TERENZIO MAMIANI.

_«A M. le général Armandi, ancien ministre de la guerre du

Gouvernement provisoire de Bologne._

»Monsieur le Général,

»Après avoir lu l'opuscule que vous venez de publier sous le titre:

_Ma part dans les événemens de l'Italie centrale_, je me vois

dans la nécessité de révéler une erreur qui vous a échappé. Vous

dites, à l'occasion de la capitulation d'Ancône, que la résolution

d'entrer en négociations avec le cardinal Benvenuti fut prise à

l'unanimité par les membres du Gouvernement. Je dois vous rappeler,

Monsieur, que cette unanimité ne fut pas complète, puisque sur neuf

membres délibérans, il y en eut un qui fut d'un avis absolument

opposé; et vous savez que ce fut précisément moi: c'est pour cela

que le procès-verbal de ladite résolution annonce qu'elle fut prise

_à la majorité des votes_, et non à l'unanimité; et c'est encore

pour cela que je refusai de signer la convention lorsqu'elle fut

conclue.

»J'ai toute raison de croire, Monsieur le Général, que, par

amour pour la vérité, vous trouverez juste que je donne toute la

publicité possible à cette lettre.

»Je suis, etc.

»T. MAMIANI

»Ancien ministre de l'Intérieur du Gouvernement de Bologne.

_»A M. le comte Mamiani._

»Monsieur le Comte,

»Je me souviens parfaitement des circonstances dont il est question

dans votre lettre. Il est juste de dire que, pendant les débats qui

amenèrent la convention d'Ancône, vous avez été d'un avis contraire

à celui des autres membres du conseil; mais comme le procès-verbal

de la séance a été revêtu de toutes les signatures, et que

vous-même vous avez signé purement et simplement, sans prendre

acte de votre opposition et sans la motiver, je pouvais regarder

la résolution comme unanime, quelle qu'eût été la diversité des

opinions pendant la discussion; diversité dont je n'ai pas oublié

de faire mention dans mon écrit. Au fond, une majorité de huit

voix sur neuf ne diffère pas beaucoup de l'unanimité, et c'était

assez pour le lecteur, auquel je devais épargner des détails peu

importans pour l'ensemble.

»Je suis maintenant fâché de les avoir supprimés, puisque je vois

que cela vous déplait; mais je vous prie de croire qu'en agissant

de la sorte je ne pouvais jamais avoir l'idée de dissimuler la

justice qui est due à votre manière de penser.

»Veuillez bien en être persuadé, Monsieur le Comte, et agréer en

même temps mes sentimens distingués.

»Je suis, etc. etc.

»Le général ARMANDI.»

Scritti politici · 第 301 / 310 题