur Klitzschena. Ma
droite se trouvant ainsi tournée par des forces très-supérieures, et
pouvant être attaquée sur les deux rives de la Mulde par l'armée du
prince de Suède, il m'a paru indispensable de me retirer sur Delitzsch.
Il est de la dernière importance que l'Empereur prenne sur-le-champ un
parti décisif: car, d'ici au 6, l'ennemi peut diriger plus de cent mille
hommes sur Leipzig. Les prisonniers faits par le général Bertrand
appartiennent aux corps de Langeron, Kleist et Sacken. La perte du
quatrième corps n'est pas considérable, parce que les troupes étaient
avantageusement postées derrière des digues et des abatis; mais la
division wurtembergeoise, qui était de quatorze cents hommes et qui
défendait le village de Blodding, a été presque entièrement détruite.
«J'occupe faiblement Düben: le reste de mes troupes est à Bitterfeld et
à Delitzsch.
«Maréchal prince DE LA MOSKOWA.»