La religion socialiste.
Le rôle des croyances n’est pas moins important aujourd’hui que dans le
passé. Beaucoup d’hommes se croient dégagés de toute religion, mais
l’esprit mystique les domine toujours. La foi socialiste est une des
manifestations de cet esprit au même titre que le bouddhisme et
l’islamisme.
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Les adeptes de sectes politiques diverses: nihilistes, francs-maçons,
socialistes, etc., sont des êtres religieux ayant perdu d’anciennes
croyances, mais ne pouvant se passer d’une foi pour orienter leurs
pensées.
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En enseignant la fraternité universelle et la déchéance de l’homme, le
christianisme a détruit chez les Romains l’idée de patrie et anéanti la
civilisation antique. Le triomphe de l’idéal socialiste désagrégerait
aussi le culte de la patrie et, par la lutte des classes, il
engendrerait des guerres civiles conduisant chaque patrie à se détruire
elle-même.
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Les croyances à forme religieuse comme le socialisme sont inébranlables
parce que les arguments restent sans prise sur une conviction mystique.
Le fidèle croit et ne raisonne pas.
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Tous les dogmes, les dogmes politiques surtout, s’imposent généralement
par les espérances qu’ils font naître et non par les raisonnements
qu’ils invoquent.
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Guidés seulement par la raison les pacifistes avaient de justes motifs
pour déclarer la guerre impossible. Ils oubliaient seulement que les
peuples sont orientés par des forces sur lesquelles la raison est sans
prise.
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Les historiens ne constateront pas sans étonnement que le catéchisme
socialiste allemand n’exerça ses ravages chez les ouvriers français et
les politiciens qui les suivent qu’après avoir été pratiquement
abandonné en Allemagne.
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Malgré leurs divergences de principes, le socialisme collectiviste et le
militarisme conduisent exactement au même résultat: la servitude.
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Plusieurs penseurs ont soutenu que le triomphe du socialisme pouvait
amener un retour complet à la barbarie. L’expérience de la Russie montre
du moins qu’un peuple subjugué par la foi socialiste tombe vite dans un
état d’anarchie qui le rend victime de voisins peu soucieux d’adopter
une foi génératrice de pareilles conséquences.
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Il n’existe qu’une parenté illusoire entre le socialisme latin et celui
des Américains et des Allemands. Préoccupés surtout de la production des
richesses, ces derniers l’ont favorisée, sachant bien que l’ouvrier en
profite toujours. Préoccupés uniquement de la répartition des richesses,
les socialistes français et leurs législateurs n’ont au contraire cessé,
en poursuivant le capital, de le détourner des entreprises nationales et
de l’obliger à se porter sur les placements étrangers. Ils ont ainsi
accentué notre décadence économique.
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La guerre de classes, adoptée par les socialistes français après avoir
été délaissée par leurs confrères allemands, serait plus meurtrière et
plus coûteuse encore que les guerres entre peuples. Ces dernières ne
créent, en effet, que des ruines provisoires, alors que la première
engendrerait une ruine définitive.
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L’homme ne donne tout son rendement que s’il est directement intéressé
au succès de l’œuvre entreprise. De ce principe psychologique résulte
que l’ouvrier ne touchant pas un salaire proportionnel à ses efforts
pour la prospérité de son usine, et l’employé de l’État travaillant à
prix fixe, fourniront toujours un rendement médiocre.
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Si le socialisme consistait simplement à vouloir l’amélioration du sort
des multitudes, tout le monde serait socialiste, mais les deux points
fondamentaux de la doctrine: la lutte des classes et la suppression du
capital, entraîneraient la désagrégation des sociétés et leur ruine.
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Jamais le rôle du capital ne s’est révélé aussi important que pendant la
guerre mondiale. Non seulement la puissance d’expansion économique d’un
pays, mais surtout sa force défensive et par conséquent son
indépendance, résultent de sa richesse. Il importe donc de ne plus
entraver son développement comme ne cessent de le faire les législateurs
dominés par les influences socialistes.
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Les pays où les socialistes auront le pouvoir, non de détruire le
capital, ce qui est impossible, mais de le faire émigrer, sont voués à
une rapide décadence.
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Le rôle du capital, prépondérant dans la guerre actuelle, le sera plus
encore dans les guerres futures. L’obus du canon de 75 coûte 60 francs,
celui du 305, 2 500 francs. Pour détruire un canon ennemi à 4 kilomètres
il faut tirer plus de 1 000 projectiles du 155 court. La destruction
d’un canon ennemi valant 10 000 francs, coûte plus de 300 000 francs
avec le 155 et énormément plus avec des calibres supérieurs. Les
spécialistes auteurs de ces calculs ont évalué à 25 milliards les
dépenses de l’artillerie depuis le commencement de la guerre.
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Un pays sans capital est un pays sans défense.
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La prodigieuse persistance des illusions socialistes se trouve bien
marquée dans les lignes suivantes d’un savant écrivain. «La dure épreuve
imposée depuis trois années au monde n’a rien appris aux socialistes.
Ils tournent obstinément autour des mêmes formules, par lesquelles ils
s’appliquaient jadis à créer les plus dangereuses illusions. Tout ce
qu’ils voient dans cette guerre c’est la possibilité d’en tirer argument
en faveur de cette lutte des classes sociales qui constitue le fond de
leur doctrine.»
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Les nations peuvent-elles prospérer sans concurrences intérieures et
extérieures? Les socialistes résolvent facilement ce problème, mais
l’expérience ne l’a pas résolu encore.
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Vivant dans les théories abstraites indépendantes des lois économiques,
les socialistes peuvent promettre aux foules les paradis dont elles sont
avides. Limités par des nécessités économiques inflexibles, les
adversaires du socialisme ne sauraient faire les mêmes promesses et
posséder par conséquent le même prestige.
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La plus dangereuse des erreurs socialistes, fut de ne pas comprendre que
la lutte des classes nuit à une production dont l’ouvrier profite
toujours. Les socialistes allemands qui enseignent cette lutte dans
leurs livres, y ont pratiquement renoncé depuis longtemps.
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Il fallait entièrement ignorer les mobiles conduisant les hommes pour
imaginer une société où tous les moyens de production seraient exploités
en commun. Cette conception impliquant pour les peuples une étroite
servitude ne pouvait germer que dans des cerveaux soumis à la rude
discipline des casernes germaniques.
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L’intelligence, le capital et le travail sont les facteurs essentiels du
développement industriel moderne. En lutte chez les nations que dominent
les illusions socialistes, ces trois éléments ont fini, chez d’autres
peuples, par former une association génératrice principale de leurs
progrès.
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Il est impossible de dire si le capitalisme disparaîtra dans l’avenir.
On ne peut nier aujourd’hui qu’après avoir transformé le monde en moins
d’un siècle, il reste l’élément indispensable de ses nouveaux progrès.
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Pour comprendre la persistance de certaines illusions socialistes il
faut se souvenir que l’absurdité d’un dogme ne nuit jamais à sa
propagation.
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On saisit la puissance de la religion socialiste en constatant que,
malgré les irréparables désastres qu’elle faillit engendrer, ses adeptes
n’ont rien perdu de leur foi et prétendent encore régir les sociétés
avec leurs chimères.
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La religion socialiste a fait de tels progrès dans certains esprits que
parler de liberté individuelle, d’initiative, de limitation des droits
de l’État, leur semble le langage d’un âge disparu.
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Au point de vue des doctrines socialistes, la guerre présente deux
phénomènes d’apparence contradictoire. Elle a d’abord déterminé
l’effondrement des théories internationalistes en prouvant que les liens
créés par la race sont beaucoup plus forts que ceux résultant des
intérêts de profession. D’autre part, le développement de l’étatisme
allant jusqu’au servage a momentanément réalisé le plus chimérique des
rêves socialistes.
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Les convictions mystiques échappant aux atteintes de la raison et de
l’expérience, les socialistes verront seulement dans la guerre une
confirmation de leurs doctrines.
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Les progrès de la religion socialiste vérifient cette loi de l’histoire
que si les peuples changent parfois les noms de leurs dieux ils ne
sauraient se passer de ces grands fantômes pour orienter leur vie.