HONORARIUM.

Gallorum sublimis honos et fama tuorum,

Hic, Froissarde, jaces, si modò fortè jaces.

Historiæ vivus studuisti reddere vitam,

Defuncto vitam reddet at illa tibi.

«Froissart, qui fut la gloire et l'honneur des Gaules, gît ici, supposé

qu'il soit mort. Vivant, ô Froissart, tu t'étudiais à rendre la vie à

l'histoire, et celle-ci, quand tu n'es plus, fait de même pour toi.»

Froissart n'était pas seulement prosateur excellent mais aussi poète

distingué. D'ailleurs, sa verve s'exerçait trop volontiers, à la façon

de Pétrarque, sur les sujets chers alors comme aujourd'hui aux faiseurs

de romans et romances. Voici d'une de ses meilleures pièces un fragment

comme échantillon de sa manière:

Ce fut au joli mois de may,

Je n'eus doubtance ni esmai (effroi)

Quand j'entray en un jardinet.

Il estoit assez matinet,

Un peu après l'aube crevant (croissant)

Nulle riens ne m'alloit gresvant (pesant),

Mès (mais) toute chose me plaisoit

Pour le joli temps qu'il faisoit,

Et estoit apparent dou (de) faire.

.........

Je me tenois en un moment

Et pensois au chant des oiseauls,

En regardant les arbriseaus,

Dont il y avait grant foison,

Et estoie sous un buisson

Que nous appelons aube-espine

Qui devant et puis l'aube espine;

Mes la flour (fleur) est de tel (telle) noblesse.

Que la pointure petit blesse;

.........

Tout envi que là me seoie (seyais)

Et que le firmament veoie (voyais)

Qui estoit plus clair et plus pur

Que ne soit argent ne azur,

En un penser je me ravis.....

[96] _Biographie Universelle_, article _Froissart_.

[97] Quel monstrueux abus de la victoire! La guerre était plus inhumaine

alors qu'aujourd'hui.

Les rues de Paris, tome premier Biographies, portraits, récits et légendes · 第 77 / 84 题