III

Bazerque! Une grappe de toits rouges au pied d'une église, des jardins

d'arbres fruitiers mêlés aux maisons, et au-dessus du village, la

colline, une forme d'argile nue sans un arbre, sans une broussaille,

sans autre ornement que les stries régulières tracées comme au flanc

d'une amphore par le creux des sillons. La rue, une rue calme, avec des

siestes de pigeons sur les toits, des sommeils de chats roulés en boule

au seuil des portes, avec des jeux d'enfants, des rondes dans la

poussière blanche. Oh! cette odeur de pain chaud qui sortait de la

boulangerie, et cette cadence du métier de tisserand, ce vol léger de la

navette dans l'ombre du sous-sol moisi, tapissé d'images peintes! Des

gestes, des paroles d'accueil arrêtaient Gilbert à chaque pas, la

mousseline des rideaux s'écartait à son approche pour la satisfaction

des curiosités bourgeoises.

Il arrivait au presbytère enfin, et c'était devant lui la fraîcheur du

corridor soigneusement arrosé, la paix en Dieu suggérée par les gravures

de sainteté pendues aux murs, la gaieté villageoise insinuée par le

gazouillement des oiseaux en cage, par le spectacle, à travers la porte

vitrée, du potager, du verger, où s'alignaient, entre les petits pois et

les choux, les allées droites, favorables à la récitation du bréviaire.

Gilbert respirait à pleins poumons cette atmosphère connue; il écoutait

le silence moite où s'assoupissait la maison.

Cependant, la diligente Thècle, la servante de l'abbé Resongle, s'était

emparée de sa valise, elle le conduisait à sa chambre.

Le vœu d'être chaste: roman · 第 5 / 31 题