_Bas-bleus_, par Albert Cim. 1 in-12, 3 fr. 50. (Savine,
éditeur).--Quelqu'un qui ne ménage pas les femmes de lettres, c'est
notre confrère Albert Cim, car il ne faut pas s'attendre à trouver dans
_Bas-bleus_ un dithyrambe en leur honneur. Bien plutôt prendrait-il pour
épigraphe le mot de Rétif de la Bretonne, qu'il cite d'ailleurs: «La
femme de lettres, c'est la femme monstre», ou celui de Sainte-Beuve: «La
femme qui se fait auteur, si distinguée quelle soit, et même plus elle
l'est, perd son principal charme qui est d'être à un et non à tous». La
satire de son livre est impitoyable, et nous voyons d'ici se former
contre lui toute une ligue de bas plus ou moins bleus et d'un bleu plus
ou moins tendre. Il nous montre d'ailleurs qu'il sait à quoi s'en tenir,
mais surtout qu'en fait d'aménités, c'est vis-à-vis les unes des autres
que les femmes de lettres sont le moins en reste. Très documenté, comme
on dit, et vif de forme, le roman de M. Albert Cim vient à son heure,
lorsque la question du rôle de la femme dans la société préoccupe le
plus les esprits et que nous sommes exposés à un danger beaucoup plus
grand que la femme bas-bleu, à la femme savante.