Ce sont des altérations qui consistent en taches opaques ou en sillons
qui rappellent vaguement les rides sillonnant les cornes des vaches.
Depuis longtemps, les médecins étaient d'accord pour les considérer
comme des témoins d'états pathologiques; les dents et les ongles ayant
poussé pendant l'état de maladie présentent, en effet, un développement
anormal; mais ces rapports étaient en somme assez vagues.
D'après un médecin anglais, M. Curtis, les sillons transversaux des
dents et des ongles seraient en rapport avec l'autointoxication et les
affections rhumatismales auxquelles celle-ci aboutit souvent, tandis que
les lignes longitudinales seraient sous la dépendance de troubles de la
nutrition liés à des affections intestinales.
Les lésions unguéales, suivant qu'elles sont plus ou moins fines et
grossières, permettraient même de juger du degré de gravité de la
maladie subie par le patient; et leur position, qui varie avec la
croissance de l'ongle, permettrait aussi de fixer la date de cette
maladie.
Dans les cas où la lésion occupe à peu près le milieu de l'ongle, on
petit évaluer à deux mois le laps de temps qui s'est écoulé depuis la
maladie.
Ces observations de M. Curtis sont fort intéressantes et le sens que
leur donne l'auteur est très vraisemblable, car, après l'appendicite,
par exemple, on constate presque toujours que les ongles sont couverts
de taches blanches plus ou moins étendues.