SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO.

1. Ce problème est fort ancien. On le proposait déjà dans les écoles

grecques vers le commencement de l'ère chrétienne, et il nous a été

transmis en vers grecs parmi les épigrammes du recueil connu sous le nom

d'_Anthologie_. Voici la traduction en vers latins de l'énoncé que nous

avons donné précédemment en français;

Una cum mulo portabat asella,

Atque suo graviter sub pondere pressa gemebat,

Talibus at dietis mox inerepat ipse gementem:

Mater, quid luges, tenerae de more puellae?

Dupla tuis, si des mensuram, pondera gesto;

At si mensuram accipias, aqualia porto.

Die mihi mensuras, sapiens geometer, istas?

L'analyse raisonnée du problème a aussi été exprimée en vers latins que

voici?

Unam asina accipiens, amittens mulus et unam,

Si fiant aequi, certè utrique antè duobus

Distabant a se. Accipiat si mulus at unam,

Amittatque asina ubam, tune distantia fiet

Inter eus quatuor. Muli at cùm pondera dopla

Sunt asinae, huic simplex, mulo est distancia dopla,

Ergo habet haec quatuor tantùm, mulusque habet octo.

Unam asinae si addas, si reddat mulus et unam

Mensuras quinque haec, et septem mulus habebunt.

C'est-à-dire:

Puisque, le mulet donnant une de ses mesures à l'ânesse, ils se trouvent

également chargés, il est évident que la différence des mesures qu'ils

portent est égaie à deux. Maintenant, si le mulet en reçoit une de

celles de l'ânesse, la différence sera quatre; mais alors le mulet aura

le double du nombre des mesures de l'ânesse: conséquemment le mulet en

aura huit et l'ânesse quatre. Que le mulet en rende donc une à l'ânesse,

celle-ci en aura cinq et le premier en aura sept. Ce sont les nombres de

mesures dont ils étaient chargés, et la réponse à la question.

II. Rangez les 21 cartes en trois paquets de 7 chacun, en plaçant

successivement ces cartes sur les trois paquets, de manière que si l'on

suppose les cartes portant des numéros qui expriment leurs rangs

primitifs, le premier paquet renferme les numéros 1, 4, 7, 10, 13, etc.;

le second, les numéros 2, 5, 8, 11, 14, etc.; le troisième, les numéros

3, 6, 9, 12, etc.

Demandez à la personne qui a pensé une de vos 21 cartes, dans quel

paquet se trouve cette carte, et placez ce paquet au milieu des deux

autres; puis, rangeant de nouveau les cartes sur une table en trois

paquets, de la même manière que la première fois, faites-vous désigner

le paquet on sera tombée la carte pensée. Réunissez, comme précédemment,

les trois tas en un seul, en mettant au milieu celui qu'on vous a

désigné; puis, distribuant de nouveau les cartes en trois paquets,

demandez une dernière fois celui où se trouve la carte pensée. Cette

carte occupera le quatrième rang: il vous sera donc facile de la

trouver.

Pour dissimuler votre procédé, vous pourrez, intercaler entre les deux

autres le tas désigné en dernier lieu; puis jetant successivement vos

cartes sur la table avec rapidité, vous saurez que la onzième est celle

qu'on vous demande.

Il est facile de se rendre compte de ce procédé. En effet, lorsque l'on

a mis une première fois au milieu le tas où se trouve la carte pensée,

comme chacun des 3 tas est de 7, elle ne peut occuper qu'un rang marqué

par un des nombres

8, 9, 10, 11, 12, 13, 14.

Or, si on range de nouveau les cartes en trois paquets, en leur

assignant des numéros déterminés par les rangs qu'elles occupent après

leur première réunion, la composition des paquets sera représentée dans

le tableau ci-dessous:

Premier paquet. Second paquet. Troisième paquet.

1 2 3

4 5 6

7 8* 9*

10* 11* 12*

13* 14* 15

16 17 18

19 20 21

La carte pensée ne pourra donc occuper que le quatrième ou le cinquième

rang dans le premier paquet; que le troisième, le quatrième ou le

cinquième rang dans le second paquet; que le troisième, le quatrième

rang dans le troisième paquet. Nous marquons par des astérisques ces

diverses positions.

Maintenant, si on met au milieu des deux autres celui des trois tas où

elle se trouve, elle ne peut occuper évidemment que le dixième, le

onzième ou le douzième rang. Or, d'après le tableau précédent, les cares

numérotées 10, 11 et 12 occupent chacune le quatrième rang de leur

paquet. Si donc on désigne le tas où se trouve la carte pensée, cette

carte sera connue.

L'Illustration, No. 0025, 19 Août 1843 · 第 11 / 14 题