M. Charles Causse, le romancier connu sous le nom de Pierre Maël, vient
de mourir à l'âge de quarante-cinq ans, emporté, malgré sa vigueur peu
commune, par une attaque de grippe infectieuse. Il s'était destiné à la
marine; mais, à la suite d'une chute grave qu'il fit étant aspirant et
qui lui laissa une claudication irrémédiable, il avait été réformé.
Après avoir rédigé pendant quelque temps le courrier parlementaire à la
_Gazette de France_, il abandonna le journalisme pour la carrière
littéraire.
[Illustration: M. Charles Causse (Pierre Maël).--_Phot. E. Pirou_.]
Une de ses premières oeuvres, le _Torpilleur 29_, marqua le commencement
de sa réputation. Il devait conserver la faveur du public en produisant
régulièrement de nombreux romans, où à une imagination très vive
s'allient la faculté descriptive et des qualités d'observateur.
Il est juste de constater que, sous le pseudonyme de Pierre Maël, M.
Causse a écrit la plupart de ses ouvrages en collaboration avec M.
Charles Vincent, lequel, par traité en bonne et due forme, hérite en
toute propriété de cette signature sociale. Ainsi, Pierre Maël survit à
lui-même et, chose plus curieuse encore, il peut vivre éternellement,
rien n'empêchant une série indéfinie d'écrivains de se léguer entre eux
sa personnalité littéraire et ses droits jusqu'à la consommation des
siècles.