Les annales judiciaires ne renferment pas beaucoup de causes célèbres
comme celles que la cour d'assises d'Oran examine en ce moment.
L'empoisonneuse d'Aïn-Fezza, Mme Weiss, est digne de rester légendaire.
On connaît les faits: Mme Weiss, femme de l'administrateur de la commune
d'Aïn-Fezza, est accusée d'avoir versé à son mari du poison que lui
fournissait son complice, un ingénieur du chemin de fer de Bel-Abbès à
Tlemcen, M. Roques.
Elle a essayé de s'empoisonner elle-même quand on est venu la chercher
pour la conduire en prison; puis elle a songé à se défendre. Elle dit
maintenant quelle a cédé à sa passion fatale pour son amant. On sait
que, lorsque tout fut découvert, celui-ci était en Espagne. C'est là
qu'il fut arrêté et qu'il se fit justice pour échapper à la cour
d'assises.
Lui mort, Mme Weiss a beau jeu pour rejeter la responsabilité du crime
sur le séducteur. Elle n'y manque point. Elle a rédigé des mémoires et
des notes, où brillent de réelles qualités littéraires à côté d'une rare
inconscience morale. Elle a raconté ses antécédents, sa jeunesse cahotée
dans une éducation douteuse, parmi des compagnons ou des compagnes que
préoccupait surtout le plaisir.
Les psychologues ne perdront rien aux débats de cet intéressant procès
qui met toute l'Algérie en émoi. Mme Weiss attend le verdict avec une
crânerie qui ne se dément point. Son mari s'est retiré en France avec
ses enfants.
[Illustration: M. ROQUES]
[Illustration: Le barrage de Venette, près Compiègne, où a eu lieu
l'accident du yacht «le Ryssel».--Phot. Benoît.]
[Illustration: L'épave du torpilleur «Edmond-Fontaine», abordé par le
«Surcouf» à l'entrée de Cherbourg. D'après une photographie de M. Jules
Desrez, de Cherbourg.]