_La confession d'un amant_, par Marcel Prévost, 1 in-12, 3 fr. 50 (Alph.
Lemerre, éditeur).--C'est à M. Alexandre Dumas, ce grand directeur de
conscience littéraire, que M. Marcel Prévost a dédié son volume, et le
confesseur était bien choisi, car il a parlé, répondu, et, comme la
confession était faite à haute voix, la voix du directeur s'est aussi
fait entendre _urbi et orbi_, comme il convient à un grand évêque de
lettres. C'est pour M. Prévost une bonne fortune, que le talent
justifie. Tout le monde a lu maintenant le livre favorisé d'une critique
si haute et l'analyse en serait superflue. L'action, d'ailleurs, en
serait vite contée. Là n'est pas son intérêt, mais dans l'étude du
sentiment dans une âme neuve, un peu craintive, qui s'abandonne et se
retire, aime dans la douleur et souffre dans la joie, à la recherche
d'un idéal qu'elle s'effraie d'effleurer... Au fond, beaucoup de
mélancolie, une sentimentalité maladive; mais, à la fin, la guérison,
puisque la confession finit sur une résolution virile bannissant les
émotions de l'amour égoïste, pour la vie de sacrifice et les joies de
l'action, pour la pitié active et l'effort utile.