XLVI.

_Du cardinal le Moine qui vint en France en message._

Et adecertes en cest an ensement, les prélas du royaume de France,

delès le mandement en l'an devant passé, aux kalendes de novembre non

comparons né venans, Boniface riens n'ordena de ce qu'il avoit empensé

à faire: et pour ce que à profit venir ne povoient, si comme devant

avoient segnefié et mandé, lors à eux le pape, de Rome Jehan le Moine,

prestre et cardinal de l'églyse de Rome, en France envoia et destina,

qui à Paris au commencement du mois de quaresme vint. Quant le concile

fu assemblé, il orent secret conseil avec eux, et au pape par lettres

closes ce qu'il avoit oï de eux manda; et tant longuement demoura en

France jusques à tant que sur ces choses le pape luy mandast sa volenté

et son plaisir.

Et en cest an ensement, en Gascoigne, ceux de Bourdiaux qui jusques

à maintenant sous le povoir du roy de France paisiblement et à repos

s'estoient tenus, quant il oïrent son repaire de Flandres sans riens

faire, tous ses gens et les François déboutèrent et chacièrent hors de

Bourdiaux, la seigneurie d'icelle cité à eux, par folle présompcion,

usurpans et prenans. Car adecertes il doubtoient, si comme pluseurs

affermoient, que se la paix du roy de France et du roy d'Angleterre

estoit du tout en tout faite, que il de maintenant au povoir du roy

d'Angleterre ne fussent sousmis, et que tantost après il ne leur fist

ainsi comme il avoit fait jadis à la cité de Londres. (Car l'en dit luy

avoir fait pendre les bourgois à leur portes.)

Les grandes chroniques de France (5/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 128 / 290 题