CXXVI

Paris, 19 juillet 1867.

Mon cher Panizzi,

Je ne sais qu'une chose, c'est que l'impératrice va passer quelques

jours en tête-à-tête avec la reine. Il est évident qu'elle aura au moins

une de ses dames avec elle. Lorsque je saurai qui, je vous le manderai

aussitôt. Il me paraît improbable qu'elle aille en Angleterre sans

s'arrêter au moins un jour à Londres pour se reposer un peu de ses

fatigues de maîtresse de maison.

Lorsque vous verrez M. Lowe, faites-lui mes compliments de son dernier

discours, qui ressemble un peu aux prédictions de Jérémie, mais qui me

semble un modèle du véritable style parlementaire. Ce style disparaîtra

comme beaucoup d'autres bonnes choses sous l'irruption des mauvaises

manières américaines qu'il a prédites, et ce sera grand dommage.

On dit que la session finira la semaine prochaine, pour recommencer au

mois de novembre et discuter la loi de la presse, des réunions, etc. Je

crois que je me priverai d'y assister si je vis assez pour aller à

Cannes.

Adieu, mon cher Panizzi. On dit que notre ministre à Mexico, M. Dano, a

été fusillé par Juarez. C'est le pire qui pouvait nous arriver. Je ne

sais si c'est le cas d'appliquer l'axiome espagnol, _siempre lo peor es

cierto_.

Lettres à M. Panizzi, tome II · 第 128 / 206 题