LES THÉÂTRES

Arsène Lupin a de la famille. Sur la scène de l'Athénée c'est sa propre

femme, d'ailleurs comtesse, qui se montre la digne élève d'un tel mari.

Au fond, nous sommes restés de grands enfants; les histoires de brigands

nous amusent. Cette _Main mystérieuse_ est plaisamment terrifiante. Elle

dépouille successivement tous les personnages qui s'agitent en scène. Il

n'y a que le public amateur de ce genre de spectacles qui ne soit pas

volé.

La nouvelle direction de la Renaissance vient de faire un aimable début

avec _la Folle Enchère_, une pièce d'un jeune auteur, déjà notoire, M.

Lucien Besnard. C'est une histoire d'amour très joliment contée. Elle

met aux prises deux jeunes gens d'origine et d'éducation opposées. Elle

se passe dans un milieu provincial de nobles aux trois quarts ruinés

dont on va vendre le château, ce dont s'afflige la jeune fille qui

l'habite. L'acquéreur qui se présente rêve de le lui restituer, en

l'épousant. Mais elle aime un autre homme, plus jeune, moins riche. Le

jour de la vente, ce dernier pousse aux enchères contre son rival. C'est

doublement la Folle enchère, car le pauvre garçon ne peut pas payer. La

situation semble inextricable. Et pourtant tout s'arrange, tout finit

pour le mieux, par la vertu souveraine de l'amour.

[Illustration: Une salle de spectacle où toutes les places, même «de

côté», sont «de face»: le Théâtre Nouveau de la rue de

Belleville.--_Phot. Harand._]

L'Illustration, No. 3647, 18 Janvier 1913 · 第 23 / 33 题