«22 avril, soir.
«Monseigneur, j'ai l'honneur de vous rendre compte qu'ayant fait à
Mulhausen la demande de quatre mille quintaux de farine pour
l'approvisionnement des troupes qui vont être campées à Langensalza et à
Eisenach j'ai reçu du préfet westphalien la réponse que, d'après les
ordres de son gouvernement, il ne devait rien fournir. Je prie Votre
Altesse de porter cette nouvelle extraordinaire à la connaissance de
l'Empereur, afin que Sa Majesté puisse donner les ordres qu'elle croira
convenables.
«J'ai aussi l'honneur de vous rendre compte que le général Friederick,
que j'avais envoyé à Bichhausen afin d'avoir des nouvelles de Cassel et
de poursuivre les détachements qui auraient pu s'avancer du côté de
cette place, me fait le rapport que le commandant de Bichhausen l'a
informé qu'un assez grand nombre de soldats d'infanterie westphalienne
se trouvaient journellement dans les environs, porteurs de permissions
signées des généraux. Il a paru extraordinaire à ce commandant que l'on
permît aussi facilement à des soldats de venir dans un pays exposé aux
incursions de l'ennemi, et la chose me paraît digne de remarque.»