«Rome, 17 février 1829.
«J'ai vu Léon XII exposé, le visage découvert, sur un chétif lit de
parade, au milieu des chefs-d'oeuvre de Michel-Ange[113]; j'ai assisté à
la première cérémonie funèbre dans l'église de Saint-Pierre. Quelques
vieux cardinaux commissaires, ne pouvant plus voir, s'assurèrent de
leurs doigts tremblants que le cercueil du pape était bien cloué. À la
lumière des flambeaux, mêlée à la clarté de la lune, le cercueil fut
enfin enlevé par une poulie et suspendu dans les ombres pour être déposé
dans le sarcophage de Pie VII[114].
[Note 113: Voir, à l'_Appendice_, le nº 1: _La Mort de Léon
XII._]
[Note 114: Voici le vrai texte de cette lettre du 17 février,
que Chateaubriand a ici quelque peu modifié: «J'ai assisté à
la première cérémonie funèbre pour le pape dans l'église de
Saint-Pierre. C'était un étrange mélange d'indécence et de
grandeur. Des coups de marteau qui clouaient le cercueil d'un
pape, quelques chants interrompus, le mélange de la lumière
des flambeaux et de celle de la lune, le cercueil enfin
enlevé par une poulie et suspendu dans les ombres, pour le
déposer au-dessus d'une porte dans le sarcophage de Pie VII,
dont les cendres faisaient place à celles de Léon XII: Vous
figurez-vous tout cela, et les idées que cette scène faisait
naître?»]
«On vient de m'apporter le petit chat du pauvre pape; il est tout gris
et fort doux comme son ancien maître.»