CHAPITRE II

Les futures menaces de la politique.

De nouvelles croyances politiques se créeront nécessairement après la

guerre chez les hommes nouveaux, mais, se heurtant à des conceptions

trop anciennes pour être déracinées facilement, il en résultera de

violents conflits.

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Les problèmes créés par la paix se trouveront aussi chargés d’imprévu

que ceux soulevés par la guerre. Il serait désespérant que les

politiciens seuls soient appelés à les résoudre.

* * * * *

Il faut dès à présent songer qu’au lendemain de la guerre la France

pourra se trouver sans matières premières, sans industries, sans fret,

sans charbon, avec des impôts triplés et beaucoup de villes à rebâtir.

Confier à des théoriciens politiques et non à des industriels, des

agriculteurs et des commerçants la direction du pays, serait engendrer

la ruine et l’anarchie.

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L’esprit critique et l’esprit dogmatique resteront toujours trop

incompatibles pour n’être pas perpétuellement en lutte. Le premier

appartient à la sphère du rationnel, le second à celle du mystique et de

l’affectif.

* * * * *

L’esprit dogmatique croit et ne raisonne pas. Il ne règne pas seulement

dans les religions, mais aussi dans les institutions sociales et

militaires.

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Le jacobinisme, le protectionnisme et le socialisme mis au service de

l’étatisme pourront constituer après la guerre des fléaux aussi funestes

que l’invasion germanique. Contraintes, inquisitions, réquisitions,

taxations deviendraient alors les principaux moyens de gouvernement.

* * * * *

Dans un pays où les partis politiques sont intolérants la centralisation

administrative restera longtemps nécessaire. La décentralisation

industrielle et financière semble seule possible.

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La plus grande difficulté des futurs gouvernements sera d’équilibrer les

intérêts souvent contraires des divers groupements sociaux de façon

qu’ils ne se nuisent pas réciproquement et respectent l’intérêt général.

Hier et demain · 第 64 / 79 题