«Paris, le 7 avril 1813.
«Mon cousin, j'ai donné ordre que la division Bonnet se rendît à Fulde.
J'ai donné ordre que deux bataillons de Wurtzbourg, faisant partie de
la division Durutte, se rendissent de Wurtzbourg à Fulde, où ils seront
sous les ordres du général Bonnet.--Les quatre bataillons de la division
Durutte, qui sont à Mayence, se rendent également à la division Bonnet.
Le général Bonnet aura ainsi six bataillons de la division Durutte,
qu'il fera repasser à leur division aussitôt que cela pourra se faire
avec sûreté.--J'ai ordonné que le général Durutte, s'il était obligé de
quitter la Saale, se renfermât dans Erfurth, ce qui porterait la
garnison de cette place à cinq mille hommes.--Le général Bonnet doit se
mettre en communication avec le prince de la Moskowa à Wurtzbourg. Il y
a une route directe; faites-la reconnaître.--Il y a à Gotha un millier
d'hommes appartenant aux princes de Saxe, et neuf cent un hommes de ma
garde à cheval, commandés par le colonel Lyon. Ces troupes ne se
retireront que dans le cas où cela serait nécessaire, et où l'ennemi
ferait un grand mouvement par Dresde, ce qui ne paraît pas probable.--Le
général Bonnet tiendra une avant-garde à Vach-sur-la-Werra, et se mettra
en correspondance avec le général Souham, qui est à Meiningen, également
sur la Werra.--Faites reconnaître cette route; donnez ordre au général
Pernetti de fournir sans délai son artillerie à la division Bonnet. Il
est de la plus grande importance que cette division ait ses seize
pièces de canon.--Aussitôt que la division Bonnet aura son artillerie et
que la division Compans aura également ses seize pièces, vous pousserez
la division Compans sur Fulde et Bonnet sur Eisenach.--Faites connaître
à Gotha que les troupes de Saxe-Gotha et de Saxe-Weimar sont sous les
ordres du général Bonnet.--Si les neuf cents hommes de ma garde étaient
obligés d'évacuer Gotha, donnez ordre au général Bonnet de les retenir
avec lui.--Aussitôt que votre troisième division aura également son
artillerie, vous la dirigerez sur Fulde. Tous ces mouvements
préparatoires ont pour but de faire sentir à l'ennemi la présence de nos
forces et de l'empêcher de se porter sur le vice-roi, qui est, avec cent
mille hommes, en avant de Magdebourg.--Il paraît que vous ne pouvez pas
compter sur votre quatrième division, puisqu'elle ne sera formée qu'au
mois de mai ou de juin.--Faites-moi connaître la situation de vos
divisions, de votre artillerie et de votre génie, en matériel et
personnel.--Je suppose que les régiments de marine ont leurs musiques.
S'ils n'en avaient pas, faites-leur-en former. Je suppose aussi qu'ils
ont des sapeurs avec de bonnes haches.--Les régiments provisoires
doivent aussi avoir au moins quatre sapeurs par bataillon.--Vous devez
connaître mon règlement pour les bagages et les ambulances, et ce que
j'ai accordé aux officiers pour porter leurs bagages et aux corps pour
porter leur comptabilité en chevaux de bât.--Donnez des ordres en
conséquence. Faites-moi connaître si vos troupes sont au courant pour la
solde.--Cela est important et soulagerait le pays.--Les bataillons de
vos régiments de marine sont trop faibles; vous devez donc laisser à
Mayence six cadres de bataillons, savoir: deux pour le régiment qui a
huit bataillons, deux pour celui qui en a six, et un pour chacun des
deux qui en ont trois.--De sorte que les bataillons qui vous resteront
seront au moins de six cents hommes chacun.--J'ai pris des mesures pour
compléter les six cadres de bataillons laissés à Mayence; il ne faut
donc les affaiblir en aucune manière.
«NAPOLÉON.»