«23 avril 1813.
«À l'instant où j'ai reçu l'ordre de partir de Hanau pour faire mon
mouvement sur Eisenach, n'ayant d'autre cavalerie que celle qui se
rassemblait à Hanau, et ignorant le mouvement de la garde, je fis choix
de deux détachements formant quatre escadrons complets; le premier de
ces détachements, composé des 5e, 8e et 9e de hussards; l'autre, des 7e,
11e, 12e et 16e de chasseurs, ce détachement m'ayant paru susceptible de
faire quelque service en l'employant avec ménagement et précaution. Il
paraît que l'Empereur a désapprouvé cette mesure et avait ordonné que
ces détachements restassent à Hanau, et j'ai reçu du général Millaud la
nouvelle qu'il avait donné aux détachements l'ordre de rétrograder,
d'après ceux de Sa Majesté. J'ai donc eu lieu d'être étonné de leur
arrivée avant-hier; c'est hier seulement que l'ordre de rétrograder leur
est parvenu. Comme il y a sept marches d'ici à Hanau, que ce serait une
fatigue à pure perte pour les chevaux et un temps perdu pour
l'instruction des hommes, j'ai pensé qu'il n'était plus convenable de
les faire rétrograder et j'ai fait choix pour eux de bons cantonnements,
où on les mettra promptement en état de bien servir. Le chef d'escadron
Reisey, qui commande le détachement de hussards, pense qu'en quinze
jours il le mettra en état de faire son service devant l'ennemi.
«J'avais donné l'ordre au général Dommanges de venir prendre le
commandement de ces deux détachements, par suite de l'ordre de Sa
Majesté, dont il a eu connaissance avant son départ de Hanau; il est
resté. Si, comme je le suppose, Sa Majesté approuve les dispositions que
j'ai prises de ne pas faire rétrograder ces corps depuis ici, il serait
utile que le général Dommanges, ou tout autre général de brigade ou
colonel, reçût l'ordre de venir afin qu'il y eût un chef pour les
surveiller et les commander.»