Le paquebot _Saint-Augustin_, de la Compagnie Transatlantique, qui avait
quitté Marseille le mardi 31 décembre, à destination de Bône, a fait
naufrage le lendemain par suite d'une voie d'eau à 40 milles du port
d'arrivée.
Ce fut vers 2 heures de l'après-midi que se produisit, l'accident. Un
rapport des passagers affirme que la voie, d'eau fut déterminée par la
rupture de rivets, détachés d'une tôle usée. Le rapport du capitaine,
d'accord, dit-il, avec «les principaux de l'équipage», affirme qu'elle
ne put se produire qu'à la suite d'un heurt contre «une épave entre deux
eaux». Toujours est-il qu'on ne put l'aveugler.
Quand il fut bien constaté que tous les efforts pour maintenir à flot le
navire étaient vains, c'est-à-dire vers 10 h. 1/2 du soir, on se
préoccupa de sauver les passagers en mettant à la mer les embarcations.
A 4 h. 1/2 du matin, le bateau en perdition était complètement
abandonné. Enfin, à midi, tous les naufragés étaient recueillis à bord
du paquebot anglais _Tyria_.
Ce vapeur prit également à la remorque l'épave du _Saint-Augustin_.
L'eau, à ce moment, avait envahi tout l'arrière. Son niveau dépassait
les hublots d'arrière, l'avant s'élevant graduellement hors de l'eau. Le
_Tyria_ ne put amener son sauvetage jusqu'au port: à minuit, dans la
nuit du 2 au 3 janvier, le _Saint-Augustin_ se dressait à pic et
disparaissait dans l'abîme.