CXCVI

Paris, dimanche 4 septembre 1870.

Mon cher Panizzi,

Un mot à la hâte. Je n'ai pas la force de vous en écrire davantage. Tout

ce que l'imagination la plus lugubre pouvait inventer de plus noir est

dépassé par l'événement. C'est un effondrement général. Une armée

française qui capitule; un empereur qui se laisse prendre. Tout tombe à

la fois.

Je vous écris du Sénat. Je vais essayer d'aller aux Tuileries. On me dit

que le prince impérial est en Belgique chez le prince de Chimay. Le

maréchal Mac Mahon est mort de sa blessure. C'est un dernier bonheur.

En ce moment-ci, le Corps législatif est envahi et ne peut plus

délibérer. La garde nationale, qu'on vient d'armer, prétend gouverner.

Adieu, mon cher Panizzi; vous savez tout ce que je souffre.

Lettres à M. Panizzi, tome II · 第 198 / 206 题