«15 avril 1813.
«Je reçois, seulement, monsieur le duc, votre lettre du 12 et je vous ai
écrit, à l'arrivée du général Dommanges, pour vous dire combien
j'attachais de prix à ce que les troupes passassent promptement le Rhin
et vinssent s'établir dans les cantonnements, auprès de Hanau. Il y a
place pour recevoir tout ce que vous enverrez; mais, aujourd'hui que je
mets en mouvement mon infanterie, il y a encore plus de place.
«Je vous prie d'ordonner que tous les emplois de sous-officiers soient
remplis immédiatement dans les compagnies s'il y a des sujets propres à
les occuper; il faut aussi faire des propositions, pour les nominations
d'officier, de tous les sujets susceptibles d'être élevés en grade, car
les détachements ne pourront servir qu'autant que les cadres seront bien
complets. Un vieux corps bien instruit, dans lequel il y a peu de
sous-officiers et d'officiers, sert mal; un nouveau corps ne sert pas et
se détruit.
«Je pars de Hanau pour suivre mon infanterie; en conséquence, je ne
pourrai donc pas m'occuper de ce travail important. Je laisse ici le
général Millaud pour le faire momentanément. Je pense qu'il serait
convenable au bien du service de l'Empereur que vous vinssiez ici pour
faire ce travail, aussitôt que vous aurez fait passer le Rhin aux
troupes arrivées, et pris des mesures pour qu'aucune de celles qui
arriveront ne s'arrête sur la rive gauche; alors le général Millaud
viendrait près de moi pour commander tout ce qui serait disponible et
vous m'enverriez tout ce qui serait susceptible de faire un peu de
service. Je prendrai d'ailleurs des mesures pour l'instruction de ce
détachement que je désirerais que vous pussiez porter immédiatement de
mille à douze cents chevaux.
«Je vous prie de me faire connaître journellement vos opérations, afin
que je sache toujours sur quoi je peux compter et que je connaisse
quelles sont les troupes dont je puis disposer de suite, et à quelle
époque je pourrai faire usage du reste.»