Mme Lardin de Musset vient de s'éteindre à Paris, à l'âge de
quatre-vingt-cinq ans.
Soeur du poète célèbre, pour qui elle éprouvait une très vive affection,
elle avait vécu auprès de lui; aussi était-elle mieux que personne
renseignée sur les faits se rattachant à la biographie intime de son
frère. Sa mémoire, demeurée fidèle jusqu'à l'extrême vieillesse,
abondait en souvenirs qu'elle aimait à évoquer devant les visiteurs
amis, séduits par le charme de sa conversation. Elle possédait en outre
des papiers fort intéressants dont la communication faite de la
meilleure grâce du monde à des écrivains contemporains, notamment à
notre excellent confrère Adolphe Brisson, leur fut une précieuse
contribution pour des études anecdotiques et littéraires.
Parmi les reliques qu'elle gardait pieusement, il faut signaler un
portrait d'Alfred de Musset, copie de l'original par Laurelle, et des
albums de caricatures paysannes que l'auteur des _Nuits_ s'amusait à
croquer, lorsqu'il allait visiter sa soeur en Touraine.
Mme Lardin de Musset était la mère du préfet actuel d'Indre-et-Loire.
[Illustration: Mme Lardin de Musset.--_Phot. Otto_.]
L'ILLUSTRATION THÉATRALE Nous publierons avec nos prochains numéros: ILE
BERCAIL... pièce en trois actes, de M. Henry Bernstein, le grand succès
du théâtre du Gymnase; LA CONVERSION D'ALCESTE, de Georges Courteline,
que va jouer la Comédie-Française; L'INSTINCT, de M. Henry
Kistemaeekers, en répétition au théâtre Molière; LA MASSIÈRE, de M.
Jules Lemaître, dont la première représentation est imminente au théâtre
de la Renaissance.
LA PÉNÉTRATION PACIFIQUE, par Henriot.
[Illustration:
Le Maroc a des velléités d'indépendance. Le sultan nous fait un pied de
nez. Nous avons des devoirs, allons-nous les remplir?
Oui. Mais, un instant. Envoyer cinquante mille hommes là-bas, pour
recommencer la conquête de l'Algérie? Jamais de la vie...
Faire tuer un tas de braves soldats tout heureux de ne faire qu'un
service de deux ans, n'y pensons pas.
Voici mon plan: Etant donnée notre entente pacifique avec l'Angleterre,
j'envoie une douzaine d'ingénieurs chargés de construire un tunnel entre
Gibraltar et Ceuta.
L'inverse de Suez: nous recollons l'Afrique à l'Europe. Le tunnel
s'enfonce dans la mer et met en communication les deux continents.
Il débouche à Ceuta et des rapides continuent sur Tanger et l'intérieur
du Maroc.
Aussitôt la communication établie, nous expédions au Maroc tous les
produits de notre civilisation: le trop plein de nos fonctionnaires;
tous les arrivistes, les ronds-de-cuir, les apaches, les politiciens,
les vieilles demoiselles, etc., etc., sans compter le suffrage
universel, l'impôt sur le revenu, etc. Les Marocains fuiront rapidement
vers les palmiers du Sud et le Maroc sera à nous.]