LXXII.

_De l'ost de France qui s'en vint sans riens faire._

Adecertes, en celui an, au moys de septembre ensement, de rechief après

le rebellement quatre fois du conte de Flandres Robert de Béthune, et

les Flamens qui les convenances de paix avec le roy de France et de

leur seaux scellées et accordées en nulle manière ne vouloient tenir,

si comme nous avons dit ci devant; Phelippe-le-Biau roy de France, Loys

son ainsné fils, roy de Navarre, et ses deux autres fils Phelippe conte

de Poitiers, et Charles conte de la Marche, avec eux Charles conte de

Valois et Loys son frère conte de Evreux, Gui conte de Saint-Pol, et

Enguerran de Marigni, un ost très grant à pié et à cheval, à noble

compaingnie, en Flandres destina et envoia. Et lors jusques à Lille

à tout leur noble ost parvindrent, qui toute Flandres peust avoir

conquis et occis, s'il fust à droit gouverné. Et comme ilec fussent

proposans et ordenans Flandres et les Flamens assaillir, par le conseil

de Enguerran coadjuteur et gouverneur du royaume de France et du roy

Phelippe avec, et du conte de Nevers fils au conte de Flandres, par

le fait du dit Enguerran, environnés et tenus sans rien faire furent

déboutés à revenir sans honneur en France.

Les grandes chroniques de France (5/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 164 / 290 题