M. Jacques Bainville ajoute éloquemment:

«N'est-elle pas profondément dramatique cette protestation d'un soldat

de 1915 contre les cruels abandons de 1815? Ce sont trois générations

qui crient à travers les lignes de cette lettre. Ce sont des voix

d'outre-tombe qui parlent par la bouche de ce contemporain...

«Alors (car c'est le moment de faire appel à tous les sentiments, à

toutes les forces) on peut demander à Gustave Hervé, qui se réclame si

souvent de la tradition révolutionnaire, s'il a oublié que, tout le long

du XIXe siècle (jusqu'à 1870, ô ironie!), l'abolition des traités de

1815 et la reprise des territoires perdus après Waterloo ont été

l'article fondamental du programme des démocrates français. Ah! ce ne

sont pas seulement les vieilles familles françaises de Sarrelouis qui se

retourneront dans la tombe en écoutant les sarcasmes d'Hervé sur la rive

gauche du Rhin. C'est Armand Carrel, c'est Armand Marrast, c'est Louis

Blanc, Barbès, Blanqui, tous ceux qui ne séparaient pas de leur

propagande pour la Révolution, et la République le sentiment national,

tous ceux pour qui le premier devoir de la France libérale devait être

d'achever la nation et de lui rendre les Français séparés de leurs

frères et tombés sous le despotisme étranger...»

* * * * *

_Le mariage de Colette et d'Asmus_.

Il y a en terre mosellane et rhénane des gens de souche celtique mais

que des siècles de kultur ont plus ou moins profondément germanisés; il

y en a aussi qui sont de purs Allemands immigrés depuis plus ou moins de

générations. Eh bien, je crois que le don d'assimilation, le charme de

la race latine, opérera même sur ceux-là.

Ils éprouveront bientôt, au contact intime de notre civilisation, cet

étonnement ému qui saisit le gros Asmus, tout frais émoulu de ses

pédantes Universités, à son arrivée à Metz et dans sa visite à la place

Stanislas de Nancy. Ils voudront se hausser à cette finesse de la vraie

culture que l'on ne soupçonne pas en Poméranie ni même sous l'allée des

Tilleuls.

Ce sont bien les deux races éternellement antagonistes que Maurice

Barrès a mises en regard dans son roman. Mais il peut arriver que leur

antagonisme cesse à certains jours et que l'une soit attirée vers

l'autre par une mystérieuse sympathie. C'est le sentiment qu'éprouve

Asmus. Sous le clair regard de Colette, il sent fondre son pangermanisme

comme sous un rayon de soleil et il oublie la savante demoiselle de

Kœnigsberg. La petite Messine elle aussi est troublée et il semble

presque qu'elle va dire oui, quand un sursaut de sa race, un tour de

sang, lui fait dire non. C'est là le sentiment patriotique que Maurice

Barrès a voulu mettre en relief et auquel il faut applaudir.

Et cependant, à la réflexion, on se demande si une autre solution, dont

l'auteur lui-même nous fournit les éléments, eût été contraire au

patriotisme. Si un mariage avait eu lieu, n'est-ce pas Colette, et en

elle la France, qui aurait conquis et assimilé le Germain?

C'était la pensée que Jaurès exprimait ainsi:

«Est-il possible, écrivait-il, qu'une Colette et qu'un Ehrmann, qui

parviennent à imprimer jusque dans l'esprit du vainqueur une noble image

de la France, s'obstinent à repousser ceux sur qui le charme français

aura opéré? Entre M. Ehrmann et l'élite des Allemands immigrés, il se

créera un lien subtil et fort, une communication d'ordre supérieur, et

l'idée viendra un jour à ce jeune homme que cette mutuelle sympathie

pourrait s'élargir jusqu'à envelopper les deux nations. Et Colette? Elle

refuse de se marier avec Asmus, soit. Mais elle a hésité; on a entrevu

que si elle épousait Asmus elle travaillerait avec lui à réconcilier

Français et Allemands, et par là le livre de M. Barrès nous prédispose à

l'indulgence...

«Ainsi, concluait Jaurès en interpellant M. Barrès, parce que vous avez

le sens de la vie, vous ne pouvez enfermer l'ample mouvement des choses

dans les formules étroites que vous préférez. Vous vous démentez et vous

vous dépassez vous-même, à votre insu, en nous suggérant, malgré que

vous en ayez, l'idée d'une revanche plus haute, celle du génie français

parvenant à se faire comprendre du génie allemand et à le combattre.»

«Je n'ai jamais oublié, continue Barrès, cet article de Jaurès. Il est

de grande portée. Étant donnée l'opposition de ses idées doctrinales et

de mes idées propres, les faits sur lesquels nous nous accordions

prenaient à mes yeux une rare valeur. La civilisation française dans

les pays annexés conquiert les Allemands, s'impose à leurs professeurs,

transforme leurs mœurs, voilà ce que Jaurès me concédait, en ajoutant

qu'il avait bien pu en être toujours ainsi.

«Il se pourrait bien, disait-il, que depuis deux mille ans, il y eût, de

ce côté-ci du Rhin, des Colette qui ne veulent pas épouser des Asmus.

Quand par force le mariage s'est accompli M. Asmus, après s'être fait

appeler quelque temps M. Asmus-Baudoche, s'est trouvé, un beau jour,

Baudoche tout court, ne voulant plus rien savoir des Asmus.»

Jaurès allait trop loin. Il voulait un colossal mariage entre la France

et l'Empire allemand, mariage où la France aurait tout sacrifié, mais où

elle aurait, en revanche, fécondé de sa grâce le génie du Reître. Ce fut

là, comme dit Barrès, «l'effroyable chimère» du tribun socialiste, car

le Reître, quand il est chez lui, est brutal et rappelle un peu trop

Barbe-Bleue. Mais quand il n'est pas chez lui, il est en effet maniable

et civilisable.

Jamais nous ne dégermaniserons la Germanie chez elle. Là où elle est

indépendante, elle est trop orgueilleuse pour se laisser polir par une

idée étrangère. Quand les Allemands opèrent par masses compactes, en

temps de paix comme à la guerre, ils sont impénétrables, ils se

défendent: aucun souffle du dehors ne peut circuler dans cette forêt

touffue. Au contraire, quand ils sont à l'étranger, sans espoir de

pouvoir l'emporter par l'espionnage et la trahison, ils sont dociles,

serviles même et éminemment assimilables.

«C'est, dit Onésime Reclus, celui de tous les peuples qui se confond le

plus vite avec les citoyens de son pays d'émigration. Personne ne dit

mieux que lui: La patrie c'est là où l'on est bien! La patrie n'est pas

où je naquis, mais où je mange. Ils disent en leur langue: Je chante la

chanson de celui dont je mange le pain: _Wessen brod ich esse, dessen

Liede ich singe._ Ils n'ont de force, de vitalité, de durée qu'en masse

et, comme on sait, c'est ainsi qu'ils vont à l'assaut. Partout, en

France, en Italie, en Algérie, aux États-Unis, en Canada, en Argentine,

en Chili, leur disparition ne demande qu'une ou deux générations[1].»

Et c'est pourquoi le rêve de Jaurès, ramené à une plus modeste échelle,

ne serait pas une chimère. Le Germain ou le Germanisé, chez nous, en

terre rhénane de rive gauche, serait vite francisé.

C'était aussi la pensée de Frédéric Mistral. Le poète de Mireille

écrivait à Barrès, à propos de _Colette Baudoche_, cette lettre curieuse

et de grand sens:

«_Vous rendez si sympathiques le terroir et la race (de Metz) que le bon

gros Allemand Frédéric Asmus est vaincu en peu de temps, et vaincu de

façon si naturelle et si honnête qu'on regrette vraiment la maussaderie

finale de la petite Colette. Étant donné que le germanisme finit

toujours par se fondre dans la latinité,--à preuve la fusion rapide des

innombrables envahisseurs de l'empire romain,--il est certain que, par

le seul effet des influences naturelles, les immigrés allemands sont

destinés à faire des fils et petits-fils lorrains, et par eux la

Lorraine reprendra son autonomie. Je remarque en Provence que les fils

des Métèques sont généralement plus ardents que les indigènes de vieille

roche. C'est le mystère de la greffe. Donc j'aurais vu avec plaisir le

bon docteur Asmus contribuer à repeupler Metz de jeunes patriotes. Il

méritait bien cette jolie récompense.»

Changez Metz; mettez à la place Trèves, Mayence, Coblence, même Cologne

et Aix-la-Chapelle, ce sera encore vrai.

Encore une fois, il s'agit d'une opération restreinte et tentée dans des

conditions spéciales; nous ne prétendons pas conquérir l'Allemagne et la

dégermaniser chez elle. Colette aurait tort d'aller essayer son pouvoir

sur la rive droite: mais la rive gauche lui appartient, et, en

descendant le Rhin, de Strasbourg à Cologne, elle porte partout avec

elle le sceptre de la beauté latine.

L'académicien en convient, me semble-t-il, quand il écrit, dans le même

article si suggestif que je viens d'exploiter:

«C'est l'opération que nous réussirons à Trèves et à Coblence et dans

toutes ces charmantes petites villes de la basse Moselle. Aisément, par

la douceur de la vie française que nous y transporterons, nous ferons le

plus beau mariage. Des unions, qui n'étaient pas possibles à Strasbourg

et à Metz, le deviendront; car il y a la manière, et ce ne sera plus la

manière prussienne. Ils étaient légion, hier, les Allemands qui se

tournaient vers nous comme les plantes vers le soleil. Le dur génie

destructeur de la Prusse les contrariait, les contraignait, les

dénaturait. Libérés de cette barbare tutelle, les bords du Rhin, trop

heureux de respirer à leur aise, prendront leur libre rythme, aisément

accordé au nôtre.

«_Dans l'intérieur de notre frontière rhénane_ pourra s'épanouir, avec

le temps, le rêve de Mistral, qui ne voulait pas comprendre les

obligations que l'honneur imposait aux filles d'Alsace et de Lorraine et

qui souhaitait le mélange des deux races pour le profit du monde

français et latin.»

[Note 1: Onésime RECLUS, _Le Rhin français, annexion de la rive

gauche_, p. 75. Paris, Attinger, 1915.]

#XII#

#L'AGRANDISSEMENT DE LA BELGIQUE#

_La Belgique doit s'agrandir_.

Après la cruelle expérience qu'elle vient de faire de la bonne foi

germanique, la Belgique ne peut plus se fier à la parole de l'Allemagne.

Elle _doit_ pouvoir _se défendre_ et par conséquent elle _doit se

fortifier_ et pour cela _s'agrandir_.

Sans doute, l'Allemagne vaincue sera bientôt affaiblie, ruinée par la

guerre et désarmée par les conditions qui lui seront imposées; sans

doute les puissances actuellement coalisées contre elle continueront

pendant la paix à se tenir étroitement unies et à veiller au salut de

l'univers, en empêchant l'ennemi commun de se relever; sans doute aussi,

par conséquent, la Belgique pourra compter sur leur assistance pour

sauvegarder son intégrité et son indépendance contre une nouvelle

agression de l'Est. Mais elle aurait tort de s'en tenir là et de compter

sur une neutralité, même garantie par les grands États, dont elle sait

le cas que l'on fait à Berlin. Elle doit se dire que l'Allemagne

cherchera à se refaire et à se venger. Elle doit prendre toutes les

précautions possibles: et la meilleure c'est la force personnelle et non

le secours d'autrui.

Elle se suiciderait, si elle refusait les moyens que lui offrira la

commune victoire des Alliés de se rendre inattaquable. C'est pour elle

une nécessité vitale, un devoir de conscience patriotique, de les

employer tous. C'est aussi un devoir international, devoir qu'elle a

contracté envers l'Europe. Sa chute entraînerait de nouvelles

catastrophes mondiales dont nous ne nous voulons plus et qu'elle doit

s'éviter et nous éviter.

Pour écarter ce danger, on ne lui demande qu'un seul sacrifice, celui de

sa modestie. On ne lui demande que de se laisser enrichir et agrandir.

Elle doit accepter les terres que lui offriront les Alliés, à savoir la

partie de la Prusse rhénane située au nord de l'Eifel, riche contrée qui

comprend Aix-la-Chapelle, Cologne et Crefeld, plus certaines

rectifications de frontières du côté de la Hollande et du Luxembourg,

dont nous parlons plus bas.

* * * * *

_Objection: la question des races._

Il paraît que la chose ne va pas toute seule. Un certain nombre de

Belges voient de mauvais œil cet accroissement de territoire. Ils

estiment que leur nation n'est pas assez nombreuse, pas assez forte pour

s'assimiler la population relativement considérable de la région

rhénane. Elle a déjà la race flamande et la race wallone qui ne

s'entendent pas trop bien. La race teutonique ne serait-elle pas un

troisième élément hostile, un ferment de division morale et politique,

une cause de perpétuelles perturbations?

C'est entendu, ce danger existe. Mais entre deux maux il faut choisir le

moindre. Or le danger d'une nouvelle invasion barbare, le danger de

laisser l'Allemagne puissante et vindicative à ses portes, le danger de

rester une petite nation exposée à tous les coups, soumise à tous les

affronts et à toutes les servitudes, menacée tous les jours d'une mort

peu glorieuse, nous semble autrement grave pour la vie et l'honneur de

la Belgique que le danger de complications intérieures qu'elle peut

d'ailleurs écarter pour une grande part.

En effet, avec l'habileté et le doigté dont elle a souvent fait preuve,

elle peut atténuer, sinon faire disparaître complètement le mal. La race

allemande est servile; elle se courbe sous la force; elle accepte

facilement le régime qui lui parle de haut. C'est la plus assimilable de

toutes les races. Elle l'a montré dans le passé. La barbarie des Francs,

des Burgondes, des Wisigoths a fondu comme la glace au rayonnement de la

civilisation gallo-romaine. Le fier Sicambre est devenu le doux

Sicambre, _mitis Sicamber_, de saint Remy. Les gens d'Aix-la-Chapelle et

de Cologne se feront parfaitement avec le temps au régime belge.

Nous n'avons pas à entrer ici dans les problèmes que soulèvera la vie

intérieure de la Belgique agrandie. Ses hommes d'État ont souvent fait

preuve d'un haut sens politique. Ils sauront faire régner la paix et

l'harmonie entre les races de leur nation. Les Flamands et les Wallons

y contribueront en s'unissant, comme ils le font surtout depuis la

guerre. Ils sont capables de tous les efforts que leur demande le

patriotisme. Ce sentiment ne sera pas amoindri chez eux par l'adjonction

d'un troisième élément de population. Les Ripuaires se mettront vite au

pas, plus vite qu'ils ne se sont mis au pas de l'oie après leur annexion

à la Prusse en 1815.

Cependant la Belgique est à la fois juge et partie dans cette grave

question. Nous pouvons lui exposer notre point de vue: à elle de dire le

dernier mot. Si, malgré tout, elle ne veut pas d'annexion, on ne l'y

peut contraindre. Toutefois, il existe un petit territoire au moins

qu'elle sera certainement heureuse de reprendre, celui de _Malmédy_ et

de _Montjoie_ qui a été détaché du pays de Liége et réuni contre toute

raison et tout droit à la Prusse par le traité de Vienne: c'est une

population entièrement wallonne.

_Quant à la Prusse rhénane septentrionale, si nos voisins n'en veulent

pas, la France avisera à un autre moyen d'en éliminer le virus

germanique. Elle devra ou bien établir un gouvernement ou un principat

entièrement soumis à son protectorat, ou bien se l'annexer purement et

simplement, comme elle le fit en 1797: nous avons vu qu'elle y a tous

les droits. C'est, semble-t-il, le parti le plus simple et qui créerait

le moins de difficultés._

* * * * *

_La question du Limbourg._

Enfin, il est une rectification de frontière qui doit également être

envisagée: au nord-est celle du Limbourg, au sud-est celle du

Luxembourg.

Le Limbourg a été en 1839 très maladroitement partagé entre la Belgique

et la Hollande. Prenez une carte, vous verrez que la partie méridionale

du Limbourg hollandais, qui contient Maëstricht, est placée de guingois

sur le flanc du Limbourg belge et forme une sorte de poche bizarre,

excentrique, qui déborde de la Hollande pour pénétrer dans les chairs de

la Belgique. La ville de Maëstricht avec son territoire revient donc à

celle-ci par droit de configuration géographique, sans compter que,

ayant fait jadis partie de la principauté de Liége, elle lui revient

aussi par droit historique.

Ce modeste accroissement ne peut soulever de la part de la Belgique une

objection semblable à celle que fait naître l'annexion de la Prusse

rhénane, car il ne s'agit ni de la Prusse, ni du Rhin, mais d'une ville

meusienne, d'un territoire restreint, facilement assimilable pour la

Belgique en raison des affinités de langue, de race et de mœurs qu'il

lui offre.

La seule difficulté que l'on puisse craindre surgirait du côté de la

Hollande dont le consentement est évidemment nécessaire. Mais il semble

qu'elle ne le refuserait pas, si on lui offrait en compensation la Frise

allemande qui est beaucoup plus vaste et qui compléterait d'ailleurs

avantageusement la Frise hollandaise. Cette province est est un bien en

quelque sorte patrimonial de la Hollande, bien qui lui a été arraché et

qu'elle doit être heureuse de recouvrer.

Au sud-est est le grand-duché de Luxembourg. Mais, comme sa possession

intéresse également la France, la question mérite d'être traitée à part.

#XIII#

#LA QUESTION DU LUXEMBOURG#

La question du Luxembourg ne saurait être éludée. Il n'est indifférent à

personne que ce petit État placé sur la grande route de la France et de

l'Allemagne subisse l'influence de l'une ou de l'autre de ces

puissances.

Trois solutions seulement sont acceptables du point de vue de notre

sécurité et de la paix générale: ou sa réunion à la Belgique, ou son

annexion par la France, ou sa neutralité sous le protectorat de la

France. Quelles sont les raisons qui militent pour ou contre chacune de

ces solutions?

* * * * *

_La réunion à la Belgique._

Cette solution ne manque pas de bases historique et juridique. Les deux

pays ont été longtemps unis dans les divers partages qui ont été faits

de la Lotharingie. Le duché a une situation intermédiaire entre la

Haute-Lorraine qui est française et la Basse-Lorraine ou Lothier d'où

est sortie la Belgique. Il a presque toujours suivi le sort de cette

nation: il a appartenu comme elle à l'Empire germanique, à la maison de

Bourgogne, à la maison de Habsbourg, à la France sous la Révolution et

l'Empire; il a fait avec elle partie du royaume des Pays-Bas de 1815 à

1830; il s'est révolté avec elle contre la Hollande. Une moitié du pays

a été donnée à la Belgique en 1830 et forme depuis lors le Luxembourg

belge: l'autre moitié compléterait harmonieusement cette province.

L'Europe pourrait donc l'offrir au roi Albert. Quant au droit de la

maison de Nassau nous en parlerons plus loin.

Mais les mêmes raisons qui font hésiter la Belgique à prendre Cologne

pourraient aussi la faire reculer devant l'annexion du Luxembourg. Et

puis, à parler franchement, il nous semble que ses droits et ses

intérêts le cèdent ici à ceux de la France.

* * * * *

_L'annexion par la France._

L'annexion par la France aurait pour elle un droit historique et

l'intérêt de notre défense nationale.

Le Luxembourg fut d'abord gaulois pendant des siècles et jusqu'à la fin

de l'époque carolingienne. Au XVe siècle il échappa à l'Empire

germanique pour passer à la maison française de Bourgogne, puis, par

l'héritière de cette maison, à celle de Habsbourg. Une partie du pays,

qui comprenait Thionville et Montmédy, nous fut cédée en 1659 par le

traité des Pyrénées. En 1684, Louis XIV s'empara de la ville même de

Luxembourg dont Vauban fit la place la plus forte de l'Europe. Après

treize ans de possession, Louis XIV la retrocéda avec regrets à

l'Espagne au traité de Ryswick en 1697.

Vauban s'intéressait vivement à la possession du Luxembourg. Quand la

ville tomba en notre pouvoir en 1684, il fit éclater son enthousiasme en

ces termes: «C'est la plus glorieuse conquête que le roi ait jamais

faite, qui mettra notre frontière en tel état que les Allemands ne

pourront jamais attaquer le royaume par ce côté-là.» Quand nous dùmes

abandonner la place en 1697, Vauban en conçut un profond chagrin et la

plus vive indignation: «Nous fournissons, écrivait-il, à nos ennemis de

quoi nous donner les étrivières... Nous perdons pour jamais l'occasion

de nous borner par le Rhin.»

Nous avons de nouveau possédé le Luxembourg pendant vingt ans sous la

Révolution et sous l'Empire. Il formait alors le département des Forêts.

Il nous fut enlevé en 1815 et fit partie, avec la Belgique et la

Hollande, du royaume des Pays-Bas. En 1831, après la révolution de

Belgique, il fut partagé, comme nous l'avons vu, entre ce pays et la

Hollande. Le roi de Hollande, Guillaume Ier, garda une partie du

Luxembourg avec le titre de grand-duc. Mais la ville faisait

militairement partie de la Confédération germanique et avait une

garnison allemande. En 1842, le Luxembourg entra dans le Zollverein et

par là se germanisa de plus en plus. En 1866, la Confédération

germanique ayant été dissoute, Napoléon III demanda le retrait des

troupes allemandes et songea à obtenir de la Hollande la cession du

grand-duché. La guerre faillit à cette occasion éclater en 1867 entre la

France et la Prusse. Mais, la même année, la Conférence de Londres

neutralisa le Luxembourg, sous la garantie des grandes puissances et

sous la souveraineté personnelle de Guillaume III, roi de Hollande.

L'Allemagne continua cependant à tenir ce petit pays sous sa tutelle. En

1871, elle acquit l'exploitation de ses chemins de fer.

En 1890, Guillaume III étant mort sans héritier mâle, le Luxembourg

passa par droit de succession à son parent Adolphe de Nassau. Ce prince

avait été, en 1866, dépouillé de ses États héréditaires par la Prusse

contre laquelle il s'était déclaré pendant la guerre d'Autriche. Mais,

en 1890, la Prusse ne s'opposa point à ce qu'il recueillit l'héritage du

roi de Hollande et cette gracieuseté amena une réconciliation entre les

Nassau et les Hohenzollern. La Grande-Duchesse actuelle, Marie, est la

fille, d'Adolphe.

Voilà donc un pays qui pendant longtemps et à plusieurs reprises a été

français et qui est aujourd'hui prussianisé. Il y a là un danger. Si la

citadelle de Vauban a été démantelée en 1867, la position stratégique de

la ville est toujours très importante. Elle barre le chemin entre Meuse

et Moselle. Elle ouvre ou ferme l'accès de l'Argonne, de Châlons et de

Paris.

En 1792, le duc de Brunswick partit de Coblence, remonta la Moselle,

masqua à sa gauche la Lorraine par un corps de troupes et, choisissant

Luxembourg comme base d'opération, se lança de là par Longwy et Verdun

vers le cœur de la Champagne.

En 1914, les Allemands, en violant le territoire du Grand-Duché, ont

prouvé qu'il avait gardé son importance militaire pour ou contre nous.

C'est donc pour la France une impérieuse nécessité de s'en emparer ou du

moins d'empêcher qu'il ne reste au pouvoir de l'Allemagne.

* * * * *

_L'éviction de la Maison de Nassau._

L'annexion du Luxembourg à la Belgique ou à la France emporterait tout

d'abord l'éviction de la maison de Nassau. Mais serait-ce là un geste

bien élégant? Ne serait-ce pas une violence peu en harmonie avec nos

habitudes chevaleresques et même avec nos principes de justice et de

liberté?

On peut répondre à cette objection par un argument topique. Guillaume

Ier n'a pas hésité un instant en 1866 à dépouiller de ses États

héréditaires cette maison de Nassau, une des plus anciennes et des plus

fameuses de l'Europe, simplement parce qu'elle s'était déclarée pour

l'Autriche contre la Prusse. Il chassa brutalement Adolphe et s'annexa

son duché. Il est vrai que, en 1890, Adolphe ayant hérité de son parent

le roi Guillaume III de Hollande le grand-duché de Luxembourg, la Prusse

daigna lui permettre d'entrer en possession de cet héritage. Les deux

familles se réconcilièrent à cette occasion, mais le Hohenzollern

roublard garda sa proie de la rive droite en permettant au Nassau de

s'installer sur la rive gauche.

Dès lors pourquoi la France serait-elle plus galante que l'Allemagne

envers une famille allemande? Pourquoi serait-elle tenue de dédommager

des Teutons du tort que leur ont fait d'autres Teutons? Si les Nassau

ont un droit dynastique, c'est avant tout sur la vieille principauté

d'où ils tirent leur nom et sur laquelle ils ont régné sept cents ans.

Que la Prusse leur rende ce qu'elle leur a volé sur la rive droite et

qu'elle nous laisse la rive gauche qui ne lui appartient pas. Si les

diplomates tiennent à ne pas contrister la Grande-Duchesse Marie, ils

n'auraient qu'à condamner Guillaume à lui restituer le duché de Nassau.

Le droit de cette princesse sur le Luxembourg découle de celui de la

maison royale de Hollande, branche cadette de la maison de Nassau. Or si

l'on pèse ce droit hollandais, il est permis de le trouver fort léger.

C'est en 1815 que l'Europe, sous l'influence de la Prusse, enleva le

Luxembourg à la France pour l'offrir au souverain des Pays-Bas. Elle ne

fit pas tant de façons pour nous dépouiller. Pourquoi en 1915

aurions-nous plus de scrupules, si nous jugeons que la possession d'un

pays qui fut notre si longtemps est aujourd'hui indispensable à notre

sécurité?

Une autre raison pourrait s'ajouter à celles que nous venons d'exposer

de remercier la dynastie régnante: c'est l'attitude qu'elle a prise avec

son gouvernement dans la guerre actuelle. On a dit que, sous les dehors

d'une résistance et d'une protestation pour la forme, elle a eu des

complaisances excessives pour les envahisseurs. On a critiqué certaines

démarches de M. Eyschen, le ministre omnipotent, et la facilité avec

laquelle la jeune Grande-Duchesse a accepté les compensations offertes

par l'Allemagne et les bouquets de roses de Guillaume II. Il lui était

peut-être difficile de refuser des fleurs, mais s'il est vrai que le

grand-duché a manqué aux devoirs d'une loyale neutralité, ce serait sans

doute un facteur important qui légitimerait des représailles et surtout

des mesures de prudence pour l'avenir. Toutefois, il est difficile au

public de savoir la vérité à cet égard et il est possible qu'il n'y ait

là que des bruits malveillants: or, des on-dit ne peuvent baser une

action politique digne et sérieuse. Les gouvernements alliés savent sans

doute mieux que nous à quoi s'en tenir sur la loyauté du gouvernement

luxembourgeois, et leur sagesse en tiendra compte dans la mesure qui

convient.

Mais les autres raisons que nous avons données, et qui sont d'un ordre

plus élevé et plus général, suffisent à motiver notre reprise de ce

pays, si les Alliés jugent à propos de la décider. Je sais bien, comme

l'a dit le poète, qu'il ne faut pas frapper une femme, même avec une

fleur; mais serait-ce frapper la Grande-Duchesse que de la reconduire

triomphalement à la frontière et de l'envoyer régner au delà du Rhin sur

la principauté de ses pères? Nous pourrions au besoin ajouter quelques

roses de consolation à celles que lui a offertes l'ami Guillaume.

* * * * *

_Le droit de la population._

Il reste un problème qui ne semble pas difficile à résoudre, c'est le

droit de la population. Il est certain qu'elle déteste les Prussiens et

sera heureuse de toute mesure qui la soustraira à leur domination. Cette

haine s'est singulièrement accrue pendant cette guerre, où ils ont

traité le Luxembourg en pays conquis. Au contraire, la population a des

sympathies anciennes et profondes pour la France.

La preuve absolue, éclatante, magnifique, que le Luxembourg est

francophile, c'est, si le fait rapporté par la _Luxemburger Zeitung_ est

exact, que la plupart de ses jeunes gens en âge de porter les armes,

8.678 sur 220.000 habitants, ont pris du service comme volontaires dans

l'armée française. Dans toutes les villes qu'ils ont traversées pour

aller de Bayonne au front, ils ont été chaleureusement accueillis au cri

de: _Vive le Luxembourg!_ auquel ils répondaient par celui de: _Vive la

France!_ Le même fait a été certifié par un journal de Trèves, la

_Trierische Landeszeitung_, et ce journal ajoute que, d'après un

communiqué de Berlin, _il n'y a pas de volontaires luxembourgeois dans

l'armée allemande_.

Le chiffre que nous venons de donner a été contesté, je le sais: on a

fait observer que le Luxembourg n'a qu'une armée régulière de 250

hommes. Cette raison ne prouve rien. Si le grand-duché n'a que 250

soldats, c'est qu'il n'a pas besoin d'en avoir davantage. Mais un pays

peut facilement donner 12% de sa population au service militaire. Le

Luxembourg compte 220.000 habitants; en défalquant de ce nombre 20.000

étrangers, c'est 24.000 soldats qu'il peut fournir. Il n'est donc pas

_impossible_ qu'il nous ait envoyé 8.678 volontaires.

MM. Franc-Nohain et Paul Delay, dans leur _Histoire Anecdotique de la

Guerre_, parlent de 800 Luxembourgeois engagés à Paris, dans la seule

journée du 21 août 1914. Mais il faut ajouter à ce nombre ceux qui se

sont fait inscrire à Paris même, les jours suivants, puis ceux qui se

sont enrôlés en province, surtout dans nos grandes villes industrielles

où il y a beaucoup d'étrangers, et enfin tous ceux qui ont pu venir

depuis lors de leur pays, et nous savons qu'ils ont eu toute facilité

pour passer par la Suisse ou la Hollande. Ces trois données doivent

majorer sensiblement le chiffre initial de 800. D'ailleurs nous ne

voyons pas quel intérèt l'Allemagne, s'il est vrai qu'elle a inspiré ces

articles, aurait à faire savoir qu'elle est aussi haïe au Luxembourg que

la France y est aimée.

Néanmoins le chiffre donné est relativement si considérable que nous le

mentionnons sous toutes réserves. Il ne semble pas d'autre part qu'il

puisse être abaissé au-dessous de plusieurs milliers, et c'est déjà une

preuve indéniable de l'amour que l'on a pour la France dans le

Luxembourg.

Un des catholiques les plus éminents du grand-duché, M. Prüm, que j'ai

eu l'honneur de connaître en Belgique et qui est devenu, depuis, mon

collègue au Comité permanent des Congrès Eucharistiques internationaux,

était un intellectuel de culture germanique. Son aversion pour la

politique anticléricale, où il voyait une importation française, avait

même fait de lui un antifrançais convaincu. Mais les atrocités et les

impiétés commises par les Allemands en Belgique lui ont ouvert les yeux.

Il a été surtout révolté par les déclarations de M. Erzberger, leader du

Centre allemand, où sue le pangermanisme le plus éhonté, le plus

barbare, le plus monstrueusement orgueilleux. Il lui a écrit une lettre

ouverte où il lui démontre que ses principes sont incompatibles avec la

doctrine catholique. Sur une plainte de l'intéressé, la lettre a été

poursuivie par le procureur général du Luxembourg. Mais rien n'a plus

servi que ce procès à rendre M. Prüm populaire, les Allemands odieux et

le parti français puissant au Luxembourg.

La population luxembourgeoise parle, il est vrai, en majorité, un

dialecte germanique, mais, comme pour l'Alsace, ce n'est pas un obstacle

à la francisation. Le français est la langue officielle. La bourgeoisie

et la noblesse se servent des deux langues et envoient leurs enfants

dans les pensions de Paris ou de Bruxelles. Le peuple pourra donc

continuer à parler allemand, comme les Alsaciens, et à aimer nos

institutions.

Quant à la dynastie tudesque dont il jouit depuis 1890 par la grâce des

Hohenzollern, il y a lieu de croire qu'il n'a pour elle qu'un loyalisme

peu profond. Et il doit se rendre compte, après l'odieuse violation de

son territoire en août 1914, de l'avantage qu'il y aurait pour lui à

faire partie d'une grande nation comme la France.

* * * * *

_Le protectorat de la France_

Si, pour des raisons supérieures, les Alliés rejetaient les deux

solutions précédentes, il est une combinaison qui pourrait encore

sauvegarder tous les intérêts et écarter le péril germanique: ce serait

la neutralisation du Luxembourg sous le protectorat de la France, soit

que l'on garde la maison de Nassau, soit qu'on l'écarte et qu'on la

remplace par un gouvernement républicain ou autre. Ce protectorat

pourrait d'ailleurs n'être qu'un régime de transition qui préparerait

les voies à une prochaine incorporation du pays à la France.

#XIV#

#CONCLUSION#

_Pas de paix boiteuse et essoufflée._

(M. POINCARÉ.)

Je ne suis qu'un simple citoyen français, mais ce titre me donne le

droit de dire ce que j'estime utile et nécessaire au bien de mon pays,

et c'est pourquoi je me suis permis de dédier ces pages aux négociateurs

de la paix future. Je les adjure de se pénétrer de notre droit

historique et de notre intérêt national en ce qui concerne la rive

gauche du Rhin et de ne pas hésiter à réclamer notre dû.

Ils devront accomplir une œuvre colossale, grandiose d'où dépendront

pour des siècles la splendeur et la sécurité de la France; ils auront à

reconstruire une Europe nouvelle sur les bases de l'ordre et de la

justice. Le sort de l'Alsace-Lorraine est la première question qui se

présentera à eux. Ils la trancheront évidemment dans le sens indiqué par

les déclarations de MM. Poincaré et Viviani, en réunissant de nouveau

ces petites Frances à la grande France. Mais la question des autres

provinces rhénanes vient immédiatement après, et une solution semblable

s'impose à la conscience de nos diplomates.

Certains hommes politiques chercheront à les influencer dans un sens

contraire, en leur criant: «_Pas de conquêtes! pas d'annexions!_» Qu'ils

restent sourds à ces suggestions antipatriotiques! Nous ne leur

demandons pas de nous attribuer les terres d'autrui, mais de reprendre

les nôtres, de refaire, suivant l'expression de Vauban, «_notre pré

carré_», comme il l'était au temps de Clovis, de la Révolution et du

premier Empire.

J'adjure les hommes politiques et les publicistes socialistes qui

repoussent toute annexion de considérer qu'ils vont contre le programme

traditionnel de la Révolution et de la Démocratie depuis plus de cent

ans. Qu'ils relisent les discours prononcés à la Convention; ils verront

que l'idée fixe des plus célèbres révolutionnaires fut de réunir toute

la rive gauche du Rhin à la France; ils prétendaient que ce n'était pas

là une annexion ou une conquête proprement dite, mais une restitution ou

une reprise de notre bien. Ainsi pensaient Danton, Carnot, Sieyès,

Cambacérès, Dubois-Crancé, Merlin de Douai, Grégoire[1].

Telle a été aussi l'opinion de Victor Hugo, des historiens de l'école

libérale ou révolutionnaire, comme Thiers, Henri Martin, Louis Blanc,

Edgar Quinet, et de la plupart des publicistes et des hommes politiques

du XIXe siècle, Armand Carrel, Armand Marrast, Barbès, Blanqui, Émile

de Girardin. Les mânes des grands ancêtres frémiraient d'indignation

contre les épigones qui renieraient leur programme.

Si les Allemands étaient vainqueurs, ils n'hésiteraient pas à s'annexer

une partie de notre pays sur lequel ils n'ont aucun droit historique.

Leurs écrivains militaires les plus célèbres, le général von Klausewitz,

le général Bronsart de Schellendorf, le général Bernhardi nous ont dit

clairement que l'Allemagne entendait nous prendre à la prochaine guerre

le nord de la France, de la Somme à la Loire, la Picardie, la Champagne,

la Bourgogne et la Franche-Comté. Le comte Bernstorff, ambassadeur

allemand aux États-Unis, déclarait que son pays nous enlèverait tous les

territoires situés au nord et à l'est d'une ligne tirée de Saint-Valery

à Lyon, soit un bon tiers de la France, y compris Paris.

Nous ne devons donc pas hésiter à reprendre à ces insatiables bandits le

sol qu'ils nous ont enlevé, et qui est nécessaire à notre défense

nationale. Ce serait une folie, un crime, de ne pas assurer à la France

les garanties nécessaires à la défense de son droit et de son

territoire. _Pas de paix boiteuse et essoufflée!_ comme le disait M.

Poincaré! Pas de modestie insensée qui nous remettrait bientôt sur les

bras une guerre plus terrible que celle-ci, et nous ferait maudire et

mépriser de la postérité!

Une occasion va se présenter à nous, unique dans l'histoire, d'accomplir

un acte dont le retentissement sera immortel. Nous souffrons de

l'abominable traité de Francfort qui nous arracha l'Alsace et la

Lorraine; nous souffrons des traités de 1815 qui nous enlevèrent les

provinces rhénanes inférieures; nous souffrons même, après plus de mille

ans, du traité de Verdun qui démembra pour la première fois notre

patrie. Que le prochain traité répare pour mille ans, si c'est possible,

toutes ces erreurs et toutes ces fautes. Reprenons nos anciennes

provinces, l'Alsace, la Lorraine et la France rhénane,--et que nos

sentinelles montent éternellement la garde sur le Rhin!

[Note 1: Voir plus haut dans le chapitre VIII: _Politique de la

Convention_.]

* * * * *

PARIS (VIe)

Librairie de P. LETHIELLEUX, Éditeur

10, rue Cassette, 10

#ŒUVRES DE M. L'ABBÉ COUBÉ#

#GLOIRES ET BIENFAITS DE L'EUCHARISTIE#

In-8 écu 3.50

#GLOIRES ET BIENFAITS DE LA SAINTE VIERGE#

In-8 écu 3.50

#GLOIRES ET BIENFAITS DES SAINTS#

In-8 écu 3.50

#NOS ALLIÉS DU CIEL#

In-8 écu 3.00

#DISCOURS DE MARIAGE#

In-8 écu 3fr.

Ce recueil de seize discours de M. l'abbé Coubé expose la doctrine

catholique sur la nature et la dignité du sacrement de mariage, les

devoirs qu'il impose aux chrétiens, les grâces qu'il leur confère.

Il les met en garde contre les opinions courantes destructives de la

foi conjugale et les fins de cette institution divine. Inutile de

dire que prononcés dans des églises, ils peuvent être mis entre

toutes les mains. Les prêtres surtout y trouveront une aide pour les

discours analogues qu'ils auront à composer. C'est d'ailleurs à la

demande de plusieurs d'entre eux, qui en ont eu connaissance, que

ces discours, imprimés à part pour les familles intéressées, ont été

réunis en vo1ume.

Titre des discours:

La Pensée de Dieu dans le Mariage.--L'Épée, la Plume et la

Croix.--L'Amour du Devoir.--Dieu, France et Marguerite.--Le Mariage

du Marin.--Le Culte de la beauté.--Sur la mer de Tibériade.--Sois

Féal! _Sursum Corda!_--Le Mariage de la Sainte Vierge.--À Cana de

Galilée.--Le Mariage du jeune Tobie.--Le Mariage de Rébecca.--À Dieu

vat!--La Lutte pour la Vie.--Un coin de Ciel bleu.--La Chambre

nuptiale.

#L'AME DE JEANNE D'ARC#

In-8 écu 4fr.

#JEANNE D'ARC ET LA FRANCE#

In-8 écu 2fr.

#L'ÉPOPÉE DE JEANNE D'ARC#

_EN DIX CHANTS_, par l'abbé S. COUBÉ

_EN DIX TABLEAUX_, par le Commandant LIÉNARD

In-8 écu 2 fr.

C'est une vie de Jeanne distribuée en dix chapitres qui forment

comme les dix chants d'une épopée en prose et illustrée par dix

belles gravures en couleurs du Commandant Liénard. Ces gravures,

finement exécutées, sont de petits chefs-d'œuvre aux tonalités les

plus opposées et les plus brillantes, depuis les effets de neige de

la pleine de Vaucouleurs jusqu'aux rouges lueurs des torches

embrasant les rues d'Orléans. Le texte de M. l'abbé Coubé en offre

un commentaire tout vibrant de patriotisme.

#Alsace, Lorraine et France rhénane#

EXPOSÉ DES DROITS HISTORIQUES

DE LA FRANCE

SUR TOUTE LA RIVE GAUCHE DU RHIN

In-12 2fr.

#Les Gloires de la France

et les Crimes de l'Allemagne#

ANTAGONISME SÉCULAIRE

DE LA FRANCE ET DE L'ALLEMAGNE

In-12 3.50

#L'Ame de Jeanne d'Arc#, panégyriques et discours religieux

(6e édition) 4

#Jeanne d'Arc et la France#, conférences et discours patriotiques

(3e édition) 2

#Discours de mariage# (4e édition) 3

#Gloires et Bienfaits de l'Eucharistie#

(5e édition) 3.50

#Gloires et Bienfaits

de la Sainte Vierge#

(4e édit.) 3.50

#Gloires et Bienfaits des Saints#

(2e édition) 3.50

#Nos Alliés du Ciel# (5e édition) 3

#L'Épopée de Jeanne d'Arc#, en 10 chants, par l'abbé

S. COUBÉ, et en 10 tableaux, par le commandant LIÉNARD.

In-8 écu (10 gravures en couleur) 2

#Alsace, Lorraine et France rhénane.# Exposé des droits

historiques de la France sur toute la rive gauche du Rhin.

Préface de M. MAURICE BARRÈS. In-12 2

#Les Gloires de la France et les Crimes de l'Allemagne.#

Antagonisme séculaire de la France et de l'Allemagne.

In-12 3.50

#La Communion hebdomadaire# (12e mille. Librairie

Téqui) 1.50

#L'Idéal.# Revue mensuelle d'études religieuses apologétiques

et sociales. Directeur: M. l'abbé COUBÉ. (Bureaux, 29, rue

Chevert.)

France 4

Étranger (U. P.) 5

Paris.--DEVALOIS. 144. av. du Maine (11 dans le passage).

Alsace, Lorraine et France rhénane Exposé des droits historiques de la France sur toute la rive gauche du Rhin · 第 7 / 7 题