«Saint-Cloud, le 14 avril 1813.
«Mon cousin, je reçois votre lettre du 11 avril, et j'y vois que, le 12,
la division Compans sera à Fulde, et que, le 12, la division Bonnet part
pour Eisenach. Elle aura donc pu y arriver le 15. Vous ne me parlez pas
du mouvement de votre troisième division. Je suppose que, le 15, cette
division sera aussi près de Fulde, et que, vous-même, vous aurez votre
quartier général sur Eisenach.--Gotha est un très-beau pays, où il est
nécessaire de faire sur-le-champ une réunion de farines.--Je suppose que
votre troisième division a déjà son artillerie; mais ce qui importe,
c'est que vous ayez au moins une ou deux compagnies d'artillerie légère
et vos batteries de réserve. Il faut beaucoup d'artillerie dans cette
guerre.--Vous devez avoir quatre-vingt-douze pièces de canon; mais seize
pièces étaient destinées à la quatrième division, qui ne peut pas encore
entrer en ligne: cela doit donc au moins vous faire soixante-seize.--Le
duc d'Istrie arrive avec une division de la garde à pied et une à
cheval, et environ cinquante-deux pièces. Ainsi ce corps d'armée,
formant provisoirement quarante mille hommes d'infanterie et six à sept
mille chevaux, aura donc cent vingt-huit pièces de canon.--La seconde
division d'infanterie de la garde, avec trente-huit pièces de canon, ne
doit pas tarder à le joindre.--Par une inconcevable disposition du
général Sorbier, seize compagnies, qui devaient arriver de Magdebourg,
sont en retard. Je suppose cependant qu'elles ne tarderont pas à
arriver. On y a pourvu néanmoins par le mouvement de quatorze autres
compagnies.--Je suppose que les premier et second bataillons du 37e sont
en marche pour rejoindre la division Bonnet, et que les troisième et
quatrième bataillons ne tarderont pas, ce qui, joint aux six bataillons
du général Durutte, provisoirement en subsistance dans cette division,
en portera le nombre à vingt bataillons. Il faudra en former trois
brigades, chacune de six à sept bataillons.
«NAPOLÉON.»