II. Ses _Essais_. -- Agrément et utilité du genre. -- Ses
opinions. -- Sa philosophie. En quoi elle est anglaise et
pratique. -- Son _Essai sur Bacon_. Quel est, selon lui, le
véritable objet des sciences. -- Comparaison de Bacon et des
anciens.
III. Sa critique. -- Ses préoccupations morales. -- Comparaison
de la critique en France et en Angleterre. -- Pourquoi il est
religieux. -- Liaison de la religion et du libéralisme en
Angleterre. -- Libéralisme de Macaulay. -- _Essai sur l'Église et
l'État._
IV. Sa passion pour la liberté politique. -- Comment il est
l'orateur et l'historien du parti whig. -- _Essais sur la
Révolution et les Stuarts._
V. Son talent. -- Son goût pour la démonstration. -- Son goût
pour les développements. Caractère oratoire de son esprit. -- En
quoi il diffère des orateurs classiques. -- Son estime pour les
faits particuliers, les expériences sensibles, et les souvenirs
personnels. -- Importance des spécimens décisifs en tout ordre de
connaissance. -- _Essais sur Warren Hastings et sur Clive._
VI. Caractères anglais de son talent. -- Sa rudesse. -- Sa
plaisanterie. -- Sa poésie.
VII. Son oeuvre. -- Harmonie de son talent, de son opinion et de
son oeuvre. -- Universalité, unité, intérêt de son histoire. --
Peinture des _Highlands_. -- _Jacques II en Irlande._ -- _L'Acte
de Tolérance._ -- _Le massacre de Glencoe._ -- Traces
d'amplification et de rhétorique.
VIII. Comparaison de Macaulay et des historiens français. -- En
quoi il est classique. -- En quoi il est anglais. -- Position
intermédiaire de son esprit entre l'esprit latin et l'esprit
germanique.
Je n'entreprendrai point ici d'écrire la vie de lord Macaulay; c'est
dans vingt ans seulement qu'on pourra la raconter, lorsque ses amis
auront recueilli leurs souvenirs. Pour ce qui est public aujourd'hui,
il me semble inutile de le rappeler; chacun sait qu'il eut pour père
un philanthrope abolitionniste, qu'il fit les plus brillantes et les
plus complètes études classiques, qu'à vingt-cinq ans son essai sur
Milton le rendit célèbre, qu'à trente ans il entra au Parlement, et y
marqua entre les premiers orateurs, qu'il alla dans l'Inde réformer la
loi, et qu'au retour il fut nommé à de grandes places, qu'un jour, ses
opinions libérales en matière de religion lui ôtèrent les voix de ses
électeurs, qu'il fut réélu aux applaudissements universels, qu'il
demeura le publiciste le plus célèbre et l'écrivain le plus accompli
du parti whig, et qu'à ce titre, à la fin de sa vie, la reconnaissance
de son parti et l'admiration publique le firent lord et pair
d'Angleterre.--Ce sera une belle vie à raconter, honorée et heureuse,
dévouée à de nobles idées et occupée par des entreprises viriles,
littéraire par excellence, mais assez remplie d'action et assez mêlée
aux affaires pour fournir la substance et la solidité à l'éloquence et
au style, pour former l'observateur à côté de l'artiste, et le penseur
à côté de l'écrivain. Je ne veux décrire aujourd'hui que ce penseur et
cet écrivain; je laisse la vie, je prends ses livres et d'abord ses
_Essais_.
§ 1.