M. JULES CAMBON ET M. CH. ROUVIER

A Hendaye, au moment où il allait franchir la frontière espagnole, le

Président de la République trouvait, pour le recevoir--à côté de

l'envoyé du roi d'Espagne--l'ambassadeur de France à Madrid, M. Jules

Cambon. Esprit délicat et pénétrant, causeur enjoué et aimable, si ses

merveilleuses qualités de diplomate ont fait beaucoup pour amener les

relations entre l'Espagne et la France au degré de cordialité où nous

les voyons aujourd'hui, ceux qui le connaissent imagineront volontiers

que ses dons personnels de séduction ont dû peser aussi dans la balance.

Tour à tour sous-chef, puis chef de bureau à la direction des affaires

civiles et financières de l'Algérie, préfet de Constantine, secrétaire

général de la préfecture de police, préfet du Nord, préfet du Rhône,

gouverneur général de l'Algérie, ambassadeur enfin, il aura rempli avec

une égale distinction, même de la façon la plus brillante, les fonctions

les plus différentes.

Il représentait la France à Washington pendant la guerre entre l'Espagne

et les États-Unis. Il est à peine besoin de rappeler avec quel tact,

hautement apprécié des deux nations belligérantes, il remplit entre

elles le rôle de médiateur.

[Illustration: A LA LÉGATION DE FRANCE À LISBONNE.--M. Charles Rouvier,

entouré du personnel de la légation]

M. Charles Rouvier, ministre plénipotentiaire de France à Lisbonne,

originaire de l'Ardèche, est âgé d'une cinquantaine d'années. Après

avoir été rédacteur à _l'Agence Havas_ et secrétaire de M. Waddington à

la conférence de Berlin, il entra au ministère des Affaires étrangères

qui l'envoya bientôt représenter la France à Rio-Janeiro, puis à

Buenos-Ayres, Tunis, Stocknolm et, enfin, Lisbonne. D'une extrême

amabilité, pleine de finesse enveloppante, possédant au plus haut point

l'intelligence diplomatique, M. Rouvier a donné une preuve de sa valeur

en aplanissant les graves difficultés financières qu'ont suscitées à un

moment les emprunts portugais. Il y a quelques années, à l'église

grecque de Paris où on put le voir, conformément au rite, faisant le

tour de l'église la tête ceinte d'une couronne de roses blanches, il a

épousé Mlle Achillopulo, fille d'un riche banquier du Caire, dont notre

gravure nous dispense de faire l'éloge esthétique. Ajoutons que cette

jolie femme, également séduisante par son esprit bienveillant et sa

simplicité, parle couramment sept langues.

[Illustration: Mme Charles Rouvier.]

Aucun lien de parenté n'existe entre le président du Conseil et notre

ministre à Lisbonne, dont le frère est percepteur à Saint-Cloud.

[Illustration: Aspect de la Puerta del Sol, à 3 heures du matin, la

veille de l'arrivée à Madrid du président Loubet.]

[Illustration: Arrivée du train présidentiel à la gare del Mediodia (23

octobre, 3 heures).]

[Illustration: Le cortège se rendant de la gare au Palais Royal.]

[Illustration: Dans la cour centrale du Palais: le roi et le président

passent en revue une compagnie de hallebardiers. LE PRÉSIDENT DE LA

RÉPUBLIQUE A MADRID _Dessin d'après nature de Georges Scott et phot. de

nos correspondants._]

[Illustration: A l'hôtel de ville (casa de Ayuntamiento): arrivée du

cortège présidentiel pour le déjeuner du 24 octobre.]

[Illustration: A Carabancel: le roi et le prince Ferdinand de Bavière,

son futur beau-frère, au pied de la tribune officielle.]

[Illustration: A Carabancel: M. Jules Cambon, ambassadeur de France,

salue la reine mère.]

[Illustration: La soirée de gala du 26 octobre au Palais: le cortège

traverse la salle du Trône.]

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A MADRID _Phot. de nos correspondants et

dessin d'après nature de Georges Scott._

L'Illustration, No. 3270, 28 Octobre 1905 · 第 8 / 33 题