L’âme nationale et l’idée de Patrie.
L’âme d’une race régit sa destinée. Il faut des générations pour la
créer, et parfois peu d’années pour la perdre.
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L’âme collective d’une foule diffère beaucoup de l’âme collective d’une
race. La première est transitoire, la seconde permanente.
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Les grandes nations modernes sont des agrégats de races diverses, dont
l’âme a été unifiée par un long passé de vie commune, d’intérêts, de
croyances et de sentiments identiques.
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En raison de leur structure psychologique dissemblable, les races sont
diversement impressionnées par les mêmes sujets. Sentant et agissant de
façons différentes, elles ne sont pas accessibles aux mêmes évidences et
ne sauraient dès lors se comprendre.
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C’est la supériorité de son âme ancestrale qui distingue le civilisé du
barbare. L’éducation ne saurait donc les égaliser.
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La race est la pierre angulaire sur laquelle repose l’équilibre des
nations. Elle représente ce qu’il y a de plus stable dans la vie d’un
peuple. Des croisements répétés pouvant la dissocier, l’influence des
étrangers est fort dangereuse. De tels croisements détruisirent jadis la
grandeur de Rome. Elle perdit sa puissance en perdant son âme.
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Les traditions nationales représentent un des principaux éléments
fixateurs de l’âme des peuples. Sans elles, chaque génération devrait
recommencer à chercher péniblement des guides pour orienter sa conduite.
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L’évanouissement de l’âme individuelle transitoire dans l’âme permanente
de la race, sous l’influence d’un grand péril national, fortifie
considérablement l’unité mentale d’un peuple.
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Quand l’intérêt de la race se substitue entièrement chez un peuple à
l’instinct de la conservation individuelle, la résistance de ce peuple à
ses agresseurs devient infinie. On peut le détruire, on ne le soumet
pas.
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Le patriotisme est la plus puissante manifestation de l’âme d’une race.
Il représente un instinct de conservation collectif qui, en cas de péril
national, se substitue immédiatement à l’instinct de conservation
individuelle.
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La patrie reste une abstraction un peu vague pendant la paix. Sa
puissance apparaît seulement quand elle est menacée. Dégagée alors du
voile mystique qui l’enveloppait, elle devient une réalité assez forte
pour transformer la conduite d’un peuple.
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La patrie n’est pas constituée seulement par le sol où nous vivons, mais
aussi par les ombres des aïeux qui continuent à vivre en nous et
contribuent à élaborer notre destinée.
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Défendre la patrie, c’est pour un peuple défendre à la fois son passé,
son présent et son avenir.
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Le patriotisme acquiert toute sa valeur en devenant mystique. Qui ne
serait patriote que par raison le serait fort peu.
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Un peuple chez lequel s’affaiblit l’idée mystique de patrie disparaît de
l’histoire sans même avoir le temps de parcourir toutes les étapes de la
décadence.
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Les guerres sont les plus sûrs agents de consolidation d’une âme
nationale.
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Les États-Unis avaient atteint le faîte de la puissance industrielle et
commerciale, mais leur âme nationale n’était pas encore très stable. La
guerre l’aura définitivement fixée.
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Les conspirations allemandes en Amérique ont prouvé la difficulté pour
un peuple d’absorber des éléments étrangers. Si les vivants peuvent
fondre leur langue, leurs mœurs et leurs intérêts, les morts qui les
guident restent rebelles à cette fusion. On ne change pas de race en
changeant de latitude.
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L’âme des races a des frontières qui ne se franchissent pas.
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La patrie ne se défend bien qu’avec des qualités ancestrales. Il
suffisait à l’Angleterre d’une organisation habile pour créer en deux
ans une armée bien équipée, mais pour infuser à cette armée les qualités
de ténacité et de vaillance capables de transformer des volontaires
indécis en vétérans intrépides, il fallait l’influence de la race. Les
régiments et les canons se créent en quelques mois. Des siècles sont
nécessaires pour forger le cœur des hommes qui les manient.
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La guerre révèle à un peuple ses faiblesses, mais aussi ses vertus.
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La guerre transformerait certains peuples au point de changer le futur
déroulement de leur histoire s’ils pouvaient conserver pendant la paix
une faible partie des qualités manifestées pendant la guerre.
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Les guerres provoquées par des haines de races peuvent se reculer, mais
ne s’évitent pas.